Genital Jousting – Partie Intime

Genital Jousting – Partie Intime

Note de l'auteur

Alors OK, un jeu dans lequel vous incarnez une quéquette qui s’encanaille, dis comme ça, ça prête à sourire. Et puis les couleurs acidulées, la jouabilité tout en douceur, l’histoire et enfin la voix off goguenarde effacent subtilement ce rictus narquois qui s’était imposé au démarrage. Genital Jousting n’est pas une grivoiserie lourdingue flattant vos bas instincts. Tout d’abord jeu multijoueur, le studio Free Lives propose dorénavant un mode solo à la narration plutôt maline.

 

Au commencement est le consentement. C’est ce qui vous est demandé avant de vous imposer d’incarner John, un pénis dodu et coloré, un peu tendu au réveil, comme de coutume1, mais qui retrouve bien vite son habituelle bonhomie et doit faire face au quotidien comme tout un chacun.

 

Qui ne dit mot… ne dit mot.

Une petite douche et un brossage d’anus plus tard, pour peu que votre dextérité vous évite une toilette habillée, vous voilà propulsé dans le vaste monde du célibat, avec dans le viseur l’imminente soirée des anciens élèves à laquelle vous craignez de vous pointer seul, comme le gros loser que vous ne voulez pas paraître.

Lieu de début Genital Jousting mode histoire

Votre taf est barbant, rempli de feuilles de papier acérées toujours prêtes à vous lacérer douloureusement, de canettes de boissons revigorantes et de collègues jamais disposés à répondre à vos avances : pas de quoi vous faire reluire en société.

 

Je l’ai rêvé si fort…

Et puis il y a ce cauchemar récurrent, réminiscence d’un ancien crush qui, pour une raison vous échappant encore, vous a lancé comme une malédiction que jamais vous ne serez heureux en amour. La pression sociale vous ratatine jusqu’à ce que vous compreniez finalement que le problème, c’est peut-être tout simplement vous-même.

Genital Jousting en mode online

En termes de jouabilité, autant dire qu’un petit temps d’adaptation est nécessaire pour maîtriser la marche avant/arrière et qu’on ne décide pas toujours de ce qui nous rentre dedans, ni de ce que l’on tamponne soi-même. Mais c’est la nécessaire phase d’apprentissage… et de familiarisation avec les deux actes, pas anodins, jamais vulgaires et dont la violence symbolique s’estompe progressivement.

Voilà, attention, je lâche les gros mots : Genital Jousting est un jeu qui se veut… pédagogique et inclusif.

Eh oui, c’est choquant ! Alors qu’on s’attendait à du gras et du lourdingue un peu facile, on se retrouve à se déconditionner vis-à-vis de la pratique de la sodomie – essentiellement masculine, même si les zizis ont des noms féminins et masculins. Car c’est l’objectif affiché, avec une cible prioritaire (les hommes hétéros un peu coincés du cul) et une secondaire, j’imagine (les jeunes gens qui se cherchent encore).

 

John oui, mais very dick !

Il ne s’agit pas pour autant de prosélytisme, mais de dédramatisation d’une pratique sexuelle qui devrait être banale à partir du moment où elle est consensuelle, comme tout échange de cet ordre se doit de l’être, d’ailleurs.

Écran de consentement mode party

Guidé par une voix off pince-sans-rire hilarante qui commente jusqu’à vos maladresses, ou en mode multijoueurs où vous gagnerez des points en massant des prostates, et réciproquement, vous aurez toujours le choix de vous retirer à temps grâce à une option qui à tout moment garantit que vous demeurez consentant.

Si vous êtes frustré par ce gameplay particulier, que l’on ne dévoilera pas afin de préserver votre innocence, vous pouvez toujours équilibrer en y adjoignant une touche de grivoiserie old school musicale pour éviter le quéquette blues.2 Loin de jouer les donneurs de leçon exaspérants, le studio qui a aussi enfanté Broforce abuse évidemment des sous-entendus pour glisser son message sans douleur.

 

Jusqu’à huit joueurs en ligne, quatre à domicile et un mode solo, Genital Jousting, même si on atteint rapidement les limites du jeu en multi, vous apprend qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, surtout à ce prix-là.

 

Studio : Free Lives
Éditeur : Devolver Digital
Steam : 6,99 €

 

1 C’est le genre de commentaires émis par la voix off, uniquement en anglais.
2 Je sais, c’est gratuit, cette chanson ne va plus vous lâcher de la journée, courage !

Partager