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#Concert : 15 ans de Naheulband – Le Trianon – 17/12/2017

#Concert : 15 ans de Naheulband – Le Trianon – 17/12/2017

Note de l'auteur

Quelque part en Terre de Fangh, entre le village de Valtordu et la rivière Elibed, se dresse le sinistre Donjon de Naheulbeuk. Tenu de main de maître par le sorcier Zangdar (cousin éloigné de celui de la Montagne de Feu) et moins difficile à explorer que la Labyrinthe de la Mort (il suffit d’avancer tout droit depuis la porte d’entrée pour parvenir à la salle du trésor), c’est là que se retrouvèrent une troupe d’aventuriers débutants, avides de richesses et de points d’expérience. Et cela fait 15 ans que ça dure…

Enfin, 16 ans très exactement puisque c’est en 2001 que John Lang, mieux connu sous le sobriquet de Pen of Chaos, a commencé à narrer les péripéties de son groupe d’aventuriers à la manque sous forme de série audio au format MP3 et à les diffuser au moyen d’un média encore balbutiant en France, l’internet.

Machins De Taverne – 2003

Parodiant les jeux de rôles heroic fantasy inspirés par les univers créés par J.R.R. Tolkien (Le Seigneur des anneaux) ou Steve Jackson et Ian Livingstone (Les Livres dont VOUS êtes le héros) pour le fond et s’inspirant des petites « capsules » audio de l’humoriste canadien François Pérusse pour la forme, John Lang a très vite suscité l’intérêt d’une communauté sur la toile, tous geeks, ayant touché au rôlisme au moins une fois dans leur vie et se reconnaissant dans l’humour ciblé de la saga.

Il ne lui faudra alors pas longtemps pour réunir autour de lui une troupe d’amis musiciens et créer le Naheulband, un groupe d’inspiration celtico-médiévale au répertoire centré sur la vie de ses aventuriers, composé de chansons toutes plus débiles les unes que les autres mais orchestrées avec un très grand soin et minutieusement écrites afin que l’humour de la série originale subsiste sans pour autant altérer l’aspect « sérieux » du projet.

scRednarfil, un Nain capable

Depuis leur premier album Machins de taverne (2003) jusqu’au petit dernier T’as pas le niveau (2012), le Naheulband a su se créer une base de fans fidèles et dévoués, prompts à enfiler casques et armures pour venir faire la fête en leur compagnie à l’occasion de concerts événements (car assez rares), prétextes à de magnifiques lâchages de grand n’importe quoi. Et ce soir, c’est au Trianon que ça se passe !

Mais brisons là et laissons la parole à scRednarfil, un Nain niveau 7 présentant de nombreuses similarités physiques avec l’auteur de ces lignes, alors que ce dernier s’apprête à franchir les portes de la salle parisienne…

 

Portail du Donjon : 18h00 – Belyscendre

Belyscendre

Mmmmh, pas mal comme entrée… Les escaliers ne sont pas trop hauts, c’est pratique pour mes jambes, et j’ai pu acheter ma bière directement sans faire trop la queue ! Bon, 9 pièces d’or c’est un peu raide mais j’ai repéré un endroit près de la sortie où ces abrutis de rangers laissent leurs pintes pour aller fumer, arf arf.

Y’a déjà de la musique dans la grande salle, une magotte et une guerrière en robe accompagnées d’un ménestrel qui apprennent aux gens à danser comme dans l’ancien temps… Ce n’est pas banal ! En tout cas c’est drôle, il y a un orc qui prend le bras à une elfe, ça se voit que ces deux-là viennent de la même souche, hé hé hé ! Mais la musique est plaisante et tout le monde s’amuse bien on dirait !

Moi aussi d’ailleurs, même si je ne vois pas grand-chose ! Allez, on va reprendre une bière…

 

Première Intersection : 19h30 – Magoyond

Magoyond

Les choses sérieuses commencent ! Magoyond, c’est du rock alternatif zombie. Si, ça existe ! Croisement improbable entre Alice Cooper et Gogol Premier, le groupe emmené par Le Mago pratique en fait un métal assez traditionnel aux paroles en français traitant des conséquences d’une invasion zombie sur notre planète, tu parles d’une niche !

