#ContreCritique Logan

#ContreCritique Logan

Note de l'auteur

Histoire de vous montrer la diversité d’opinions du Daily Mars, voici une petite contre-critique de Logan, en salles le 1er mars. La première critique du film par le passionné Marc Godin est lisible ici !

Hugh Jackman offre un film en forme de conclusion à son alter ego énervé, 17 ans après avoir sorti pour la première fois ses griffes en adamantium. Un chant du cygne résolument pas comme les autres, qui étonne, bouleverse, et conquiert.

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Pierre angulaire naturelle de l’univers cinématographique X-Men depuis le premier film en 2000, le personnage de Wolverine avait su, grâce à l’interprétation charismatique et habitée de Hugh Jackman, devenir une figure à part entière de la joyeuse troupe de mutants. Des aventures solo catastrophiques (X-Men Origins : Wolverine et Wolverine : le Combat de l’immortel), avaient démonté une figure et un univers que les premiers films de Bryan Singer avait si bien réussi à construire. La tâche était donc lourde pour Logan, conclusion de la trilogie du glouton canadien, et annoncée comme la der des der pour Jackman.

Le réalisateur James Mangold, déjà aux manettes de Wolverine 2, avait annoncé la couleur : le film sera violent (Rated R aux États-Unis), sans concessions, et résolument différent de la production super-héroïque habituelle. Et il faut avouer que le bougre n’avait pas menti. On découvre un Logan affaibli et au bout du rouleau, piégé dans un corps meurtri qui ne répond plus, hanté par une vie de violence, et bien décidé à se ranger. Le monde qui l’entoure est à son image, lui aussi en ruines, dépassé, et donne au film une ambiance crépusculaire diablement réussie jamais vu dans le genre, rappelant le traitement introspectif qu’avait proposé Christopher Nolan dans The Dark Knight.

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Logan se déroule dans un futur où les mutants ont presque tous disparu, et dont Wolverine, Charles Xavier et les rares survivants de l’espèce ne semblent être que des reliques d’un monde passé à autre chose. Pas de gros effets spectaculaires ici, le film préférant cultiver les bonnes idées visuelles (la citerne asséchée, la scène de l’hôtel…), les choix malins de mise en scène et sa dimension meta, dans une réflexion du film sur une époque saturée d’aventures super-héroïques. Le film nous présente également la petite nouvelle X-23, incarnée par l’étonnante et ébouriffante Dafne Keen, objet de toutes les attentions, et prétexte à ce road-movie qui nous emmènera, avec Logan et Charles, à travers les États-Unis.

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À mesure que ce drôle d’attelage progresse, c’est leurs relations que l’on voit évoluer avec bonheur, de manière stéréotypée par moments, mais surtout touchante. La capacité du film à mettre l’humain en son centre est à ce titre une belle surprise, éclairant notamment d’une lumière neuve un Logan qu’on pensait connaître. Malheureusement, à sa moitié, le film prend quelques décisions regrettables, retombant dans ses travers de comic-book movie un peu simpliste, et reléguant ses antagonistes au triste rang de personnages-fonctions. Ces retournements de situation, s’ils sont cohérents dans le propos, gâchent le parti pris de base, qu’on aurait aimé voir déroulé jusqu’au bout.

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Radical, le film l’est à plein de niveaux, et les adeptes de péloches qui tachent découvriront avec bonheur un Wolverine plus violent et graphique que jamais, plus proche de ses origines papiers. Et comme on aime à le redire, plus humain également. Le film marque au passage un nouveau jalon dans la modeste histoire des « comic-book movies », délivrant malgré ses défauts l’une des plus belles pages d’un genre bien trop souvent dévoyé. Et plutôt que de pleurer sur le film fantasmé qu’on n’aura jamais, on préférera saluer l’ambition accomplie d’un tel projet, audacieux et unique, qui nous laisse jusqu’à sa dernière et sublime image sur le bord de notre siège, et les larmes aux yeux.

 

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Logan
Réalisé par James Mangold
Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen, Stephen Merchant, Boyd Holbrook…
En salles le 1er mars 2017

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante, traquée par de sombres individus, va se retrouver soudainement face à lui.

 

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