#Critique : Black Label Society – Grimmest Hits

#Critique : Black Label Society – Grimmest Hits

Note de l'auteur

Alors même que Black Sabbath semble devoir faire ses adieux (encore !) à son public et qu’Ozzy Osbourne n’en finit pas d’engranger les « dernières » tournées, son petit protégé, partenaire dans le crime et fils spirituel Zakk Wylde réactive la Black Label Society quatre ans après leur précédent opus Catacombs of the Black Vatican ! On a failli attendre…

C’est que le père Zakk Wylde est un homme occupé. Entre ses performances en solo, ses régulières accointances avec Ozzy Osbourne (dont la dernière tournée en date du prince des ténèbres), son groupe de reprises Zakk Sabbath et l’éducation de ses nombreux marmots, cela laisse fort peu de temps à la société de l’étiquette noire pour enregistrer du nouveau matériel !

Mais bon, réglé comme une horloge, la marque des quatre ans ayant été franchie, Black Label Society nous revient avec un album en tous points comparable avec son aîné Catacombs of the Black Vatican, petit bijou de groove metal sombre et lourd traversé d’éclairs de virtuosité car, ne l’oublions pas, Zakk Wylde est avant tout un guitar hero !

Au programme de ce Grimmest Hits, de la gratte donc, massive, bien juteuse, alternant entre riffs en mode charge d’éléphants sous amphétamines et soli démoniaques étourdissants de technique sans jamais tomber dans la démonstration pure, forcément lassante au bout d’un moment.

Trampled Down Below ouvre la marche sur une ligne de basse signée John « JD » DeServio, un garçon qu’il est important de citer tant son importance dans la construction générale de l’album va s’avérer essentielle. Dans groove metal, il y a groove et le travail du bassiste, vieux complice de Zakk Wylde depuis l’aventure Pride & Glory (le premier groupe de Wylde à tendance rock sudiste dont l’album éponyme paru en 1994 vaut son pesant de cacahuètes) ne passe pas inaperçu.

Mais revenons à nos moutons noirs… Après cette introduction en forme de décharge électrique, Seasons of Falter renchérit en accélérant légèrement le tempo et offre à Zakk Wylde l’occasion de poser sa voix sur un refrain plus « Layne Staleyien » (Alice in Chains) que jamais avant d’embrayer sur un chorus qui aurait donné des sueurs froides à Eddie Van Halen.

The Betrayal enfonce encore le clou un peu plus profondément avant de faire exploser le mur où ledit clou trouvait son chemin au moyen d’un break assassin surgit de nulle part en plein milieu du morceau. Il y a des cervicales qui vont souffrir !

Cependant, l’ami Zakk Wylde n’est pas seulement un bûcheron de première bourre, c’est également un mélodiste hors pairs, passé maître dans l’art de la ballade qui fait chialer dans sa bière ! Preuve en est The Only Words et surtout The Day That Heaven Had Gone Away et ses effluves Hendrixiennes qui évoque le Say Hello 2 Heaven de Temple of the Dog

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la redoutable efficacité d’Illusions of Peace, Room of Nightmares comme un uppercut au menton (sans parler du clip hilarant qui l’accompagne) et le génial Nothing Left to Say qui conclut l’album en revenant aux premières amours southern rock de Zakk Wylde, mais le mieux reste encore de se procurer ce Grimmest Hits et de tourner le bouton de volume à son maximum.

Avec cet album, Black Label Society nous offre une collection de titres variés, piochant allègrement dans tous leurs styles de prédilection, mêlant blues, doom, stoner et heavy metal classique, poursuivant le travail entamé dans une moindre mesure sur Order of the Black (2010) mais surtout Catacombs of the Black Vatican de la plus belle manière qui soit, à savoir en le bonifiant. Du Black Label vingt ans d’âge en somme, un sacré bon cru !

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