(Sans) Conviction 1×01 : Pilot

(Sans) Conviction 1×01 : Pilot

Note de l'auteur

La découverte des pilotes est parfois synonyme de déceptions. Alors que l’on plaçait de bons espoirs sur Conviction avec Hayley Atwell (Marvel’s Agent Carter), l’épisode s’abîme et ressasse tous les mauvais choix possibles.

481020-jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxxConviction (ABC) faisait partie des séries qui avaient retenu notre attention, sur lesquelles on voulait parier. Liz Friedman (Jessica Jones, Xena, Elementary, House…) et Hayley Atwell (Marvel’s Agent Carter) sont des noms qui rassurent ; le thème général, où une brillante avocate – fille d’une sénatrice au comportement rebelle et autodestructeur – est installée à la tête d’une unité corrigeant d’éventuelles erreurs judiciaires, a tout de l’œuvre programmatique où la rédemption se trouvera dans la réparation des injustices. On imaginait déjà le fantôme de House et ses épisodes illustrant son personnage-titre au point de créer un personnage-monde. On voyait déjà dans sa formule combien la réparation des injustices allait reconstruire Hayes Morrison, cas après cas. On pensait que les personnages secondaires passeraient progressivement d’instruments à entité, de compléments à incarnation. Après un épisode, peut-être qu’on imaginait mal, on voyait mal et on pensait mal.

La promesse n’est pas totalement envolée. Elle est écrasée sous un nombre incroyable de mauvais choix. De l’écriture à la réalisation, nous vivons un cas d’école sur les circonstances entourant un accident artistique. Pour croire encore au potentiel de la série, il faut imaginer ce pilote comme une grosse bande-annonce. Des éléments surnagent dans des séquences qui s’entrechoquent pour un résultat qui finit par raconter quelque chose, mais mal. Esquisses schématiques ou blocs unidimensionnels, les personnages sont vides, désincarnés et se débattent dans un ensemble surligné ou balayé. Tout devient artificiel, programmé, de l’écriture automatique, sous-titrée au marqueur épais et gras. Si l’on peut pardonner un récit mécanique, soumis à sa formule et qui mérite quelques réglages avant de trouver son rythme, difficile d’absoudre les raccourcis, la caricature, un premier degré qui confine à la naïveté.

Impossible de savoir si la série va se transformer en carrosse tellement ce premier épisode appartient à la famille des cucurbitaceae. Un formula show, au même titre qu’une sitcom, a besoin de quelques épisodes pour se roder et imposer une cadence personnelle. La peur de l’annulation a paradoxalement créé chez les auteurs une précipitation souvent fatale, où l’esprit de séduction joue des coudes, passe en force pour ce résultat catastrophique. On aimerait encore croire que Conviction s’est pris les pieds dans le tapis de l’excitation et trouvera une sérénité plus en phase avec son propos. La série part de loin et aujourd’hui, les secondes chances se font rares. Elle avait toutes les cartes en main, mais son pilote est peut-être le fruit de sa propre destruction.

Conviction, Saison 01 Épisode 01 : Pilot
Créé par Liz Friedmann et Liz Friedlander
Réalisé par Liz Friedlander
Avec : Hayley Atwell (Hayes Morrison), Eddie Cahill (Connor Wallace), Shawn Ashmore (Sam Spencer), Merrin Dungey (Maxine Bohen),…

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