Psychose des sirènes (critique de l’épisode 2.01 de Chicago Fire)

Psychose des sirènes (critique de l’épisode 2.01 de Chicago Fire)

Note de l'auteur

Kelly Severide est encore pris entre ses dilemmes privés et son boulot.

Désormais programmées le mardi, les aventures des pompiers de NBC ont repris leur cours de façon assez solide. Les grandes lignes du début de saison sont tracées, et on va bien voir où elles nous mènent.

J’ai décidé d’être sage. Si, si. L’an passé, à force d’attendre que Chicago Fire ne devienne plus complexe qu’elle ne l’était, je me dis que je me suis peut-être gâché tout seul le visionnage de la série.

Voilà pourquoi, cette année, j’ai décidé de regarder le Pinpon show de Dick Wolf comme un divertissement tout simple. Sans mépris aucun. Parce que c’est bien filmé. Avec des acteurs qui dégagent un vrai capital sympathie. Tout simplement. Sage, je vous dis.

Porté par ces intentions simples, je dois reconnaître que la reprise de Chicago Fire est agréable. Dans le droit fil de ce qu’on a vu l’an passé. Shay et Severide forment toujours un bon duo. Comme Shay et Dawson d’ailleurs. Les scènes de la caserne avec Herrmann (David Eigenberg) fonctionnent toujours bien.

Michael Brandt et Derek Haas, les deux showrunners de la série, semblent de plus en plus à l’aise avec leur projet et c’est bien. Ils ont en tout cas parfaitement intégré ce que doit être un season premiere : un épisode qui joue sur les plaisirs des retrouvailles du téléspectateur avec ses héros et la première pierre d’un édifice narratif qui prendra de la hauteur au fil des segments.

Côté nouvelles têtes, l’arrivée de Michelle Forbes – elle incarne une bureaucrate de la ville de Chicago décidée à fermer plusieurs casernes de la ville- et de Jeff Hephner – il joue un lieutenant recasé dans l’équipe du chef Boden – est conduite sans fausse note.

Chacun reprend son petit bonhomme de chemin. Des choses intéressantes s’annoncent pour Casey. Pareil pour Severide, a priori. On a aussi droit à une virée dans le bar tenu par Herrmann, Gabriela et Otis. Avec une petite intrigue légère impliquant Joe Cruz.

Oui, bon : c’est le pompier qui a sciemment laissé mourir un truand dans un incendie il y a dix épisodes, qui était hanté par son acte il y a encore huit épisodes mais bon désormais, c’est fini, c’est oublié. Maintenant, il peut faire des blagues avec des filles dans un bar un soir de match : c’est son droit !

Le chef Boden va devoir composer avec les bureaucrates de Chicago. Photo Nino Munoz/NBC

Non. C’est bon, c’est bon : j’ai dit que j’arrêtais ! Mieux vaut parler des interventions de nos héros. Des interventions dans lesquelles le producteur-réalisateur Joe Chappelle (ex The Wire) montre qu’il n’est vraiment pas manchot pour filmer des incendies. Notamment celui qui se passe dans la seconde partie de l’épisode. C’est même carrément impeccable.

Le bilan est globalement positif. Fluide. Bien conduit. Tout va très bien.

Mais en fait, j’ai un problème.

Dans l’épisode, il y a une scène où Shay et Dawson viennent en aide à un truand criblé de balles et dont le corps est balancé juste devant l’hôpital. Alors que Shay frôle encore la mort en évitant un véhicule plein de malfrats (rappel : c’est Chicago, la ville dont tous les élus français parlent dès qu’il y a un méchant fait divers chez eux), celui-ci est pris en chasse par une voiture de flics en quatrième vitesse… avant que les deux bolides ne disparaissent.

Là, je me suis mis à trépigner sur mon petit fauteuil. « Oh bon sang, ça y est : ils posent déjà les bases du crossover permanent avec Chicago PD ! », me suis-je surpris à penser. Du coup, je suis embêté. Ben oui : avec leur projet super ambitieux d’histoires qui vont se croiser et se recroiser dans Chicago Fire et avec le spin off lancé en 2014, je me surprends à voir des crossovers partout. Tout le temps.

Et là de deux choses l’une : soit c’est bel et bien le cas, et je ne pourrais plus franchement réfréner mon envie de voir Dick Wolf nous proposer un projet vraiment culotté (parce que dans ce cas, il commence à le devenir) ; soit je me plante, et je vais vivre dans la psychose des sirènes pendant encore au moins treize épisodes.

Non, mais en fait, je crois qu’être sage n’est pas mon truc…

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