#Critique Drifting Lands

#Critique Drifting Lands

Note de l'auteur

Au milieu de tous ces rogue-like et jeux de zombies grandeur nature surnagent des genres qui n’ont jamais eu l’honneur de briller ces derniers mois, complètement noyés par ce flot incessant de titres se ressemblant tous. On pourra citer par exemple le hack’n slash ou le shoot’em up. Ça tombe bien : Drifting Lands fait le pari de réunir ces deux genres et d’en faire un titre rafraîchissant.

galerie-drifting-lands_3Il est vrai que le genre du shoot’em up tombe en désuétude depuis quelques années, préférant ressortir des épisodes de DoDonPachi voire même des jeux plus récents qui n’ont pas spécialement connu leur heure de gloire comme Sine Mora ou l’excellent Jamestown. Drifting Lands, réalisé par le studio français Alkemi, tente une nouvelle approche. À travers un shoot’em up horizontal, le joueur déplace son vaisseau exactement comme dans les autres jeux du genre, mais celui-ci demande également de se servir de compétences particulières pour venir à bout des vagues d’ennemis qui viendront en découdre. Ces compétences demandent une utilisation d’énergie pour être activées, tout en subissant l’effet d’un cooldown avant de pouvoir les réenclencher. Toute la customisation du vaisseau se fait dans le hub d’une station spatiale où vous trouverez marché, hangar et centre de commandement pour récupérer vos missions ou discuter avec vos camarades pour faire avancer l’histoire (pas hyper passionnante).

35118180105_8cc1aa4612_zTout l’intérêt du titre est de mixer les mécaniques d’un shoot’em up (le tir face aux ennemis tout en esquivant des boulettes) avec ceux d’un Diablo-like, à coups de compétences et de loot que vous récupéré sur les carcasses de vos adversaires. Une fois de retour à la base, vous pourrez évidemment les revendre, les équiper sur votre vaisseau voire les transformer en plans afin d’avoir l’occasion de récupérer un module plus puissant. Tout est modifiable : du casque du pilote jusqu’aux plaques de blindage de votre engin, ainsi que les puces électroniques ou les différents types d’armes, qui iront du bon vieux laser au classique canon scié. Les compétences, quant à elles, sont divisées entre actives et passives, et peuvent se débloquer lorsque vous grimpez en niveau de difficulté après avoir réussi des missions. Chaque compétence possède quatre variantes, et c’est au joueur de choisir celles qui conviennent le mieux à sa façon de jouer.

Sur le papier, Drifting Lands réussit plutôt bien son pari de proposer un mix efficace dans ces deux genres. La modularité du vaisseau permet de l’adapter à son style de jeu, et en pleine partie, tout ça répond plutôt bien. Mais c’est plutôt sur la longueur que Drifting Lands trouve vite ses limites. Les cadors du shoot’em up, que ce soit l’incroyable Ikaruga, Gradius ou plein d’autres, marquaient leur réussite autant sur le gameplay que sur le level design, qui permettait de varier les situations pour ne pas lasser le joueur. Drifting Lands n’offre aucun décor susceptible de gêner le joueur, uniquement des vagues d’ennemis arrivant inlassablement des bords de l’écran. Les niveaux sont conçus comme des donjons, chargés d’ennemis à abattre rapidement afin de décrocher du loot, et ne demandent pas des réflexes de pilote aguerri pour passer dans des endroits exigus ou d’affronter un ennemi atypique, vu qu’il n’y en a tout simplement pas, mis à part les traditionnels boss.

maxresdefaultLe souci, c’est la façon dont le jeu étire son concept jusqu’à l’écœurement. Il y a dix grades de difficultés et facilement une petite dizaine de niveaux par grade, sans compter les missions secondaires. Le joueur arrive très vite, surtout au début du jeu, au maximum de son potentiel actif et traverse les derniers niveaux d’un palier comme du beurre tellement il a le temps d’apprendre les patterns des ennemis tout en gonflant les capacités de son vaisseau. Il faut ajouter à cela des musiques sympathiques mais qui noient complètement le sound design, rendant les combats bien fades : les tirs de votre vaisseau n’ont aucune patate, et certains sons ne prennent pas suffisamment d’ampleur pour donner aux combats spatiaux toute l’ambition qu’ils devraient avoir. Les ennemis sont bien trop similaires et on s’ennuie ferme, surtout sans jamais avoir de variété dans les situations qui s’offrent à nous. Au bout de la quinzième mission où l’objectif principal est simplement de massacrer des ennemis à n’en plus finir, la lassitude pointe le bout de son nez sans que le jeu ne fasse quoi que ce soit pour remédier à ça. Et c’est encore pire quand votre vaisseau explose un peu trop souvent parce que la taille des boulettes ennemies est tellement réduite qu’en multipliant les compétences actives, le surplus d’effets visuels fait qu’on perd bien plus souvent parce qu’on ne voit plus ce qu’il se passe (mention spéciale aux flammes qui entourent votre vaisseau, très pratiques mais masquant tout ce qu’il y a autour).

driftinglands10Il est d’ailleurs dommage de constater que le système de jeu n’évolue jamais en cours de partie. Drifting Lands met en place un système de focus, différent pour chaque vaisseau (frôler les balles, rester dans un endroit précis de l’écran) qui aurait pu dynamiser les combats en faisant évoluer les armes du joueur en cours de partie, par exemple, pour le forcer à prendre des risques et tenter des esquives dangereuses. Mais au lieu de cela, le focus n’est présent que pour augmenter le score du joueur et récupérer plus de points en fin de niveau. Un système uniquement destiné à ceux qui veulent aller plus loin, mais sans jamais apporter quoi que ce soit au gameplay actif.

Drifting Lands a tout compris sur le papier : une promesse d’un mix de genre, utilisant le shoot’em up comme une aventure pleine de loots et de donjons spatiaux à la Diablo. Il réussit au moins la partie graphique, charmant le joueur avide de beaux panoramas colorés et d’effets graphiques forts jolis. Mais c’est bien l’une de ses seules qualités tellement la progression lente et laborieuse ont raison d’un système de jeu qui privilégie bien plus les mauvais côtés du hack’n slash (loot à gogo, répétitivité absolue) que le renouvellement que peut avoir le genre du shoot’em up dans son bestiaire et dans son level design. Drifting Lands ne parvient pas à se hisser au niveau de ses aînés, ce qui donne un titre réellement lassant et pas très dynamique. Et c’est bien dommage.

 

Drifting Lands

Développeur : Alkemy
Éditeur : Alkemy
Prix : 20 euros


Drifting Lands – Bande-annonce date de sortie par Gamekult

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