Canada Dry Community est de retour (Critique du 4×01)

Canada Dry Community est de retour (Critique du 4×01)

Note de l'auteur

Troy et Abed sont de retour (en février) après un été bien reposant, pour entamer leur dernière année au community college de Greendale. Mais quelque chose a changé. Est-ce la déco ? Est-ce le nouveau Pierce qui ne ressemble pas du tout à l’ancien ? Sont-ce les rires enregistrés qui ponctuent chaque répliques ? Non. Dan Harmon, âme et cœur de Community (pour le meilleur et le moins bon) a été viré et remplacé par David Guarascio et Moses Port. Et ils ont voulu tellement en mettre dans leur épisode qu’on croirait un Doctor Who de fin de saison de Steven Moffat.

Le groupe d’étude est de retour, bien décidé à s’inscrire dans le cours « Histoire de la crème glacée ». Sauf qu’il y a trop de monde pour peu de place. Et que c’est un canular. Et que le doyen décide de lancer un jeu pour obtenir des places pour ce cours. Abed ne supporte pas qu’il s’agisse de la dernière année à Greendale, et, sur les conseils malavisés de Brita, se réfugie dans un endroit heureux de son cerveau (qui prend la forme d’une sitcom ringarde). Jeff, décidé à quitter Greendale, s’implique à fond, et Annie veut faire les 400 coups maintenant qu’elle est une dernière année. Et Pierce ne sert absolument à rien (non, mais c’est même fascinant, il est encore moins bien servi que du temps d’Harmon, qui ne pouvait pas le blairer).

Donc en un seul épisode est introduit la trame de la saison (la dernière année et son implication sur la vie du groupe), une parodie de Hunger Games, une simili-tentative de parodie de Inception, et quelques saynètes ultra-rapide pour meubler avec des personnages devenus périphériques. Community n’est absolument plus la même série, même si elle recycle les mêmes personnages. C’était à prévoir.

Est-ce Flash Gordon ? Est-ce le spectacle d’avant match du Stade Français ? Non, c’est Community 2.0 !

Tout semble effleuré, rien n’est travaillé en profondeur. Les intrigues qui auraient fourni deux épisodes de la même série l’an dernier sont ici traitées par-dessus la jambe. Comme si les auteurs tentaient sans y arriver à transformer Community, série novatrice, risquée, chargée émotionnellement ET drôle, en une joke-machine à la 30 Rock, sans être aussi efficace que la série de Tina Fey. L’épisode avance le cul entre deux chaises, et on n’est pas convaincus une seconde par le résultat final de ce mélange improbable.

Un peu idiot, aussi, de la part des nouveaux auteurs, de lancer la série en mettant en scène une fausse sitcom (issue de l’esprit d’Abed). Comme pour faire un clin d’oeil au fan de base de la série en lui disant « mais non, ta série n’est pas devenue une sitcom débile en multicam ». Un clin d’oeil qui tombe à plat tant Guarascio et Port semblent être passé à coté de ce qui fait vraiment peur aux fans de la série : qu’elle manque d’âme.

Le traitement du personnage d’Abed est symptomatique: autrefois utilisé par Harmon comme catalyseur de ses propres angoisses, il est devenu ici un outil vulgarisateur du ressenti des fans. Il a peur du changement, les fans aussi. Il voulait revenir 3 ans en arrière, les fans aussi. On est passé d’un créateur qui aime un personnage à des showrunners qui savent que les fans aiment ce personnage. Plus du tout la même chose…

On ne sait jamais, Community 2.0 pourrait devenir, à terme, une bonne série. Hélas, sur ce premier épisode, c’est faux sur toute la ligne.

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