On a lu… Justice League Univers H.S. N°1 par Giffen, DeMatteis et Maguire

On a lu… Justice League Univers H.S. N°1 par Giffen, DeMatteis et Maguire

Note de l'auteur

Suite à un problème indépendant de notre volonté, le texte ci-dessous sera consacré à la plus nulle des ligues de justice servie par une équipe créative médiocre et aussi peu drôle qu’un youtubeur parlant de comics. Encore toutes nos excuses pour un article rédigé par un incompétent et pour cette histoire qu’on pourra difficilement oublier.

 

Justice League Univers HS 1 - 3Entre la relance des revues kiosques de l’éditeur Panini (All-New Avengers, All-New X-men, All-New Spider-man, All-New n’en jetez plus) et celles d’Urban Comics (Batman Univers, Superman Univers, Justice League Univers, Green Lantern Univ…… non je déconne) toutes concentrées sur les nouvelles séries de Marvel et DC, on en oublierait presque les quelques hors-séries qui nous permettent de nous replonger dans le passé. Et pourtant, encore une fois, on pourra constater que c’est bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes avec le récit complet consacré à une ligue de justice par intérim.

 

Suite directe de Formerly Known as Justice League publiée dans Justice League Saga H.S. n°2, I Can’t Believe It’s Not the Justice League conserve la même tonalité et la même fraîcheur que la précédente mini-série et que la série pécheresse Justice League International écrite et dessinée par le même trio de diablotin : Keith Giffen, J.M. DeMatteis et Kevin Maguire.

 

– C’est un super-vilain !
– Un quoi ?
– Ça ne te dit rien ? Ces individus sans scrupules qui pensent qu’à piller les ressources d’autrui et imposer leur loi sur toute la Terre ?
– Vous voulez parler de l’administration Bush ?

 

Justice League Univers HS 1 - 6Bénéficiant d’une grosse cote d’amour justifiée, potentiellement capable de plaire à tous les amateurs d’histoires de super-héros décalées (oui les fans de Deadpool ou d’Harley Quinn c’est de vous dont on parle) mais passées sous le radar des lecteurs français pour cause d’absence de séries DC dans les kiosques à la fin des années 80, Justice League International raconte les mésaventures d’une ligue de justice tout ce qu’il y a de plus officielle et sérieuse composée notamment de Mister Miracle, Blue Beetle, Shazam, Green Lantern, Dr Fate ou bien encore Batman. Mais la présence du Chevalier noir de Gotham ne va pas empêcher la série de vite devenir ce qu’on pourrait définir comme l’une des meilleures sitcoms sur papier. Car malgré des menaces de grande ampleur, le ton est à l’humour faisant de J.L.I. l’une des plus grandes bouffées d’air frais de l’époque avec Excalibur d’Alan Davis et Chris Claremont.

 

– Dis, tu ne peux rien faire au sujet du chantier d’à-côté ?
– Je pourrais désintégrer tous les ouvriers avec mon rayon de la mort.
– Tu n’as pas de rayon de la mort.
– Merci de ne pas revenir sur l’un de mes nombreux handicaps.

 

Justice League Univers HS 1 - 4Seize ans plus tard, la plupart de ces héros vivent leurs vies chacun de leurs côtés tandis que la Justice League est redevenue un groupe sérieux et puissant sous la plume de Grant Morrison ou de Mark Waid. Mais on s’attache que voulez-vous, et par le biais de deux mini-séries, les fans purent retrouver avec joie le tandem Blue Beetle/Booster Gold, Max Lord et son égo, le couple Sue et Ralph Dibny et leurs autres compagnons d’infortunes additionnés de nouvelles recrues telles que la charmante et naïve Mary Marvel. Après une première aventure qui vit la recréation du groupe en tant qu’équipe privée destinée à aider le clien… le citoyen qui en a besoin et une menace cosmique tombée sur le coin du pif (la routine en somme), revoilà une deuxième salve servie par des auteurs en forme et qui, conscient du basculement vers la noirceur qu’entame l’univers DC (Justice League – Crise d’Identité venant d’être publiée), n’hésitent pas à y aller à fond pour un baroud d’honneur rendant hommage à ces personnages.

 

Plus que les péripéties et les gags, la force motrice d’une bonne sitcom se trouve dans la rythmique de ses dialogues. Il se conçoit comme un bœuf monstrueux de jazz où la simplicité de l’exécution de chaque partie cache le travail monstrueux pour en arriver là. Telle une section de cuivres virtuoses, Giffen, DeMatteis et Maguire font montre d’une efficacité redoutable dans la gestion des dialogues et des interactions entre des personnages fonctionnant par duo (Booster Gold et Blue Beetle, Max Lord et Sue Dibny, Fire et Mary Marvel, Max Lord et L-Ron etc.) s’entrecroisant. Le résultat ? Tout en proposant une aventure dans un univers parallèle ou bien une vision de l’enfer à base de fast-food, l’histoire offre un humour ravageur.

 

– Aucun problème ne se résout par des coups de poing
– Tu rigoles ? C’est la base du métier de super-héros, les coups de poing !
– Et là j’avoue que je ne sais plus quoi dire

 

Justice League Univers HS 1 - 8Concentré de rire et d’humour qu’une traduction de qualité rehausse, I Can’t Believe It’s Not the Justice League nous permet de retrouver un couple attendrissant véritable cœur de l’univers DC ou bien encore un duo de pote totalement déjanté. En guest-star, le retour d’un Guy Gardner plus insupportable que jamais offre à l’occasion des scènes de disputes jouissives pour mieux nous prendre à la gorge par la suite lors d’une conclusion déchirante. Car là est la grande force de la série. Les membres de cette ligue de justice pas comme les autres ont beau ne pas être Batman ou Superman, ils n’en sont pas moins des super-héros capable de sauver le monde et de souffrir plus que de raison. Giffen, DeMatteis et Maguire nous font rire avec leurs personnages mais jamais à leurs dépends et toujours en les prenant au sérieux et en les aimant.

 

Comme une réponse à une Crise d’Identité qui venait de nous montrer la mort atroce de Sue Dibny, I Can’t Believe It’s Not the Justice League est un magnifique chant de cygne pour un groupe de héros dont beaucoup de membres allaient véritablement souffrir. Témoin d’une époque qui prouvait que les héros pouvaient être intéressant sans tomber dans le glauque et la surenchère déplacée, voici une mini-série à ne pas louper avant d’entamer le plat de résistance d’ici quelques semaines avec, enfin, l’édition de la série originale.

 

 

 

Justice League Univers HS 1 - 1

 

 

 

Justice League Univers H.S. n°1 (Urban Kiosque, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de JLA : Classified #4 à #9 :  I Can’t Believe It’s Not the Justice League.

Écrit par Keith Giffen et J.M. DeMatteis

Dessiné par Kevin Maguire

Prix : 5,90 €

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