#Critique JLA – Ascension de Mark Waid et Bryan Hitch

#Critique JLA – Ascension de Mark Waid et Bryan Hitch

Note de l'auteur

Justice League, le film réalisé par Zack Snyder est donc sur nos écrans depuis mercredi. Et comme d’habitude, cette sortie cinématographique s’accompagne d’une ribambelle de sortie comics. Gageons qu’une d’entre elles passera sous le radar de nombreux critiques par sa sortie en kiosque et non en librairie. Tant pis pour eux, ils louperont l’une des meilleures histoires de la ligue de justice. Si ce n’est LA meilleure. Son nom ? JLA – Ascension. Si vous ne devez lire qu’un seul récit de la Justice League pour comprendre la nature de cette équipe, c’est bien celui-là.

 

Ça raconte quoi ?

Basés sur la lune, les membres de la Ligue de Justice (composée de Superman, Batman, Wonder Woman, Flash, Green Lantern, Aquaman, le Limier Martien, Atom, Steel et Plastic Man), contemplent, impuissants, le vol de la Terre par un vaisseau spatial aux proportions inimaginables. Arrivés sur les lieux, les super-héros découvrent rapidement que les kidnappeurs sont en fait la première race intelligente née après le big bang. À l’heure de leur mort, ces créatures, à la vision purement scientifique, décident de collecter les planètes et leurs habitants pour comprendre et accepter l’inéluctable.

 

C’est de qui ?

Au scénario, Mark Waid qui arrivait au même moment sur la série JLA après le départ de Grant Morrison. Au dessin, le célèbre Bryan Hitch (The Ultimates) accompagné de Paul Neary qui sortaient tous deux d’une grande prestation sur The Authority.

 

C’est bien ?

C’est un chef-d’œuvre, la quintessence même de ce qu’est la plus grande équipe de DC Comics. Alors qu’il reprend les rennes de la série régulière après son compère Grant Morrison¹ et qu’il va se lancer dans un fameux arc, La Tour de Babel, voyant la Ligue traverser une crise de confiance, Mark Waid profite de l’espace du Graphic Novel pour offrir un contrepoids remarquable. Une histoire d’ampleur galactique dans laquelle une Ligue de Justice plus soudée que jamais va tenter de sauver des milliards de vies.

 

Conteur et modernisateur capable de mettre aux goûts du jour des personnages en s’appuyant sur leur essence même (comme il le démontra avec sa note d’intention lors de sa reprise des Quatre Fantastiques dans Fantastic Four #60), Waid reprend dans JLA – Ascension, l’une des formules qui fit le succès de la série à ses débuts : la séparation du groupe face à une menace de grande ampleur. Entendez par là que face à un danger gigantesque, l’équipe étend son influence au maximum tout en restant en contact les uns des autres.

 

Cela donne à l’ensemble de l’histoire, une portée épique rarement atteinte tout en offrant à chaque personnage un moment de gloire. Que ce soit Flash et Aquaman, Green Lantern et Wonder Woman ou bien Superman et Atom, tous apparaissent dans ce qu’ils ont de meilleurs et de puissant. L’alchimie fonctionne et la notion d’équipe perdure grâce au lien que le télépathe (et âme de l’équipe) J’onn J’onzz établit entre chaque membre. De la même manière, Waid continue le travail de Morrison sur l’hyper Batman. Cette approche du personnage le présentant comme l’être le plus dangereux et intelligent de la Ligue.

 

 

 

Si JLA – Ascension est une œuvre aussi remarquable, cela tient donc à l’écriture de Mark Waid mais également aux dessins d’un Bryan Hitch alors au sommet de son art. Lui qui venait de conclure son cycle sur The Authority va prolonger l’approche « blockbuster » de son dessin et profiter du format du Graphic Novel pour exploser son cadre. Soutenu par l’encrage de Paul Neary, il va offrir au récit des planches qui impriment la rétine pour toujours. On pense bien sûr à l’arrivée du vaisseau alien découpé en plusieurs cases avant la prise de conscience de son gigantisme ou bien encore à cette façon de croquer des héros tout en assurance, totalement iconique mais sans jamais manquer d’humanité ou d’humilité.

 

Seul bémol à la joie de voir enfin ce grand récit être réédité, l’édition en kiosque. Entendons-nous bien, au Daily Mars nous sommes de fervents défenseurs de ce mode de lecture, mais force est de constater que notre position est largement minoritaire que ce soit au sein du public que de la critique. Sortir cette œuvre en kiosque, c’est la condamner à passer sous le radar d’une critique qui n’est pas fichue de découvrir des œuvres si elles ne sont pas dans un volume cartonné. C’est également perdre le format original et, quelque part, diminuer la puissance épique de l’histoire.

 

Mais pour un faible prix, on aurait tort de se priver d’un tel chef-d’œuvre.

 

 

JLA – Ascension (Urban Kiosque, Urban Comics, DC Comics) comprend le Original Graphic Novel JLA Heaven’s Laddder
Écrit par Mark Waid
Dessiné par Bryan Hitch et Paul Neary

L’histoire est disponible dans la revue Récit Complet Justice League HS n°2 – Ce texte est basée sur la précédente édition de l’œuvre parue chez Soleil.

 

PS : on notera que la revue comprend les deux derniers épisodes de la série Justice League of America écrit par Bryan Hitch et dont les épisodes précédents furent publiés dans la revue Justice League Univers.

 

¹ Les deux scénaristes ont en effet régulièrement travaillé de pairs chez DC. Citons l’année sabbatique de Mark Waid sur Flash qui fut confié à Grant Morrison et Mark Millar, la mini-série 52 et bien sûr le sublime projet avorté Superman 2000.

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