#Critique Endless Space 2 : Vers l’infini et au delà ! 

#Critique Endless Space 2 : Vers l’infini et au delà ! 

Note de l'auteur

Le premier Endless Space, sorti en 2012, avait su redonner un nouveau souffle à un genre presque en voie d’extinction. Depuis cette première aventure dans l’espace, Amplitude a fait du chemin, beaucoup de chemin même. Le genre du 4X (eXplore, eXpand, eXploit, et eXterminate) spatial aussi n’est plus le même aujourd’hui, et plus que jamais la concurrence est rude avec des titres comme Stellaris, Civilization : Beyond Earth (critique ici) ou même le remake de Master of Orion (preview ici). Mais les talentueux développeurs, écrivains et artistes du studio parisien n’ont pas peur. Ils savent qu’ils tiennent avec Endless Space 2 la chance de dépoussiérer un genre austère et de l’ouvrir enfin à un public plus large. Il faut bien l’avouer, le 4X comme les bouquins de science-fiction a toujours été destiné à un public de niche et fait toujours peur aux non-initiés. Mais croyez-moi, si vous aimez la science-fiction, la stratégie ou tout simplement l’espace, il n’y a aucune raison d’avoir peur.  

Suite très attendue par les fans de la première heure, Endless Space 2 marque aussi un tournant dans la courte histoire d’Amplitude. Pour ce deuxième opus, le studio parisien a en effet abandonné son statut « d’indé » pour rejoindre la prestigieuse famille SEGA qui a déjà rassemblé sous sa bannière de véritables pontes des jeux de stratégie tels que Creative Assembly ou Relic Entertainement. Pour Amplitude, ce nouveau partenariat rime avec un budget et une ambition revue à la hausse. C’est aussi l’occasion pour Romain de Waubert de Genlis et Mathieu Girard, les deux fondateurs d’Amplitude, d’enfin réaliser le 4X spatial dont ils rêvaient depuis la création du studio. Sorti en early access en octobre dernier, Endless Space 2 m’avait déjà impressionné par ses nombreuses qualités (preview ici). L’heure est maintenant venue de faire les comptes définitifs et voir enfin ce que vaut la version finale du jeu. 

Un space opera d’une richesse incroyable

Endless Space 2 n’est pas un simple 4X, loin de là. S’il y a bien une chose qui démarque le titre d’Amplitude du reste, c’est l’attention portée à son univers mystérieux et passionnant. Introduite dès le premier opus en 2012, la mythologie Endless est depuis commune à toutes les productions issues du studio, c’est-à-dire les très bons Dungeon of the Endless (critique ici) et Endless Legend (replay ici). Partager un même univers dans tous ses jeux à la manière d’un MCU au cinéma peut être quelque chose d’assez sympathique, à condition bien sûr que l’univers en question soit suffisamment intéressant et profond. Et là-dessus amis lecteurs, vous pouvez faire confiance à Amplitude les yeux fermés. Tout droit sortit de l’imaginaire de l’écrivain et narrative director Jeff Spock, l’histoire derrière Endless Space 2 fait honneur à la science-fiction et n’a pas à rougir de la comparaison avec des œuvres comme Mass Effect ou les mythiques Homeworld (critiques ici et ici).

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, une race légendaire connue sous le nom de Endless dominait sans partage les étoiles. Première grande civilisation interstellaire, les Endless étaient aussi bien des brillants scientifiques que des intrépides explorateurs. Grâce à l’une de leurs plus grandes inventions, la Brume, ils réussirent à coloniser les quatre coins de la galaxie. Basée sur des nanomachines et une IA ultra avancée, la Brume était une technologie extraordinaire qui permit aux Endless de réaliser des choses inimaginables auparavant. Mais cette précieuse Brume finit par être source d’une profonde division. En quête d’immortalité, une partie des Endless réussirent avec l’aide de la Brume à transférer leurs consciences et esprits dans des superordinateurs tout en abandonnant leurs corps physiques, devenant ainsi ceux qu’on appellera plus tard les Virtual Endless. À l’opposé, les Concrete Endless voulaient préserver leurs corps et utilisèrent la Brume pour manipuler l’ADN afin de cloner ou réparer leurs organes, prolongeant ainsi considérablement leur espérance de vie.

