On a lu… Ajin (T. 2) de Gamon Sakurai et Tsuina Miura

On a lu… Ajin (T. 2) de Gamon Sakurai et Tsuina Miura

Note de l'auteur

Couv_254770Après une première incursion prometteuse dans l’univers sombre et anxiogène d’Ajin, ce tome 2 enfonce le clou avec style. S’inscrivant définitivement dans le genre seinen, ce nouveau titre du catalogue Glénat nage en eaux troubles et balance quelques scènes électrisantes, à la noirceur assumée. Très clairement, les auteurs ne sont pas là pour rigoler…

 

Ajin propose un pitch simplissime mais efficacement traité. Kei Nagai, un jeune lycéen est devenu en l’espace d’un instant, un Ajin. Ces « êtres » d’un nouveau genre sont immortels mais ne se découvrent en tant que tel, qu’à partir du moment où ils « meurent » une première fois. De plus, ils semblent capables de faire apparaître et contrôler des alter ego fantomatiques et invisibles. Bref, les Ajin fascinent la société autant qu’ils la terrifient et les gouvernements mondiaux comptent bien les maîtriser. Kei a su qu’il était un Ajin, après s’être fait méchamment défoncer par un bus. Dès lors, il a été obligé de fuir afin de ne pas finir charcuté dans un labo, comme un vulgaire bout de viande. Après avoir été aidé par son ami Kai, dans le premier tome, le voilà désormais seul, à la recherche d’autres Ajins. Alors qu’il rencontre Sato et Tanaka, deux de ses congénères, il se fait piéger et devient alors un nouveau sujet d’expérimentation pour le gouvernement. Entre amputations et arrachage de dents, Kei se fait atrocement torturer, afin de tester son seuil de tolérance à la douleur. Mais Sato et Tanaka, qui ont l’air bien tarés, ont de la suite dans les idées et ne comptent pas abandonner le jeune Kei… Voilà en gros ce que vous aurez au menu de ce second tome de Ajin.

 

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Les auteurs mettent en place une atmosphère délicieusement oppressante et brossent un effroyable portrait de l’Homme. Ils ne traitent pas tant de l’immortalité que de la soif de l’Homme à la comprendre et la maîtriser. Quoi, l’éthique… ?! Quelle éthique ?! Nous sommes tellement avides d’immortalité et de toute puissance, que nous sommes capables de pas mal de saloperies et d’atrocité et Ajin entend bien nous le jeter en pleine figure. Sans tomber dans le gore, ni le grand-guignolesque, le titre promet quand même son lot de scènes chocs joliment exécutées et de giclées de sang. Que ce soit lors des scènes de charcutage ou lors de l’assaut final, assez incroyable dans sa réalisation, la violence reste très explicite. Elle est d’autant plus appuyée sous le trait du mangaka, Gamon Sakurai. Vif, précis et réaliste, son trait rappelle ceux de Kubo et Ôtomo. Un dessin adulte et incisif vraiment appréciable et qui, à coup sûr, se bonifiera avec le temps.

 

Pour le moment, Ajin fait un sans faute et propose une entrée en matière qui a de la gueule. Les idées sont nombreuses, les situations sont retorses et malsaines et le dessin est expressif et maîtrisé. Oui, je suis sous le charme de ce nouveau titre de Glénat et j’attends le troisième tome avec une impatience non dissimulée. Donc, vite, s’il vous plaît !

Ajin de Gamon Sakurai et Tsuina Miura, aux éditions Glénat

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