#Critique Justice League of America (T.3 et 4) de Grant Morrison et Howard Porter

#Critique Justice League of America (T.3 et 4) de Grant Morrison et Howard Porter

Note de l'auteur

Alors que le film Justice League se révèle être une déception artistique et financière pour beaucoup, Urban Comics continue son bonhomme de chemin et vient de sortir le quatrième volume de Justice League of America contenant la fin du cycle de Grant Morrison sur une équipe qu’il a ressuscitée. Spectateur déçu qui nous lit, ne t’y trompe pas, la seule et unique Ligue de Justice est dans ces pages.

 

Ça raconte quoi ?

Après avoir reformé l’équipe, Superman, Batman, Wonder Woman, Flash, Green Lantern, Aquaman et le Limier Martien décident d’ouvrir la Ligue de Justice à d’autres super-héros. Et ils ne seront pas trop de ces renforts pour affronter une Ligue de l’Injustice, un soleil fou, le retour de Starro et l’arme ultime des neo-dieux.

 

C’est de qui ?

Au scénario Grant Morrison qui est secondé pour quelques épisodes par ses compères Mark Millar et Mark Waid. Au dessin, c’est toujours Howard Porter secondé lui aussi par Arnie Jorgensen, Mark Pajarillo ou bien encore Val Semieks.

 

 

 

À savoir pour briller en société

Premier grand succès pour son scénariste et série qui a littéralement remis l’équipe phare de DC Comics sur le devant de la scène, le cycle JLA de Grant Morrison n’avait jamais été intégralement édité en France. Après deux tentatives avortées (l’une en kiosque chez Semic, l’autre en librairie chez Panini), voilà enfin une injustice corrigée.

 

C’est bien ?

C’est puissant. Si les histoires contenues dans le premier tome posaient un canevas simple et réjouissant (les plus grands super-héros de la Terre se réunissent afin d’affronter des menaces de portée galactique), elles n’étaient pas forcément aidées par une patine visuelle qui n’a pas forcément bien traversé les années. Elles permirent néanmoins d’avoir une base solide sur laquelle le scénariste put ensuite s’appuyer afin de développer des intrigues d’ampleur exponentielle avec l’approche scénaristique qui fit sa marque. Clairement, JLA représente Grant Morrison à son meilleur. Un équilibre parfait entre un récit clair et son hyper-compression narrative, ainsi qu’une certaine manière d’agencer des éléments pouvant se révéler perturbant à certains endroits mais dont l’efficacité se révèle toujours quand arrive la conclusion de l’épisode (telle la réjouissante planche finale de la saga DC One millions).

 

JLA, c’est la Ligue de Justice à son meilleur. Un blockbuster qui ne lésine pas sur la démesure des personnages et des situations (sauver la Terre, l’univers, le présent et le futur) tout en s’octroyant des plages de détentes (JLA #33 – Aliénés avec son équipe devant arrêter Bruce Wayne) et des développements de personnages qui font mouche (Green Lantern et son complexe d’infériorité) ou qui arrive à s’inscrire dans la série et dans le cadre des sagas contemporaine (JLA #32 – Infiltration mettant en valeur Huntress pendant la saga No Man’s Land). Si la série connaît des coups de mou pour certains arcs (Ça et Mesures Extrêmes), ceux-ci n’entament en rien la qualité globale ne serait-ce que par leur respect de la cohérence thématique de l’ensemble d’une série semblant être une succession d’aventures de plus en plus fortes mais apparaissant au final comme un tout cohérent et pensé sur le long terme.

 

Même les épisodes tie-in écrit par Mark Waid ou Mark Millar s’inscrivent dans le grand plan de Grant Morrison (tout en conservant l’empreinte de leurs scénaristes). La question du devenir de l’humanité, du surhomme et de ce qui fait le héros semble être au centre d’une série qui remet continuellement en cause le statut de super-être. Via l’omnipotence de Batman, des histoires courtes sur des personnages secondaires (JLA #27 Plus ils sont grands) ou bien encore le rapport entre les super-héros et les néo-dieux du Quatrième Monde ou les anges du paradis. Ces thèmes vont prendre toute leur ampleur via les trois sagas emblématiques de JLA : La Fin des temps et son enchevêtrement de menaces à base de voyage temporel, l’event DC One Millions et sa rencontre avec la ligue du futur devant affronter une menace créée dans le passé afin d’en contrer une autre et enfin Troisième Guerre mondiale annoncée depuis le début de la série et qui pousse la Ligue dans ses derniers retranchements. Une conclusion aux proportions gigantesques qui voit une Ligue composée de milliards d’individus affronter la plus terrible création des Neo-Dieux.

 

Espéré depuis plus de quinze ans, l’intégralité du cycle de Grant Morrison sur la ligue de Justice est enfin là. On en entend parler pendant des années. On s’imagine des trucs dingues, bref on se fait son idée dans sa tête et un jour, on lit enfin l’histoire. Et on se rend compte que c’est encore meilleur que ce que l’on imaginait.

 

 

Justice League of America Tome 3 et 4 (DC Classiques, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de JLA #18 à #41, DC One Million #1 à 4 et JLA #1,000,000
Écrit par Grant Morrison, Mark Waid, Mark Millar, J.M DeMatteis et Devin Grayson
Dessiné par Howard Porter, Arnie Jorgensen, Mark Pajarillo et Val Semeiks
Traduit par Jean-Marc Lainé et Jeremy Manesse

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