Cette division entraîna le début du déclin et la décadence de l’Empire Endless. Les Virtual et Concrete ne pouvant se mettre d’accord sur les priorités à donner au futur de la race, la méfiance se transforma petit à petit en haine féroce. L’inévitable finit bien par arriver et une terrible guerre civile éclata. Les deux camps utilisèrent alors la Brume à des fins militaires ce qui entraîna la disparition brutale et définitive de la civilisation Endless. L’extinction soudaine des Endless laissa derrière elle des ruines, des artefacts et bien sûr la Brume, mais elle permit surtout à d’autres races d’évoluer. Au début de Endless Space 2, ces nouvelles civilisations avancées n’ont pas encore atteint le degré de développement des anciens Endless, mais peuvent voyager dans l’espace. La Brume, toujours présente et faisant office de monnaie galactique, a une aura mystique et presque magique même si personne ne peut encore la manipuler, ou alors seulement partiellement.

Au total ce sont huit nouvelles factions qui vont se partager la galaxie. Nous avons tout d’abord les Sophons qui forment un peuple porté sur les sciences et le progrès. Pour ceux qui seraient familiers avec la série Stargate SG1, ils ressemblent énormément aux Asgards. Tout comme ces derniers, les Sophons sont frêles physiquement et font de bien piètres combattants. Mais ils compensent ce manque de capacités physiques par une grande intelligence et une facilité pour les sciences. Ce sont également des êtres (très) curieux qui aiment paix, l’exploration et surtout percer les plus grands mystères de l’univers.

Les Riftborn sont des robots provenant d’une dimension alternative appelée Coroz. Une terrible catastrophe les força à fuir dans la galaxie Endless pour sauver leur civilisation avant qu’il ne soit trop tard. Dans Endless Space 2, vous jouez une avant-garde installée sur une planète de glace, prête à préparer le terrain pour l’arrivée du reste des Riftborn. Ce peuple robotique est partisan d’une forte industrialisation et n’a aucun intérêt pour la nourriture et les planètes dites vivantes. Grâce à leurs connaissances d’une autre dimension, les Riftbon peuvent manipuler le temps et représentent un grand danger pour les autres espèces puisque les lois de la physique semblent ne pas s’appliquer à eux.

Les Horatios sont une race atypique, mais oh combien intéressante. Elle trouve son origine chez un alien mégalomane et richissime répondant au doux nom de… Horatio ! Se considérant comme la plus belle et parfaite création de l’univers, Horatio veut peupler le reste de la galaxie avec des clones de lui-même. Mais cet humble personnage ne se contente pas de faire des simples clones, puisque la particularité de cette faction est d’extraire les gènes des autres races (par la force si nécessaire) pour améliorer les corps et capacités des Horatios. En dehors du clonage, les Horatios ont une fascination presque religieuse pour la beauté et la perfection.

Les Cravers forment un curieux mélange entre des insectoïdes et des robots tueurs. Créés par les Virtual Endless pour faire face aux Concrete, ces impitoyables prédateurs ne vivent que pour la guerre et ne connaissent que l’agressivité comme moyen de diplomatie. Tel des sauterelles, les Cravers ont une faim insatiable et vont de systèmes en systèmes pour dévorer les planètes.

Les Vodyani sont littéralement des vampires inquisiteurs de l’espace. Plutôt alléchant non ? Victimes d’une sur-industrialisation, les Vodyani ont échappé de peu à l’extinction en découvrant dans des ruines une technologie appartenant au Virtual Endless. Tout comme ces derniers, ils ont réussi à abandonner leurs corps biologiques et sont devenus une race de cyborgs. Contrairement aux autres races, les Vodyanis ne vivent pas sur des planètes, mais dans des immenses vaisseaux-mondes appelés Arches. Voyageant de système en système, ils pompent l’énergie vitale des planètes et de ses habitants. Plus les Vodyanis drainent de l’essence de vie des autres espèces, plus cette faction se développe rapidement. Grands combattants, ils sont les seuls à pouvoir rivaliser avec les Cravers sur-le-champ de bataille. Les Vodyanis sont également devenus profondément religieux en créant une Église vénérant les Virtual Endless comme des dieux. Persuadés d’être le peuple élu, ils veulent purifier l’univers de tous les hérétiques. Bref, tout un projet.

