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#Critique À la vie, à la mort (T. 1 Pierrot le fou) de Rodolphe, Gaël Séjourné et Jean Verney

#Critique À la vie, à la mort (T. 1 Pierrot le fou) de Rodolphe, Gaël Séjourné et Jean Verney

Note de l'auteur

Il fut le premier ennemi public numéro 1, initiateur du gang des tractions avant, un personnage trouble dans une époque qui ne le fut pas moins. Pierrot le fou l’était à plus d’un titre. Une BD noire aux confins de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire : vie et mort de Pierrot le fou. Entre ? L’existence totalement dissolue, violente, paradoxale, jouisseuse et déséquilibrée de Pierre Loutrel, aka Pierrot le fou. Tout à tour, petite crapule, bat’ d’Af, gestapiste, résistant et malfaiteur haut de gamme. Un bandit pas manchot.

Mon avis : on est plongé dès les premières planches dans une ambiance à la Lautner. C’est rythmé, perclus de flash-back et la cadence ne ralentit jamais. À l’image de la vie du héros éponyme. On redécouvre une période entre chiens et loups à la sortie de la guerre où tout est encore possible dans la confusion générale. Les tortionnaires d’hier cherchent à devenir les héros du lendemain. Mais le fil conducteur, lui, ne se rompra jamais : l’appât du gain. Pierrot le fou ne sera jamais guidé que par son « bifteck » comme il le dit lui-même. Petite frappe, il a commencé, braqueur hors pair, il a terminé. On le dépeint volontiers violent, alcoolique, homme à femmes et surtout un malin aux nombreux alias, il est parfaitement retranscrit.

Cette série en trois volumes commence sur les chapeaux de roues des tractions avant qui ont fait la renommée de l’oiseau. L’histoire commence par sa mort le 11 novembre 1946 avant de dérouler le fil de son existence depuis la fin des années 30. Une vie qui ne connut aucun armistice et qui est devenue célèbre par ses déviances. Franchement réussi.

En accompagnement : Pierrot le fou, le film de Jean-Luc Godard qui n’a rien à voir avec le zigue de cette BD. Même si les univers ne sont pas si éloignés.

Si vous aimez : la série Miroirs du crime des excellents Noël Simsolo et Dominique Hé.

Autour de la BD : Rodolphe est un artiste éclectique même si le scénario de BD reste son plus sûr talent. Impossible à résumer si ce n’est par le succès de son œuvre. Gaël Séjourné a déjà frayé avec Rodolphe pour J’ai tué John Lennon. Il a aussi l’habitude de travailler avec Jean Verney, le coloriste.

Extraits : « Lieutenant d’Héricourt ! Armée de libération ! Ouvrez ou nous enfonçons la porte ! »

« Non ! N’ouvre pas ! »

« Que voulez-vous ? Il est tard ! »

« Nous sommes chargés de prélever l’impôt pour l’armée de libération. Ta contribution a été fixée à un million. »

« Un million ? »

« Tu t’en es mis combien ? Dix fois, cent fois plus dans les fouilles en magouillant avec les boches ?!! »

Écrit par Rodolphe
Dessiné par Gaël Séjourné et Jean Verney.
Édité par Soleil

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