#Critique Faith (T.1) par Jody Houser, Francis Portela et Marguerite Sauvage

#Critique Faith (T.1) par Jody Houser, Francis Portela et Marguerite Sauvage

Note de l'auteur

Personnage solaire de la série Harbinger, Faith passe au niveau supérieur et devient le personnage principal de sa propre série. Une excellente nouvelle compte tenu du caractère unique du personnage. Mais si beaucoup s’attarde sur sa fraîcheur et son originalité, peu retiennent qu’elle est la dernière avatar d’une longue tradition.

 

FAITH T1 001Ça raconte quoi ?

Après la séparation des Renégats, Faith décide de vivre pleinement sa vie de femme et de super-héroïne. Mais elle va avoir fort affaire entre son travail de blogueuse le jour et sa lutte pour la justice la nuit. Sans compter les relations difficiles avec un ex-copain et les tentatives de séduction sur un nouvel homme.

 

C’est de qui ?

Reprenant le destin du personnage créé par Joshua Dysart, c’est Jody Houser, Francis Portela et Marguerite Sauvage qui sont les maîtres d’œuvres de cette mini-série prélude à la série régulière.

 

C’est bien ?

Oui et pourtant il faut avouer qu’on avait un peu peur. Il est souvent difficile pour un personnage dont la force réside dans les interactions avec le groupe au sein duquel il est apparu de voler de ses propres ailes et de trouver une tonalité unique prompte à engendrer une série de qualité sur la longueur. Il n’en est heureusement rien ici. Tout d’abord, si la série Faith se déroule chronologiquement après Harbinger, elle peut très bien se lire sans avoir goutté à l’excellent pavé de Valiant et Bliss. Les auteurs reposent suffisamment bien le contexte pour que quiconque puisse apprécier les aventures de Faith. Mais, il faut le reconnaître, l’entreprise a plus de saveur quand le passif est là.

 

FAITH T1 003Qu’il est bon de retrouver cette pétillante jeune femme, capable de voir le meilleur en tout et de faire face à l’adversité tout en restant incroyablement réaliste sur certaines situations. Si beaucoup voient en Faith un personnage étendard dans une quête pour une plus grande diversité au sein du genre super-héroïque, il serait très réducteur de confiner le personnage à cela. Car la grande qualité de Faith est au contraire de s’inscrire dans une tradition ancienne. Au même titre que Loïs Lane, Miss Hulk, Miss Marvel, Wonder Woman ou bien encore Supergirl, la série Faith est un instantané d’une représentation de la femme moderne occidentale. La jeune femme partage d’ailleurs avec Supergirl cette même idée de l’identité secrète inversée. En prenant un faux nom et en se coiffant d’une perruque rousse, Faith se créé un avatar qui dissimule sa nature dans la vie de tous les jours.

 

Cette situation inscrit la jeune femme dans le genre qu’elle affectionne tout en tentant de le revitaliser. Si on n’atteint pas les destructions du quatrième mur tel que l’affectionnait John Byrne avec Miss Hulk, on reste cependant dans une approche similaire puisque Faith construit sa vie en fonction de ce propre credo. Héroïne classique s’inscrivant dans une certaine tradition et non en opposition comme se plait à le voir une partie de la critique, Faith rappel à nos yeux une certaine époque où la diversité était une volonté sans être un artifice commerciale.

 

Soutenue par les dessins de Francis Portela et Marguerite Sauvage dont l’alternance est malicieusement bien amenée, Faith est un petit régal qui se lit et s’apprécie d’autant plus que la série ne se repose pas sur ses acquis et tranche très vite les potentiels nœuds dramatiques pour les exploiter de manière différente. L’identité secrète de Faith devient une responsabilité collective, tandis que la jeune femme semble également donner le la en ce qui concerne les relations sentimentales. Plus que tout, il semble que la vraie originalité de la série se trouve là.

 

 

FAITH T1 002

 

Faith – Tome 1 : À la conquête d’Hollywood (Bliss Comics, Valiant) comprend les épisodes US de la mini-série Faith #1 à #4.
Écrit par Jody Houser
Dessiné par Francis Portela et Marguerite Sauvage

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