Les Luméris sont une race d’amphibiens ayant développé un certain talent pour le commerce et les finances. Divisés en quatre grandes familles, ils fonctionnent presque comme une Mafia de l’espace à la manière des Hutt dans Star Wars. Les Luméris adorent accumuler les richesses et surtout de la Brume. Au lieu de perdre du temps à coloniser des systèmes, ces marchands de l’espace ont trouvé une solution plus rapide en sortant simplement le chéquier pour acheter des planètes. En plus d’être des bons commerçants, ils font d’excellents explorateurs.

The United Empire rassemble les humains de l’univers Endless et ressemble de loin à l’Empire de Warhammer 40K (en moins gothique et décadent quand même). Comme on peut s’y attendre, les humains sont relativement nombreux et polyvalents. Fonctionnant comme un mélange entre l’Empire Russe et l’Union Soviétique, The United Empire met l’accent sur l’industrie lourde, une bonne grosse dose de patriotisme et l’expansion territoriale.

Et pour finir, nous avons les Unfallen, ancienne race de végétaux qui n’est pas sans rappeler les Entlings du Seigneur des Anneaux. Ayant vécu pendant des milliers d’années en osmose avec la Nature sur la planète Koyasil, ils furent sortis de leur torpeur par une violente bataille entre des humains et des Cravers. Les Unfallen réalisèrent à ce moment qu’ils n’étaient pas seuls dans ce vaste univers et que la galaxie était en proie à la violence. Tel des Jedi, ils se sont alors envoler vers les étoiles avec pour mission de rétablir la paix et l’harmonie dans la galaxie.

 

Gameplay asymétrique et quêtes scénarisées

Pour ce qui est du gameplay, Endless Space 2 reste avant tout un 4X spatial et reprend donc les bases du premier opus. Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du 4X, c’est un ancien genre de stratégie/gestion à grande échelle et au tour par tour. Leader d’une faction, le joueur doit s’occuper de tous les aspects d’une société et imposer sa suprématie aux autres empires. Contrairement au genre du wargame comme la série des Total War qui place la guerre au centre du gameplay, le 4X va beaucoup plus loin et permet également d’obtenir une victoire économique, scientifique, voire diplomatique.

Plus un reboot qu’une véritable suite, ce nouvel Endless Space s’est largement inspiré de Endless Legend pour la construction de son univers. La narration (ou storytelling) et le genre 4X n’ont pas l’habitude de marcher main dans la main. Réussir à allier les deux n’était pas une mince affaire pour Jeff Spock et son équipe d’écrivains. Et pourtant grâce à un système de quêtes scénarisées très bien pensé, déjà plus ou moins aperçu dans des titres comme Age of Wonders 3 ou Warhammer Total War (critique ici), Endless Space 2 représente un véritable bond en avant en la matière et propose au final des campagnes bien plus dynamiques.

En dehors des quêtes de factions permettant de se familiariser avec la culture de chaque race, nous retrouvons également des quêtes secondaires ou des événements qui rendent la galaxie bien plus vivante. En plus de donner un fil conducteur et un objectif au joueur, la plupart des quêtes proposent un choix parfois difficile avec des bonus ou des malus à la clé. Le grand soin apporté à l’écriture de cet univers est juste impressionnant, et pour peu que vous n’ayez pas la flemme de lire de longs textes, Endless Space 2 s’apparentera à une superbe épopée de space opera.

Si sur la forme Amplitude a réussi à créer une identité propre pour chacune des huit races, le fond l’est tout autant avec une manière de jouer spécifique à chaque faction. En fonction de votre style de jeu, vous aurez forcément une affinité avec telle ou telle race. Par exemple, les militaristes jetteront à coup sûr leur dévolu sur les Cravers tandis que les apprentis économistes préféreront jouer avec les avides Luméris. Si certaines factions comme les humains du United Empire où les Sophons rappellent des classiques du 4X et sont relativement abordables pour les débutants, d’autres comme les Unfallen, les Vodyanis ou les Horatios ont un gameplay asymétrique qui demandera un petit temps d’adaptation.

4 X spatial oblige, l’exploration et la colonisation de nouveaux systèmes sont d’une importance capitale. Le joueur a non seulement des vaisseaux d’exploration à sa disposition, mais aussi des sondes qu’il peut envoyer en éclaireur. Au cours de votre odyssée, vous allez tomber sur une grande variété de planètes/systèmes qui apportent tous un avantage/désavantage différent en fonction de la race jouée. Prenons un exemple : les robots Riftborn n’aiment pas les planètes tempérées pleines de vie et préfèrent largement une étoile de glace. Chaque planète produit quatre ressources de base : la nourriture, l’industrie, la science et la Brume. Certains systèmes abritent aussi des ressources de luxes tout aussi importantes pour le développement de votre empire galactique.

