#Critique 25 Histoires d’un monde en 4 dimensions

#Critique 25 Histoires d’un monde en 4 dimensions

Note de l'auteur

L’immense œuvre du non moins immense Leiji Matsumoto ne se résume pas seulement à Captain Harlock, connu chez nous sous le nom d’Albator. Depuis le milieu des 50’s, le mangaka a su nous offrir de nombreux titres majeurs tels que Gun Frontier, Space Battleship Yamato, Galaxy Express 999, Queen Emeraldas ou encore L’Anneau des Nibelungen. En 2003, il s’illustrait également en tant que réalisateur de l’incroyable Interstella 5555: The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem, projet développé avec le duo frenchy Daft Punk. Bref, Leiji Matsumoto n’est pas n’importe qui, lui qui côtoie Osamu Tezuka et Katsuhiro Ôtomo au panthéon du manga. Aujourd’hui donc, retour sur 25 histoires d’un monde en 4 dimensions, recueil d’histoires courtes parues entre 1968 et 1970. L’auteur nous offre une plongée dans la genèse de son univers à travers tout un tas de récits philosophiques.

 

25 histoires… 25 histoires sur la mélancolie, la solitude, la fatalité et le mystère féminin… Du monde infiniment petit des insectes à celui infiniment grand de l’espace intersidéral, il n’y a qu’un pas que Matsumoto franchit. De trois à une vingtaine de pages chacune, les histoires s’enchaînent et se font écho, miroir les unes des autres. Elles sont toutes traversées d’un spleen ambiant et nous questionnent sur le sens de la vie, l’amour, les désillusions et la fin du monde. Une majorité des récits met en scène des insectes anthropomorphes, prisonniers de leur condition sociale ou professionnelle, la plupart du temps, de jeunes artistes maudits ou incompris, épris de belles et énigmatiques créatures. Comme dans toute son œuvre, les figures féminines ont une place importante. Envoûtantes, mystérieuses, vaporeuses, évanescentes, presque impalpables, les femmes de l’œuvre de Matsumoto intriguent autant qu’elles fascinent. Reconnaissables entre mille, elles répondent toutes à un chara-design bien distinct. Toujours longilignes et gracieuses, elles arborent une longue chevelure et rappellent évidement les Sylphides d’Albator.

 

Le mangaka ne cesse d’osciller entre cynisme et poésie, se servant des insectes comme d’un miroir de l’humanité. Les autres récits mettant en scène des humains s’aventurent quant à eux dans une science-fiction existentielle traitant de la survie de l’espèce humaine. Dans l’immensité du cosmos, des hommes et des femmes sont à la recherche d’un ailleurs, d’un nouveau monde prêt à les accueillir. Si certains le trouvent, rien ne nous dit ce qu’il adviendra d’eux. Matsumoto n’offre pas toujours de réelle conclusion, ni même de réponses à ses mini-récits qui s’évaporent rapidement, tels des songes. Souvent, il n’en reste qu’une impression, qu’une sensation fugace et persistante à la fois. Il serait vain de tenter de décrire chaque histoire. Avec 25 histoires d’un monde en 4 dimensions, Leiji Matsumoto nous offre un voyage dans l’espace-temps, à travers les dimensions, une première ébauche de son œuvre à venir, une expérience singulière. Immanquable !

 

25 histoires d’un monde en 4 dimensions
De Leiji Matsumoto
Édité par Kana

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