#Critique Jessica Jones – The Pulse

#Critique Jessica Jones – The Pulse

Note de l'auteur

Après avoir rééditée la série Alias, astucieusement retitrée Jessica Jones : Alias pour surfer sur le succès de la série télévisée, Panini nous propose aujourd’hui la série faisant office de suite aux aventures de l’ex super-héroïne. Longtemps attendue, The Pulse risque pourtant de décevoir et ce n’est pas sans raisons.

 

the-pulse-comics-11-issues-248654Ça raconte quoi ?

La vie de Jessica Jones est bien moins merdique qu’il y a quelques années. Elle a fait la paix avec son passé, elle attend un enfant et on lui propose un job dans un grand quotidien. Tout pourrait rouler pour le mieux si nous n’étions pas à New York dans l’univers Marvel.

 

C’est de qui ?

Brian Michael Bendis est toujours au scénario tandis que Mark Bagley, Brent Anderson, Michael Lark, Michael Gaydos et Olivier Coipel se succèdent pour illustrer les quatorze épisodes de la série et l’annual issue de la série New Avengers.

 

 

 

 

Et donc ce n’est pas terrible ?

Disons qu’il y a de quoi être déçu pour quiconque attendait un tant soit peu l’édition complète en librairie (la série ayant navigué entre plusieurs périodiques à l’époque) tant la différence de qualité avec Alias est prégnante et cela malgré la volonté affichée de ne pas raconter le même type d’histoires. The Pulse renvoie en effet au supplément papier lancé par le Daily Bugle et consacré aux super-héros. La série ne s’attache donc pas uniquement à suivre Jessica Jones, et le journaliste Ben Urich est également un personnage important. Pour autant, ne soyons pas dupes, cette série est bien le deuxième volet de la vie de Jessica. Et si la tonalité plus légère de la série est un signe des changements opérés chez le personnage, on peut aussi y percevoir l’évolution du statut de Brian Bendis au sein de la maison des idées.

 

7f72570183400576be727674c551a244._SX1280_QL80_TTD_Car entre le début de la série (2004) et sa fin (2006), Brian Bendis est passé du statut de scénariste en marge à celui de maître d’œuvre d’une série en passe de devenir le fer de lance de l’éditeur. Ayant procédé à une OPA sur les Avengers, Bendis va également faire de The Pulse une sorte annexe de l’univers qu’il commence à développer. Si cela profite d’une manière globale à l’univers Marvel, et à ceux des Avengers en particulier, ce n’est pas vraiment le cas en ce qui concerne le personnage de Jessica Jones et le lecteur.

 

Ayant perdu une bonne part de son attrait avec le départ de Michael Gaydos et le changement de collection (au revoir le label Max et donc la nudité et les injures), Jessica se banalise et semble passer la majorité des épisodes à chercher Luke Cage ou bien à s’inquiéter pour son bébé. Les fans de la détective privée en seront pour leurs frais. On aurait pu toutefois se rattraper avec l’angle d’attaque de The Pulse. Suivre les coulisses d’un magazine consacré aux super-héros pouvait, potentiellement, être une source intéressante d’histoire et de mise en abîme comme avait pu l’être Damage Control¹. Malheureusement, la série n’exploite que trop superficiellement son sujet. Pour un ou deux épisodes intéressant (tel l’arc Fear avec, il n’y a pas de hasard, Michael Gaydos au dessin), la série se contente d’être une annexe pour la série New Avengers. Le lecteur, peu au fait des événements de l’époque, pourra se poser beaucoup de questions, cela d’autant plus que la remise dans le contexte et le contenu éditorial de l’ouvrage sont totalement inexistants.

 

Véritable pétard mouillé qui aura bien du mal à plaire à tous les amoureux de l’atmosphère si particulière de la série Alias, The Pulse ressemble à un lifting disgracieux pour un personnage dont les défauts faisaient le charme et qui en perd beaucoup d’attrait.

 

 

 

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Jessica Jones : The Pulse (Marvel Select, Panini Comics, Marvel) comprend les épisodes US de The Pulse #1 à #14 et New Avengers Annual #1
Écrit par Brian Michael Bendis
Dessiné par Mark Bagley, Brent Anderson, Michael Lark, Michael Gaydos et Olivier Coipel
Prix : 18 euros

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