Toujours avec l’aide de sondes, le joueur peut envoyer des missions d’explorations sur une planète pour analyser des anomalies, découvrir des ruines Endless dont regorge la galaxie et déclencher de nouvelles quêtes. Après avoir repéré les meilleurs secteurs, le temps est venu de les coloniser. Attention toutefois, il est impossible de coloniser tous les types de planètes sans avoir recherché au préalable certaines technologies. Une fois colonisé une planète, vous pouvez commencer à construire des infrastructures.

L’arbre des technos est immense et se divise en quatre groupes : science et exploration ; développement d’empire ; militaire et pour finir économie et commerce. Au regard de votre objectif (victoire économique, scientifique ou militaire) et de votre faction, vous devrez étudier et planifier avec attention vos recherches en évitant de perdre du temps et des précieuses ressources dans des technologies « inutiles ». Un petit bémol, il semble que l’arbre technologique soit presque le même pour tout le monde. Quelques technos uniques à chaque faction et associées à son lore auraient renforcé encore davantage le gameplay asymétrique du jeu.

 

Parce que c’est notre projet !

La politique est la grosse nouveauté de Endless Space 2. Tous les vingt tours, votre empire organise des élections dans chacun de vos systèmes. Les deux partis (parmi les industriels, les scientifiques, les militaristes, les écologistes, les religieux et les pacifistes) arrivés en tête forment alors le gouvernement et débloquent ainsi de nouvelles lois que le joueur peut faire voter par le Sénat. Ces lois apportent souvent un gros bonus à votre Empire, mais coûtent très cher à entretenir sur le long terme. N’importe quelle action du joueur influence directement l’opinion publique, que ça soit par exemple la construction d’un complexe industriel ou la mise en chantier de vaisseaux de combats. Il est donc très important de prendre en compte la satisfaction du peuple sous peine de voir des révoltes éclater.

Si au début d’une campagne, contenter la populace est relativement facile, cela devient une tout autre affaire une fois que votre empire galactique s’étend sur plusieurs systèmes. Contrôler la population peut alors s’avérer difficile et peut même faire capoter votre objectif initial. Il m’est arrivé plusieurs fois d’être tout près d’une victoire économique, et de perdre lamentablement les élections au profit du parti militariste et industriel, faute d’une guerre lointaine à mes frontières. Toutes mes lois boostant mon économie ont été alors purement et simplement annulé, retardant considérablement ma victoire, voire causant ma défaite pure et simple. Le plus impressionnant avec Endless Space 2, c’est que, malgré mes dizaines d’heures dessus, j’ai à peine effleuré la surface des possibilités qu’offre le jeu en termes de politique.

Au fur et à mesure que vous colonisez de nouvelles planètes et étendez votre domaine, vous allez faire la rencontre de civilisations dites mineures (non jouables). Ces peuples souvent autochtones ont fait l’objet d’une attention toute particulière de la part des développeurs et présentent des traits politiques/culturels bien à eux qu’il faudra absolument prendre en considération. Par exemple, assimiler un peuple de guerriers alors que vous jouez une faction plutôt pacifiste vous donnera certes des améliorations militaires non négligeables, mais augmentera par la même occasion l’idéologie et le parti militariste dans votre empire.

De la même manière que Warhammer Total War, ce nouvel opus introduit aussi des héros qui font d’ailleurs l’objet d’une quête à part entière autour de la mystérieuse Académie. À la tête d’une flotte ou d’un système, ces héros apportent des bonus non négligeables et peuvent s’avérer très utiles pour inverser la tendance en cas de coup dur. En augmentant le niveau de vos héros, vous pourrez dépenser des points d’expérience dans un arbre de compétences, et ainsi le spécialiser dans le domaine militaire ou civil.

Les combats sont toujours en résolution automatique et restent relativement simples. Le joueur se contente de planifier la bataille via quelques schémas tactiques prédéfinis où il faut prendre en compte les forces adverses, les types de vaisseaux et leurs portées. Les combats spatiaux donnent à chaque fois lieu à une vidéo avec une très belle mise en scène, une feature intéressante, mais qu’on utilisera véritablement uniquement lors de grandes batailles qui valent le coup d’œil.

