#Concert : All Them Witches – Le Trabendo (Paris) – 29/09/2017

#Concert : All Them Witches – Le Trabendo (Paris) – 29/09/2017

Note de l'auteur

La scène musicale du sud des États-Unis est bien connue pour sa richesse et sa diversité. Country music, southern rock, blues, southern metal, la liste est longue… et curieusement, le rock psychédélique y est rarement associé ! Petite mise à jour en compagnie de l’un des fers de lance du genre dans un Trabendo plein à craquer.

Du Texas à la Louisiane en passant par le Tennessee, le sud des USA a toujours fait office de poumon musical pour le pays. Si Memphis est considérée comme la Mecque du rock n’ roll, Nashville, berceau de la musique country, tient également une place de choix dans le panthéon des hots spots de la musique américaine. Et c’est précisément de là que viennent les quatre mousquetaires d’All Them Witches.

En à peine six ans d’existence et déjà quatre albums au compteur (dont l’excellent petit dernier Sleeping Through the War paru en début d’année), le groupe s’est vite imposé comme la nouvelle référence en matière de… tiens donc, de quoi exactement ? Car le style musical d’All Them Witches emprunte à tellement de chapelles différentes que le résumer à une forme de rock psychédélique peut sembler terriblement réducteur.

Entre les vapeurs psychotropes et les saturations crades du stoner, la lenteur inexorable du doom, des arpèges délicats nappés d’une couche de claviers que n’auraient pas renié les Pink Floyd et quelques fantômes blues perdus dans la machine ici et là, le groupe a réussi à se créer une identité musicale forte et originale. Une nouvelle étiquette que votre serviteur serait tenté d’appeler Dark Blues.

Acte 1 : En ce lieu, des loups

Mais avant de découvrir ce que cela donne sur scène, il est indispensable de dire un mot de The Ghost Wolves, tandem à haut degré d’explosivité qui assure la première partie ce soir. Venus défendre leur nouvel album (Texa$ Platinum – 2017), le duo en provenance d’Austin pratique un rock épuré, entre blues sauvage et psychobilly à tendance punk, et annonce la couleur avec des titres tels que All the Good’s Gone, Crybabies Go Home ou encore Shotgun Pistol Grip, tout un programme !

Carley Wolf (chant/guitare) et Jonny Wolf (batterie) ont d’ailleurs eu fort à faire pour motiver un public terriblement parisien (comprenez amorphe) qui pourtant semblait apprécier la puissance dégagée par ces deux héritiers des Kills biberonnés aux Ramones et aux Cramps. Sans se démonter, la jeune femme réussit tant bien que mal à faire bouger quelques têtes et à faire chanter un public clairement impatient de passer à la suite, une belle performance qui force le respect.

Acte 2 : L’heure des Sorcières

C’est sur l’intro sombre et envoûtante de Funeral for a Great Drunken Bird qu’All Them Witches entame son set ; un set compact et intense qui laissera peu de place à la communication avec le public. Quelques commentaires ici et là, des remerciements visiblement sincères surtout, mais pas beaucoup plus.

Sous ses airs d’éternel étudiant, Charles Michael Parks Jr. (chant/basse) a du mal à dissimuler sa timidité, un sentiment diffus qui le pousse à fermer les yeux ou à porter son regard partout sauf sur le public, utilisant le mur du son produit par son groupe comme une barrière de sécurité.

Ce qui n’empêche pas le groupe de communiquer différemment, transmettant une énergie folle à ses fans, tantôt brutale (3-5-7, When God Comes Back), tantôt planante (Talisman, Elk.Blood.Heart) voire même franchement hypnotique sur le passionnant Internet tiré de leur dernier album, rencontre improbable entre un blues aride et une session de spoken word, ou encore le désormais classique Charles William et son final épique.

En une heure et demie de concert, physiquement éprouvant pour le public comme pour les musiciens, All Them Witches aura rempli son contrat, à savoir rajouter une étoile aux contours psychédéliques dans le Hall of fame déjà somptueux de Nashville, Tennessee. Et vu le jeune âge de nos quatre artilleurs, il y a fort à parier que ce n’est qu’un début…

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