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#critique Jour J La ballade des pendus (1473 : visite diplomatique à haut risque de l’ambassadeur du Mali dans une Europe ravagée par la grande peste)

#critique Jour J La ballade des pendus (1473 : visite diplomatique à haut risque de l’ambassadeur du Mali dans une Europe ravagée par la grande peste)

Note de l'auteur

Le Moyen Âge et le XVe siècle se terminent dans une France pas encore unie et, où le trône est vacant. Luttes intestines entre factions, qui sera le prochain roi ? L’ambassadeur du Mali a un rôle important à jouer dans cette décision. Suffisamment important pour que l’on veuille l’assassiner. Trahisons, défection et soldatesque avide pour cette intrigue.

JOUR J 26_INT.inddL’histoire : 1473, la couronne de France est vacante. Les factions s’organisent pour prendre le pouvoir sur les cendres pas toujours froides de la peste noire. Machinations et coups de pied de l’âne se succèdent au moment où l’ambassadeur du Mali arrive dans le royaume de France. Avec son or si convoité.

Mon avis : cette série est savoureuse à souhait. Le biais pris par rapport à l’Histoire officielle est intéressant : un récit basé sur un fait mais avec des hypothèses réalistes qui divergent de ce que nous avons appris dans nos manuels scolaires. D’où ce fameux Jour J et les conséquences qui en suivirent.JOUR J 26_INT.indd

Pour ce 26e opus, place à la fin du XVe siècle dans ce bon vieux royaume de France. Là, une régence supposée et le trône des Valois qui vacille. Angloys et Bourguignons, voire Saint-Empire romain-germanique, nourrissent des ambitions sur la couronne à fleur de lys. Le conseil des pairs doit donc désigner le successeur de Charles VII. À ce grand raout avec les seigneurs des différentes terres de France, un ambassadeur du Grand empire du Mali, ami et conseil de la reine Marie d’Anjou, va jouer un rôle crucial. Celui de grand argentier des Valois avec ses quantités d’or astronomiques.

JOUR J 26_INT.inddPour empêcher le sacre à terme de Louis XI, Charles de Bourgogne projette de faire assassiner l’ambassadeur. Le Téméraire adjoint donc une troupe à sa solde censée protéger Mansa Moussa, homme lige de l’empereur malien Sandaki II. Cette troupe de mercenaires, la compagnie blanche, est menée par une pucelle, Jeanne, qui n’est pas celle de Donrémy, va conduire l’ambassadeur et ses 200 amazones de la Provence à Paris avant de faciliter son exécution par un certain François Villon. Sauf que ladite Jeanne tombe éperdument amoureuse d’Innana, la cheftaine de l’armée africaine. Les deux femmes survivront-elles à leurs étreintes et à leurs missions contradictoires ?

Cette ballade, qui finira avec des pendus, nous emmène aussi dans les nouveaux cultes, celui du Dieu vert, qui, au contraire du crucifié, n’a pas été compromis par la peste noire. Ceux des sorciers africains.

On y croise aussi des artistes de Botticelli ou Fra Angelico.

On ne saurait trop vous conseiller ces Jour J qui nous éclairent sur ce qu’aurait pu être l’histoire de France.

Si vous aimez : Stéphane Bern et ses Secrets d’histoire. Ou plus sérieusement Jeanne d’Arc de Max Gallo où la romance n’est pas absente.

En accompagnement : comme une évidence, La Ballade des pendus de Villon, « Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre… »JOUR J 26_INT.indd

Autour de la BD : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau au scénario, bon, on est bien. Peu de ratés chez ces prolifiques auteurs. Au crayon, Farkas commence à avoir une jolie carte de visite.

Extraits : « C’est donc ça une église ? »

« C’est une basilique, un genre d’église, oui. Vous n’avez pas ça chez vous ? »

« C’est la maison du Seigneur. »

« C’est la maison du crucifié, pas celle du Dieu vert. »

« Hérétique ! Tu devrais le vénérer ! »

« Ton crucifié n’a pas empêché cette ville de pourrir sur place. Pourquoi veux-tu que je le vénère ? »

Jour J
La Balle des pendus
Scénario par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Lajos Farkas
Éditions Delcourt

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