Le tout manque cruellement d’interactions puisqu’on est ici clairement spectateur plus qu’acteur. Il est vrai que Endless Space 2 reste avant tout un 4X, mais Amplitude nous a déjà prouvé que mélanger les genres n’est pas impossible. Imaginez un peu faire cohabiter toute la profondeur et force du 4X d’Endless Space 2 et les batailles en temps réel d’un Total War. Sachant que les deux studios font désormais partie de la même famille avec SEGA et que Romain de Waubert de Genlis, l’un des deux fondateurs d’Amplitude, n’a jamais caché son admiration pour Creative Assembly, on peut se mettre à rêver.

Grâce à son IA performante qui propose un challenge au joueur le plus aguerri, Endless Space 2 est parfaitement jouable en solo. Mais c’est clairement en multijoueur que le dernier titre d’Amplitude prend toute sa dimension. Entre amis, le jeu se transforme en véritable Game of Thrones de l’espace où tous les coups bas sont permis, et qui vous rappellera sûrement les traumatisantes parties de Risk en famille à noël.

 

Du pur bonheur pour les yeux et les oreilles

Développé sous un moteur Unity 5 largement modifié, Endless Space 2 est non seulement magnifique, mais aussi d’une surprenante clarté. Les développeurs ont fait un sacré boulot sur l’interface pour la rendre la plus intuitive possible. Le joueur ne croule pas sous les chiffres et données statistiques qui filent la migraine, bien au contraire. C’est propre et limpide sans toutefois sacrifier la richesse de l’information caractéristique au genre. Même un débutant du 4X trouvera rapidement ses repères.

La direction artistique, l’un des gros points forts de la série Endless, est toujours aussi magnifique et rend magnifiquement justice à l’univers imaginé par Jeff Spock et son équipe. Amplitude ne déçoit jamais sur cet aspect et on reconnaît tout de suite la patte du studio dans les superbes illustrations des artistes Aurélien Rantet et Thomas du Crest. Seul petit regret, j’aurais aimé un peu plus de variété dans les skins des bâtiments et technologies uniques à chaque race.

La bande-son marque la quatrième collaboration entre le talentueux Arnaud Roy alias FlyByNo et le studio parisien. Le compositeur français nous livre avec Endless Space 2 peut-être l’une des meilleures B.O de science-fiction à ce jour. Oui, rien que ça.

Conclusion

Endless Space 2 est plus qu’un très bon jeu de stratégie, c’est un grand jeu de science-fiction ! Ses mécaniques de gameplay bien huilées, son univers fascinant et sa sublime direction artistique font du soft d’Amplitude le 4X spatial ultime à mettre entre toutes les mains. Vous l’aurez sûrement déjà compris, Endless Space 2 est un titre extrêmement chronophage. Mais heureusement pour le joueur et au vu de la qualité générale du jeu, on en oublie tout simplement le temps qui passe. Être le leader de toute une civilisation interstellaire, c’est ressentir l’ivresse du pouvoir et cliquer sur « tour suivant » devient alors aussi addictif que le casino. Préparez-vous à enchaîner les nuits blanches et les tasses de café !

Amplitude a largement réussi son pari en s’adressant avec brio au plus grand nombre. Que ça soit pour les amateurs de 4X ou les amoureux de science-fiction, Endless Space 2 aura su combler toutes les attentes. Même les néophytes qui découvrent le 4X avec cet opus pourront s’y donner à cœur joie grâce à un didacticiel complet et bien fichu. Oui, les premières heures vous serez complètement perdus. Mais une fois que vous aurez assimilé les mécaniques de base, vous ne décrocherez plus de votre écran avant de voir le mot « victoire » s’afficher. Je vous le garantis !

Dernier point, Endless Space 2 fait partie de ces jeux que j’aime qualifier « d’intelligents ». Je le recommande chaudement aux parents qui cherchent une alternative à Call of Duty à offrir à leurs ados. En plus d’une initiation à la politique, à l’économie et aux sciences, le dernier titre d’Amplitude représente surtout une parfaite porte d’entrée au monde de la science-fiction et du space-opera.

Endless Space 2

Développeur : AMPLITUDE Studios
Éditeur : Sega
Prix : 40 €

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