#Concert Kvelertak – La Maroquinerie – 29/11/2016

#Concert Kvelertak – La Maroquinerie – 29/11/2016

Note de l'auteur

Après avoir mis à genoux, au sens propre du terme, le public du Hellfest l’an passé, les Norvégiens de Kvelertak reviennent enflammer leurs fans français en plus petit comité puisque c’est à la Maroquinerie qu’ils ont décidé de faire leur nid. Un choix qui pouvait paraître risqué lorsque l’on connaît la propension des fans en question (et du groupe lui-même) aux débordements, certes joyeux, mais qui demandent de l’espace… Bienvenue dans le maelström !

Le fait est qu’avec un thermomètre qui affiche timidement un petit degré au-dessus de 0, on a bien besoin d’un peu de chaleur humaine ! La Maroquinerie est une salle qui se prête parfaitement à ce genre d’ambiance, entre sauna et vestiaire de footballeur… En contrepartie, si vous avez envie d’être proche de vos musiciens préférés tout en bénéficiant d’une acoustique très honnête, c’est un endroit idéal, parfaitement adapté aux concerts de rock et de métal en particulier.

kt00Et c’est au groupe Skeletonwitch que revient l’honneur de tourner le bouton du radiateur ! Naviguant entre un thrash metal classique et un black metal plus moderne, typiquement américain, les natifs de l’Ohio s’en sortent plutôt pas mal malgré une balance manifestement bâclée ! Fort heureusement, le nouveau vocaliste du groupe Adam Clemans impose sa présence d’entrée de jeu et rattrape un peu le coup. Privilégiant logiquement des titres issus de leur dernier album en date Serpents Unleashed, Skeletonwitch fait le boulot et offre au public une bonne mise en jambe qui va s’avérer nécessaire pour pouvoir survivre aux deux prochaines heures…

Parce que, pardon, mais il faut de l’endurance pour traverser indemne un concert de Kvelertak ! Le nom du groupe, qui signifie « étranglement » en norvégien, annonce clairement la couleur. Les mecs sont là pour vous prendre à la gorge avec leur heavy metal traversé d’influences black et death et ils ne se privent pas ! Dès les premières notes de Dendrofil for Yggdrasil… Ah oui, parce qu’il faut vous dire que Kvelertak ne chante qu’en norvégien. Anecdotique certes, mais cela peut avoir son importance, comme nous le verrons plus tard.

Kvelertak c'est chouette !

Kvelertak c’est chouette !

Dendrofil for Yggdrasil donc, ouverture tonitruante du nouvel album Nattesferd, enchaîné au premier single extrait du disque, 1985, donne le ton du concert. Alors que le public pratiquait un headbanging consciencieux sans trop empiéter sur l’espace vital du voisin pendant la première partie, Kvelertak sonne l’heure de la récré et fait exploser le plancher de danse comme disent nos cousins de la belle province ! Tiens, une jambe ! Tiens, un blouson volant ! Tiens, une géraldine avec la jupe à l’envers ! Un rapide coup d’œil aux photographes tentant bravement de faire leur boulot devant la scène et c’est le fou rire assuré !

kt02Mais Kvelertak n’en a cure, ou plutôt s’en délecte en assénant un Mjød impitoyable tiré de leur premier album éponyme qui ressemble à s’y méprendre à une tentative d’éteindre de l’huile enflammée avec un seau d’eau ! Le groupe y reviendra d’ailleurs à de multiples occasions (Blodtørst, Nekroskop) sans oublier de passer en revue quelques titres de leur chef-d’œuvre Meir (2013) dont l’incontournable Evig Vandrar qui verra le public français atteindre ses limites en langue norvégienne… En effet, répondant phonétiquement au titre de la chanson, c’est une bonne centaine de métalleux déchaînés qui hurlent « heaviiiy metaaal » ! Impayable.

Achevant la première partie de leur set sur le très punk Bruane Brenn suivi de l’hymne Kvelertak repris en chœur par la foule cette fois à peu près confiante dans sa prononciation, le groupe s’accorde quelques minutes de répit histoire de s’éponger les tatouages et de reprendre son souffle.

Étrange image d’ailleurs que ces six mecs sur scène ensemble… Très loin de l’image traditionnelle qu’offrent la plupart des formations de métal, Kvelertak est composé d’une variété d’individualités que tout semble opposer et qui s’assemblent pourtant à la perfection ! Entre le chanteur en mode guerrier viking, le bassiste qui ressemble à un hipster, les trois guitaristes se partageant les rôles de petit minet, ado rondouillard et étudiant en droit et le batteur skateur/skinhead, c’est presque un échantillon représentatif de la jeunesse qui remonte sur les planches pour un rappel !

Les Six Mousquetaires

Les Six Mousquetaires

Et quel rappel ! Enchaînant coup sur coup Nattesferd et l’incontournable Utrydd Dei Svake, Kvelertak ouvre les vannes en grand et quelque chose, manifestement, fait ch’boum là dedans… Un par un, les membres du groupe décident de prendre un bain de foule les armes à la main, guitares et basse en l’occurrence ! Décrire le chaos qui s’en est suivi est inutile, tout le monde a vu la scène finale de Titanic !

Air Guitar

Air Guitar

C’est une foule ébahie et heureuse qui remonte les marches vers la sortie de La Maroquinerie ce soir. Certains ont perdu quelques effets personnels, d’autres une partie de leur fierté mais ils s’en fichent éperdument. Et puis, il y a cette gentille attachée de presse de mes connaissances qui semble avoir oublié l’aspect professionnel de cette soirée au profit d’une énorme dose de plaisir ! Elle, pourtant assez diserte d’ordinaire, résume parfaitement la soirée en trois mots : « C’était bien ! » Tu m’étonnes…

Photographie Une : Jessica Salitra

 

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