• Home »
  • FOCUS »
  • #Concert: Kiefer Sutherland – La Cigale (Paris) – 14/06/17
#Concert: Kiefer Sutherland – La Cigale (Paris) – 14/06/17

#Concert: Kiefer Sutherland – La Cigale (Paris) – 14/06/17

Note de l'auteur

C’est une ambiance curieuse qui règne dans les travées de La Cigale ce soir… Des t-shirts imprimés aux couleurs d’un certain show télévisé des années 2000 remplacent les traditionnels hommages aux Rolling Stones (même si un petit malin au troisième rang persiste à faire de la résistance), des coffrets DVD circulent en attente d’une hypothétique dédicace, et l’on parle plus de la dernière série parue sur Netflix que du meilleur titre du dernier album en date de l’artiste que nous sommes venus applaudir. 

Curieux, mais pas incompréhensible puisque l’artiste en question se nomme Kiefer Sutherland et que jusqu’à très récemment, l’homme était uniquement connu pour sa carrière d’acteur. De cinéma d’abord avec une flopée de chefs-d’œuvre bis restés dans les annales geeks pour d’excellentes raisons, de Stand By Me (1986) et Génération Perdue (The Lost Boys) (1987) à L’Expérience Interdite (Flatliners) (1990) en passant par la série des Young Guns (1988 et 1990). De télévision ensuite et surtout puisque toute une génération identifie désormais le fils de Donald Sutherland (Invasion of The Body Snatchers, Kelly’s Heroes, MASH, tout de même…) à son personnage de Jack Bauer dans la série 24, programme culte s’il en est malgré une durée de vie relativement courte et un intérêt très limité passé la seconde saison.

IMG_8638Résultat, la vaste majorité des spectateurs présents dans la salle ont acheté leur billet plus pour voir leur acteur fétiche en vrai plutôt que pour la qualité de son dernier album Down In A Hole (2016), un disque qu’ils auront peut-être écouté d’une oreille distraite sur leur plateforme de streaming habituelle… Et qui pourrait les blâmer ? L’album en question, bien que plaisant, est loin d’être inoubliable ! De la country folk assez mélancolique — sorte de catharsis pour son auteur qui a trouvé ce moyen pour exorciser ses nombreux démons (l’alcool étant le plus retord) — interprété de manière honnête, mais sans vraiment bouleverser les standards du genre.

Cet état de fait, Kiefer Sutherland l’a parfaitement en tête au moment de monter sur scène. Très expansif entre chaque chanson, il aborde le problème dès le début du concert en faisant preuve d’un certain courage et d’une belle humilité en remerciant chaleureusement le public d’être venu pour « écouter des chansons qu’il ne connait probablement pas ! » Mais qu’importe, le challenge est d’autant plus excitant pour le bonhomme qui, au-delà de la gratitude qu’il éprouve pour tous ces gens qui ont été touchés par son travail d’acteur à un moment de leur vie, suffisamment pour payer une place de concert en tout cas, se sent la responsabilité de les convaincre que sa carrière de musicien n’est pas l’oeuvre d’un dilettante.

IMG_8644Et en effet, les titres s’enchaînent et force est de constater que Kiefer Sutherland ne joue pas la comédie, pour une fois. Sincère, heureux d’être là, totalement impliqué dans sa performance, il délivre un concert tantôt sombre et presque thérapeutique pour lui, tantôt rock’ n’ roll et complètement débridé, le tout saupoudré d’anecdotes personnelles et de reprises des artistes qui l’ont influencé à divers degrés (Johnny Cash, Merle Hagard, Bob Dylan).

Et en parlant du barde, c’est bien à Dylan qu’il a pris le plus de tics, hérités d’une écoute prolongée de l’unique cassette qui se trouvait dans l’autoradio de la voiture de son père alors qu’il était enfant. Quand on sait que la voiture en question était une Ferrari, on se dit que papa Donald aurait pu investir dans une collection un peu plus fournie ! Toujours est-il que ce choix musical a été déterminant pour le jeune Kiefer qui suit désormais à la lettre les préceptes de la voix de sa génération, que cela soit poétiquement parlant ou lorsqu’il s’agit de sa propre destruction organisée qu’il combat de toutes ses forces grâce à la musique…

Au bout du compte, c’est avec une merveilleuse impression de surprise que nous ressortons de la salle, charmés par l’authenticité du personnage, par sa passion qui lui a permis de transformer une poignée de chansons tout juste sympathiques en un concert où le temps a filé comme si le fameux chronomètre jaune sur fond noir avait été accéléré par quelque bad guy animé d’intentions peu catholiques ! Fort heureusement, ce n’était pas le cas, car ce soir, Jack était aux abonnés absents. C’est bel est bien Kiefer qui a fait tout le boulot.

 

 

Partager