• Home »
  • CINÉMA »
  • Plein la gueule de bois (critique de Blackout Total, de Steven Brill)
Plein la gueule de bois (critique de Blackout Total, de Steven Brill)

Plein la gueule de bois (critique de Blackout Total, de Steven Brill)

Note de l'auteur

BlackoutAFFComédie loufoque et rythmée qui s’égare hélas dans sa dernière partie mais offre tout de même un moment de détente entre deux sorties de la mastoc saison cannoise.

 

La gueule de bois, voilà un thème fédérateur ! Qui ne s’est jamais réveillé dans une robe jaune canari aux côtés d’un inconnu sans se souvenir de ce qui a bien pu se passer pour en arriver là ? Mmhhh ? Je pose la question. Megan, elle, a choisi le jour le plus important de sa vie pour en faire l’expérience. Et comme si la situation n’était pas suffisamment délicate, il lui faut aussi compter avec la disparition de sa voiture, la perte de son téléphone et, outre le fait qu’elle atterrit en plein cœur du quartier le plus mal famé de Los Angeles, elle n’a pas le moindre dollar en poche, d’ailleurs elle n’a même pas de poche. Son objectif ? Rejoindre le plateau de la télé locale où elle officie comme journaliste. L’enjeu ? Passer l’audition qui lui permettra de réaliser son rêve de devenir présentatrice de journal de la chaîne, on a les rêves qu’on mérite. Corsons un peu l’affaire : ses employeurs sont catégoriques, Megan ne doit traîner aucune casserole derrière elle sinon, virée ! Compliqué quand on déclenche une guerre des gangs, qu’on est recherchée par toutes les polices et filmée par les caméras de surveillance de la ville…

BlackoutPICSi le scénario ne se donne pas la peine de cacher son fil blanc, il a le mérite de charger la barque du personnage jusqu’à lui maintenir la tête sous l’eau. Ce principe essentiel du film comique est exploité sans retenue et sied comme une robe moulante à une Elizabeth Banks déchainée qui s’en prend plein la gueule en accumulant les catastrophes. Scénariste et réalisateur dont la filmo peut inquiéter (Little Nicky, Drillbit Taylor, un segment du désastreux My Movie project), Steven Brill n’est pas du genre subtil et, s’il commence par esquisser l’impitoyable univers de la télévision, il s’éloigne très vite de Prête à tout ou Broadcast News, la satire et la finesse d’écriture n’étant pas son fort ni sans doute son ambition. Il a même plutôt tendance à abonder dans le sens inverse, celui de ces clichés communautaires dont le cinéma US ne se prive jamais lorsqu’il s’agit de faire rire, et que la comédie française se montre rarement capable d’aborder sans se prendre les pieds dans le tapis. Alors on pourra bien sûr considérer que cette odyssée burlesque manque d’habileté, que la morale assénée sur le thème “s’accepter tel que l’on est” gâche le dernier acte ou que faire rire avec des vidéos de chat est un peu facile. Certes, mais il serait dommage que cela empêche d’apprécier la force comique du film et de son actrice.

En salles le 21 mai.

Walk of Shame. 2014. USA. 1h35. Réalisé par Steven Brill. Avec Elizabeth Banks, James Marsden, Gillian Jacobs, Sarah Wright…

 

Partager