Critique de Jack Reacher : Never Go Back

Critique de Jack Reacher : Never Go Back

Note de l'auteur

Jack Reacher est de retour et il n’est pas content. Malheureusement pour lui (et surtout pour nous), il doit aller passer des vacances en famille.

Quatre ans après un premier opus réalisé par Christopher McQuarrie (parti s’occuper des Mission : Impossible pour son Tom d’amour mais toujours producteur sur ce film), Tom Cruise renfile le costume du personnage créé par Lee Child dans Jack Reacher : Never Go Back. Derrière ce sobriquet digne des plus beaux nanars de Steven S. se cache en réalité un road movie initiatique/comédie romantique dans lequel un ancien soldat découvre l’amour et les joies de la vie de famille avec sa fille de quinze ans dont il ignorait encore l’existence jusqu’à maintenant et une femme militaire injustement accusée de trahison. Qui l’eut cru ?

Acteur capable de se relever de tous les scandales, producteur de films et même dirigeant de son propre studio, Tom Cruise est certainement l’un des hommes les plus importants du cinéma contemporain. Cela a engendré depuis quelques années un tournant dans sa carrière où désormais, chacune de ses apparitions cinématographiques ne sert plus qu’à perfectionner l’image de toute-puissance que la star de Top Gun s’est bâti. En résulte une absence totale de mise en danger et de prise de risques artistiques. Depuis Mission : Impossible 3 et le regretté Philip Seymour Hoffman, combien de fois Cruise s’est-il retrouvé face à un adversaire ou un second rôle pouvant lui voler le vedette ? Dans Jack Reacher : Never Go Back (quel titre sérieusement !), Patrick Heusinger, et dans une moindre mesure Robert Knepper (Prison Break), sont envoyés au casse-pipe. « Révélé » dans Le Journal d’une baby-sitter, Gossip Girl et c’est à peu près tout, le bellâtre fait peine à voir dans son rôle de tueur sans foi ni loi, au point de presque faire passer le Jai Courtney du premier opus pour un monstre de charisme. Ne servant au scénario que de prétexte à kidnapping, Danika Yarosh, dont il s’agit ici de la première apparition sur grand écran, s’avère être un des pires fils/fille de depuis le Jack McClane de Jai Courtney (oui, encore lui). Cobie Smulders (How I Met Your Mother, Avengers 1 et 2) tente de faire du mieux qu’elle peut dans son rôle de pendant féminin de Cruise mais finit par s’effondrer en même temps que son personnage pour terminer en love interest vu, revu, et rerevu, offrant au long métrage les échanges de séductions les plus désolants vus au cinéma ces dernières années.

223315Que ce film est mou… La quasi-absence de scènes d’action aurait pu ne pas être préjudiciable au long métrage si le peu présent avait été marquant. Mais malheureusement, Edward Zwick (retrouvant Cruise treize ans après Le Dernier Samuraï) les filme sans âme et ne parvient jamais à les transcender. Digne des pires productions Europa Corp, le scénario accumule poncifs en tout genre, enchaîne set up/pay off des plus vulgaires et, à quelques exceptions, ne recèle aucune surprise. Là où le premier opus nous présentait un Jack Reacher solitaire, taciturne, sombre, ce deuxième volet décide de le sortir de sa zone de confort en lui collant dans les pattes un alter ego féminin et une adolescente de quinze ans. Ce parti pris aurait pu s’avérer intéressant mais malheureusement, le script se perd complètement en mêlant le personnage de Tom Cruise à une vie de couple, aux aléas de la vie de famille en week-end à la Nouvelle-Orléans et de temps en temps, mais seulement de temps en temps, enquêtant pour laver son honneur et celui de sa dulcinée.

Résultat improbable d’un cross-over entre NCIS et Notre belle famille (!), ce deuxième opus des aventures de Jack Reacher est une catastrophe en tout point. À croire que comme le nom du film l’indique, il n’aurait bel et bien dû ne jamais revenir…

En salles depuis le 19 octobre

2016. USA. Réalisé par Edward Zwick. Avec Tom Cruise, Cobie Smulders, Patrick Heusinger

 


Jack Reacher Never Go Back : bande-annonce… par inthefame

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