#Concert : Metallica – Accor Hotels Arena – 10/09/2017

#Concert : Metallica – Accor Hotels Arena – 10/09/2017

Note de l'auteur

À la parution de Hardwired…To Self-Destruct, dernier album en date de Metallica, l’auteur de ces lignes avait poussé un soupir de soulagement un peu fourbe en apprenant que l’ami Aymeric Barbary allait se charger de la chronique. Rien à dire de gentil sur le groupe, un disque peu inspiré à la première écoute, voilà une belle épine enlevée du pied ! Las, alors que le groupe débarque dans la capitale pour deux dates, c’est bibi qui doit s’y coller, on ne peut pas gagner à tous les coups ! À moins que…

Nous en avions parlé en long, en large et en travers il y a un an déjà, une fois encore sous la plume du collègue cité plus haut, le cas Metallica est vaste et sujet à un joli paquet de polémiques. Entre ceux qui les vénèrent depuis les premiers jours, ceux qui les ont toujours trouvés surestimés, ceux qui pensent qu’ils ont trahi la cause, j’en passe, la liste des opinions sur le groupe californien est sans fin. Un avis sur Metallica, c’est comme un sphincter, tout le monde en a un !

Objet du culte…

Pour votre serviteur, cela a beaucoup à voir avec de la nostalgie… Pour avoir grandi avec leur musique, eu mes premières émotions métal grâce aux albums Master of Puppets et surtout And Justice for All, claqué tout mon argent de poche pour acquérir le fameux coffret Live Shit : Binge & Purge et usé les cassettes VHS A Year and a Half in the Life of Metallica jusqu’à la corde, les mecs sont avant tout de vieux copains.

Le temps a passé, les goûts ont évolué, le groupe lui-même a traversé de nombreuses phases plus ou moins heureuses, mais lorsque certaines chansons repointent le bout de leur nez au hasard d’une playlist, le plaisir reste le même. Dès les premières notes de l’intro de Blackened, du riff de Ride the Lightning ou des solos de Hit the Lights, il n’y a aucune honte à esquisser un sourire mauvais et à headbanger comme un bûcheron ! Non, décidément, les potes sont en ville, allons donc les saluer.

Warmup : The Four Horsemen – Backstage By The Mill – 07/09/2017

Mais avant de plonger dans le grand bain, une petite révision en forme de tour de chauffe s’impose en compagnie des Four Horsemen, LE groupe de reprises français de Metallica que tout fan se doit d’avoir vu au moins une fois, et ça tombe bien puisque nos quatre cavaliers de l’apocalypse ont décidé de se mettre en jambes dans la petite salle du Backstage by the Mill !

The Four Horsemen

Deux heures de concert, une setlist puisant essentiellement dans l’âge d’or du groupe (comprenez les cinq premiers albums), exécutée à la perfection (certaines mauvaises langues diraient même mieux que les originaux), le tout dans une bonne humeur communicative grâce à l’humour et au talent de François Montupet (chant/basse), quelle meilleure manière de réviser ses classiques et de se souvenir que, fuck yeah, on a là de foutues bonnes chansons ?

Accor Hotel Arena – 19h30 : For Whom the Bell Tolls

Nous y voici donc, dans cette salle anciennement appelée POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy), rendez-vous obligatoire de ceux qui, comme moi, sont allergiques aux stades… Cerise sur le gâteau, c’est Kvelertak qui ouvre le bal ce soir ! Mes petits chouchous norvégiens ont franchi une étape depuis leur dernier passage parisien à la Maroquinerie, c’est désormais devant une audience conséquente qu’ils doivent faire leurs preuves et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne boudent pas leur plaisir !

Malheureusement, malgré la débauche d’énergie offerte par le groupe, l’expérience s’avère bien décevante à cause d’un son très en dessous de ce que le public est en droit d’attendre, considérant le prix du billet ! Il est courant de voir les groupes de première partie bénéficier d’une balance inférieure à celle de la tête d’affiche (il ne faudrait pas qu’ils volent la vedette aux stars de la soirée tout de même !) mais à ce niveau-là, c’est assez scandaleux !

Qu’importe, Kvelertak aligne un set compact et efficace, enchaînant une dizaine de titres en à peine une demi-heure dont les déjà classiques Bruane Brenn, 1985, Evig Vandrar ou encore Månelyst, comblant les fans déjà acquis à leur cause et recrutant un nouveau contingent d’admirateurs qui, n’en doutons pas, se jetteront avec bonheur sur leurs trois albums déjà disponibles !