Mais ça joue, sacrément fort et plutôt bien ! Les titres comme Vegas Zombie, Kraken Palace, Six pieds sous terre ou encore Zone zero rencontrent un franc succès, d’autant plus que le public les connaît déjà par cœur ! Cerise sur le gâteau, le groupe nous gratifie d’une reprise électrique du Pudding à l’arsenic, un grand classique des mines égyptiennes remis au goût du jour ! Si la mission de Magoyond était de chauffer la salle, c’est réussi. D’ailleurs il fait chaud, on va reprendre une bière…

 

Antre du Sorcier : 20h30 – Naheulband

Les voilà enfin, le Naheulband au complet, POC le ranger du chaos, la magicienne Lady Fae, Lili La Barbare, le Nain Knarf de retour après une longue absence, Tony le ménestrel, le voleur Ghislain et Clémence la prêtresse de Dlul avec son bonnet de nuit et son violon ! Et ça démarre sec avec La Vie d’aventurier, une ballade entraînante qui rappelle à chacun d’entre nous la raison de notre présence ici ce soir.

Moi aussi, quand j’aurai mon niveau 8, j’achèterai une baliste pour assiéger les locaux des militants frontistes… heuuu, des nécromants-cultistes je voulais dire ! C’est le problème majeur du rôliste, comment faire la différence entre le joueur et le personnage ? Et dans le public, la frontière se fait de plus en plus floue à mesure que les chansons s’enchaînent.

À l’aventure compagnons est repris en chœur par toute la salle, chacun y mettant un petit peu d’une quête personnelle, avant d’évoquer avec nostalgie le souvenir de La Compagnie du chien rugissant. Ils ne valaient pas les Fiers de hache mais tout de même !

Petit intermède bienvenu avec l’excellent Revendications monstrueuses, une complainte de monstres fatigués de se faire poutrer à longueur de jets de D20, avant de faire trembler les murs et le plancher du Trianon sur Chicken Quest, qui verra l’arrivée d’un poulet géant semer le chaos dans la fosse ! Ce qui me fait penser que je lui croquerai bien une cuisse au vicieux gallinacée car il commence à faire faim, surtout avec la cargaison de bière engloutie depuis le début de la soirée !

Mais Crom est là pour me rappeler que manger c’est tricher, d’autant que l’on se rapproche du moment où le groupe commence à entamer les chansons culturelles Naines ! La Hache Durandil, En passant par la Lòrien avec mes chiantos, Massacrons-nous dans la taverne et bien sûr Mon ancêtre Gurdil, que de belles évocations de la culture de mon peuple, d’autant que cette dernière est interprétée avec l’aide de Magoyond dans une version métal qui décoiffe ! Ce qui ne change pas grand-chose puisque je ne me coiffe jamais !

Le concert s’achève sur une version épique de Troll farceur et elfe farci, suivi d’un très solennel Sauvons les rôlistes, toujours accompagnés par Magoyond, qui verra quelques larmes rouler sur les joues de ces chochottes d’humains même si, il faut bien l’avouer, j’ai dû me planquer derrière ma barbe pour masquer mon émotion.

15 ans de Naheulband, 15 ans de chaos et de rires, c’est passé drôlement vite, tout comme ce concert qui a tenu plus que ses promesses. Au risque de verser dans une sensiblerie digne d’une mauviette aux oreilles pointues, on a très envie de dire merci à cette bande de fous furieux qui ont réussi le pari insensé de faire de la culture du jeu de rôle quelque chose dont on peut être fiers (de hache). Et dont on peut rire, fort et clair, parce que ça fait du BIEN ! Ça mérite bien d’aller reprendre une bière…

 

Partage du butin et épilogue : 22h30 – Neko Light Orchestra

C’est dans une ambiance apaisée (et un peu pompette) que le Neko Light Orchestra entame son récital intitulé Échos de la Terre du Milieu et de Westeros, une collection de titres tirés des bandes originales du Seigneur des anneaux, du Hobbit et de Game of Thrones.

Neko Light Orchestra

Le public, assis sagement un peu partout dans la salle, savoure ces évocations des thèmes écrits par Howard Shore et Ramin Djawadi avec un respect presque religieux. Les images défilent dans nos têtes, des paysages verdoyants de Hobbiton aux profondeurs lugubres de la Lòrien en passant par les majestueuses salles de la Moria, et chacun se prépare à reprendre son sac à dos d’aventurier, lourdement chargé d’équipement et d’objets à revendre, pour se remettre en route dans la nuit froide de la vie réelle.

Car c’est surtout ça, la vie d’aventurier… On rentre chez soi et le rêve est terminé.

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