Conan tome 5 – La Citadelle écarlate, par Brunschwig et Leroux

Conan tome 5 – La Citadelle écarlate, par Brunschwig et Leroux

Note de l'auteur

Crime de lèse-Cimmérien : ce 5e tome des aventures de Conan chez Glénat est fade et banal. Rien ne décolle, on s’ennuie, le dessin est plat et l’histoire sans relief.

L’histoire : Conan, roi d’Aquilonie, affronte une coalition de traîtres menée par le sorcier Tsotha-Lanthi, qui use de ses sortilèges afin de neutraliser le guerrier. Capturé vivant, Conan est emmené dans les terribles geôles de la citadelle écarlate pour y subir un sort pire que la mort et obtenir son abdication.

Mon avis : Après quatre premières adaptations plutôt réussies, et franchement emballantes pour ce qui est d’Au-delà de la rivière noire (tome 3) et plus encore de La Fille du géant du gel (tome 4), cette version de La Citadelle écarlate, scénarisée par Luc Brunschwig (Le Pouvoir des innocents, L’Esprit de Warren) et dessinée par Étienne Le Roux (La Mémoire dans les poches avec Luc Brunschwig, notamment), n’affiche pas la même envergure.

Dans cette histoire à la structure assez simple et linéaire, Robert E. Howard, créateur de Conan, adopte une approche médiéviste assez stricte. On y trouve nettement moins d’exotisme que dans d’autres récits, moins de souffle (malgré des combats plutôt musclés), moins de tension. À part une sorte de grenouille géante (qui s’enfuit rapidement) et quelques animaux-chimères (dans des cages), pas grand-chose à se mettre sous la dent. Conan n’est jamais réellement en danger, il ne se dépasse pas, il n’atteint pas cette énergie quasi divine qui électrise les autres tomes (et la saga en général).

Certes, les autres acteurs de l’histoire sont de purs salauds, d’Arpello de Pellia qui profite de l’absence du Cimmérien pour usurper le trône, ou Tsotha-Lanthi, qui doit recourir à l’hypnose et au poison pour le soumettre (temporairement, bien sûr). Seul Pelias affiche une vraie forme de complexité, même s’il y perd un peu en cohérence. Ceci étant dit, la scène de sa libération est, d’un point de vue visuel, à peu près la seule vraiment réussie du volume.

Le dessin, justement, n’est pas à la hauteur des précédents tomes. Là où un Robin Recht par exemple, avec La Fille du géant du gel, avait fait montre d’un vrai trait d’auteur, magnifiant le propos, exprimant plus qu’illustrant la violence des sentiments et des pulsions, l’approche d’Étienne Le Roux reste assez plate, fade, banale. Rien ne ressort du tumulte intérieur des personnages, de leur perversion ou de leurs aspirations, des menaces qui pèsent sur eux, de la vengeance qui, forcément, s’abat sur les traîtres. Tout cela reste d’une désespérante superficialité.

En accompagnement : un bon whisky pour ne pas s’endormir pendant la lecture.

Si vous aimez : relisez plutôt les quatre premiers tomes de la série de Glénat, ou attendez le prochain, signé Virginie Augustin, Chimères de fer dans la clarté lunaire, prévu pour la fin de mai.

Conan le Cimmérien, tome 5 : La Citadelle écarlate
Écrit par
Luc Brunschwig
Dessiné par
Étienne Le Roux
D’après l’œuvre de
Robert E. Howard
Édité par
Glénat

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