Accor Hotels Arena – 20h45 : Atlas, Rise !

Alors que retentit la désormais mythique intro The Ecstasy of Gold, le sentiment de nostalgie revient à la charge. Oubliées les errances du passé (Lulu, St.Anger) et le triste spectacle de la thérapie de groupe (Some Kind of Monster), on va passer la soirée entre copains, pourquoi ne pas se l’avouer ? On est contents d’être là !

Et surprise, les deux premières salves lâchées par le groupe et tirées du dernier album, Hardwired et Atlas, Rise ! sonnent bien mieux que dans mon souvenir ! Sonnent… C’est un bien grand mot. Le problème d’acoustique ressenti pendant le concert de Kvelertak se confirme, indiquant que le problème ne vient pas des ingénieurs du son mais bel et bien de la salle. Les solos de Kirk Hammett se retrouvent noyés dans une bouillie sonore indescriptible, la basse de Roberto Trujillo a du mal à se faire une place derrière la batterie de Lars Ulrich, bref, les conditions ne sont pas idéales.

Il n’empêche que, malgré tout cela, mon opinion sur les derniers morceaux de nos quatre cavaliers commence à changer. Un sentiment qui se trouvera confirmé un peu plus tard par Now That We’re Dead et surtout Moth Into the Flame qui bénéficiera d’une mise en scène assez originale, un essaim de drones lucioles venant survoler le groupe pendant toute la durée du titre ! Du jamais-vu !

Et en parlant de mise en scène, une fois de plus Metallica n’a pas lésiné sur la production. Un système d’écrans à géométrie variable viendra habiller chaque chanson avec des images en relation avec le titre joué, évitant soigneusement de montrer le groupe en gros plan afin d’obliger le public à regarder l’ensemble de la scène et non pas assister au concert comme si l’on se trouvait devant son écran de télévision.

Au niveau des chansons, le catalogue de Metallica étant ce qu’il est, il est évident que si tout le monde y trouve son compte, tout le monde est également déçu… Quelques petites surprises viendront cependant nous combler, telle la reprise du Helpless de Diamond Head, une version sous amphétamines de Fuel, et l’enchaînement génial d’un Through the Never inattendu avec Fade to Black, cette dernière réservant aux connaisseurs un petit clin d’œil pas piqué des hannetons !

Greeny

En effet, lorsque Kirk Hammett remonte sur scène avec en bandoulière une superbe Les Paul 1959, c’est un petit morceau d’histoire du rock n’ roll qu’il amène avec lui, cette guitare n’étant autre que Greeny, une guitare ayant appartenu à Peter Green et modifiée par ses soins. Alors remplaçant d’Eric Clapton au sein des Bluesbreakers, Green avait en effet inversé la polarité du micro grave de l’instrument afin de s’approcher du son de son illustre prédécesseur, donnant à sa guitare une tonalité unique en son genre. Cette Les Paul qui suivra Green pendant l’aventure Fleetwood Mac sera par la suite la propriété de Gary Moore (vous pouvez d’ailleurs l’entendre sur le légendaire Parisienne Walkways) avant de finir entre les mains de divers collectionneurs jusqu’à ce que Kirk Hammett ne décide de l’acheter en 2014, sur les conseils d’un certain Jimmy Page. Près de 60 ans de l’histoire du blues et du rock entre les mains, voilà qui force le respect… Fin de la parenthèse.

Metallica achèvera son concert (et le public par la même occasion) avec une collection de classiques, (One, Master of Puppets, Nothing Else Matters, Enter Sandman) passage malheureusement obligé, si l’on excepte une version ultra agressive mais un poil bâclée de Fight Fire with Fire. Rideau, la messe est dite.

Alors certes, on regrettera l’absence de nombreuses chansons, entre promotion obligatoire du dernier album et morceaux incontournables, il reste peu de place à l’improvisation. Il n’en demeure pas moins qu’en près de deux heures et demie de spectacle, Metallica tient toujours son rang avec panache, n’en déplaise aux grincheux de tout poil dissimulant mal derrière des procès en authenticité une certaine jalousie teintée d’envie…

Haters will be haters comme on dit, cela n’empêchera pas Metallica de poursuivre sa route en dépit de tout, bénéficiant du luxe de pouvoir faire exactement ce qu’ils veulent, avec une constante cependant : donner à leur public son dû, une vraie communion et un plaisir partagé. Et ce soir, ils n’ont pas fait autre chose.

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