On a lu…Black Market de Frank J. Barbiere et Victor Sandos

On a lu…Black Market de Frank J. Barbiere et Victor Sandos

Note de l'auteur
Dans un monde parfait, les super-héros sauvent le monde, arrêtent les bandits et protègent la population. Mais pour Ray Willis, ceux-ci ne sont que source de problèmes et de malédictions. Avec Black Market, Frank J. Barbiere et Victor Sandos s’intéressent au parcours d’un homme ayant tout perdu à cause des encapés. Pour un résultat très moyen.

 

Ray Willis est un homme brisé. Cet ancien médecin légiste connu et reconnu en est aujourd’hui réduit à préparer les corps des défunts pour les pompes funèbres du quartier. Il estime son génie scientifique lamentablement gâché… Du moins jusqu’à ce que son criminel de frère, Denny, arrive sur le pas de sa porte, avec une offre comme on n’en voit passer qu’une fois dans sa vie : la recette d’un produit capable d’éliminer toutes les maladies sur Terre. La fortune assurée ! La clé de ce remède miracle ?… Elle se trouve dans l’ADN des super-héros.

 

Black Market - 3Mini-série en quatre épisodes, Black Market s’inscrit dans cette veine du traitement décalé de la figure du super-héros et de son univers. Une approche appréciée par la liberté qu’elle offre en termes d’audace sur des personnages considérés comme trop formatés mais qui fait émerger autant d’œuvres intéressantes que d’histoires sans grands intérêts. Avec une narration éclatée, un ton oscillant entre l’ironie et le sarcasme ainsi qu’un personnage flirtant avec l’illégalité malgré ses bonnes intentions, le récit de Frank J. Barbiere ressemble à beaucoup d’autres.

 

Là ce situe le principal défaut d’un Black Market sans grande originalité sous ses oripeaux d’œuvre non consensuelle. A mi-chemin entre Walter White et Herbert West, Ray Willis nous apparaît comme un homme intelligent mais acteur de sa propre chute et ce malgré sa bonne volonté. Narrateur de son histoire, son récit permet une distanciation et un discours sur la figure du super-héros qui aurait pu être intéressant s’il n’était pas desservi par la narration mal maîtrisée d’une aventure dont on a parfois du mal à comprendre le but.

 

Procédé tellement usité qu’il en est devenu une marque de fabrique dont on se méfie de plus en plus, la narration éclatée entre plusieurs époques fonctionne rarement ici. Trop fréquemment utilisée, mal illustrée voire incompréhensible, elle brouille encore plus le sujet d’un récit qui recèle pourtant beaucoup de bonnes idées malgré leur manque d’originalité. C’est d’ailleurs tout le paradoxe d’un récit vendu pour un public a priori peu enclin à lire les aventures de Superman ou des Vengeurs mais qui se base sur des concepts déjà lus dans des grandes séries populaires. Au fil des pages, on pense ainsi à Watchmen d’Alan Moore ou à certaines idées développées par Brian Bendis dans Alias, Daredevil ou New Avengers.

 

Même le retournement final, qui aurait pu s’avérer intéressant, arrive comme un cheveu dans la soupe tant il n’est pas préparé correctement en amont. Œuvre décevante malgré de bonnes intentions, Black Market nous prouve que les gadgets narratifs ne peuvent combler un récit correctement bâti.

 

 

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Black Market (Glénat Comics, Glénat, Boom! Studios) comprend les épisodes US de Black Market #1 à #4.

Ecrit par Frank J. Barbiere

Dessiné par Victor Sandos

Prix : 14.95 €

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