#Critique À table (T. 1 : Le Chef) de Corbeyran et Espé

#Critique À table (T. 1 : Le Chef) de Corbeyran et Espé

Note de l'auteur

Quoi de mieux pour développer son vin qu’un restaurant qui s’accorderait parfaitement dans un écrin de nature ? Rien. C’est le constat d’Alexandra Baudricourt dans son domaine du Bordelais. Oui, mais encore faut-il trouver le chef qui va sublimer l’ensemble. C’est là que la tâche se complique singulièrement, que les ambitions se heurtent et que l’envie de travailler en famille en prend un coup. Façon polar culinaire mâtiné de pianos qui ne servent pas qu’à jouer de la musique…

L’histoire : Alexandra Baudricourt veut ouvrir un complexe d’œnotourisme dans la vieille Chartreuse familiale. Promouvoir son domaine viticole ne s’entend que par la naissance d’un restaurant de standing. Il lui faut trouver un chef. Thomas Compagnon, ex-chef étoilé mais en rupture de vocation, pourrait-il être celui-là ?

Mon avis : On rentre complètement dans l’univers d’Éric Corbeyran. Celui de la cuisine, du vin, des produits équitables et du lifestyle. Celui aussi de la grande bourgeoisie de Province, celle du Bordelais. Ce qui nous permet de découvrir une région qui ne manque pas de charme et d’atouts. C’est une BD très dans l’air du temps ; dans la veine de l’explosion d’émissions, de magazines, de revues consacrés aux arts de la table. Il y a même un côté Top Chef quand les deux impétrants au poste pour diriger la cuisine se livrent à la conception d’un menu respectif. Avec de petites astuces qui aideront les maîtres queux en puissance. Faire des gnocchis, cuire un magret ou des œufs basse température… À vos tabliers !

On n’ira pas jusqu’à écrire que l’auteur est opportuniste mais il reste dans la droite lignée de Châteaux Bordeaux. Le spin-off n’a pas à rougir de la comparaison avec son géniteur. Et nous offre des visuels plus que sympas, type La Terrasse rouge, restaurant en plein Saint-Émilion, désigné par Jean Nouvel. Sublime.

Le scénario est comme toujours très bien foutu. Et à la fin de ce premier tome, il y a ce qu’il faut d’incitation pour avoir très envie de lire la suite. Du Corbeyran dans le texte.

En accompagnement : Une terrine de foie gras infusée au Marsala et au café, poudrée de pain brûlé. Un des plats du chef Thomas Compagnon qui lui fera décrocher son poste.

Si vous aimez : Les guides culinaires et la gastronomie française. Ainsi que toute la mise en scène qui lui colle au basque.

Autour de la BD : Corbeyran au scénario, c’est toujours aussi précis et solide. L’un des plus prolifiques auteurs avec un succès qui ne se dément jamais. Le duo mis en place sur Châteaux Bordeaux avec Espé fonctionne toujours aussi bien. Un dessinateur à l’image de son scénariste très disert dans son activité.

Extraits : « J’ai eu peur un instant que ta fierté ne t’ait empêché de saisir la main tendue. »

« Je sais quand mettre ma fierté de côté, François ! »

« Mais fais-moi confiance, je ne l’ai pas définitivement remisée sous le paillasson. Je prendrai de force ce que l’on me refuse de gré ! »

« Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« Que je n’ai pas l’intention de me cantonner très longtemps au rôle de second ! »

À table (T. 1 : Le Chef)
Écrit par Éric Corbeyran
Dessiné par Espé
Édité par Glénat

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