#Critique Kong : Skull Island

#Critique Kong : Skull Island

Note de l'auteur

Douze ans après la version de Peter Jackson, et trois ans après le lourdaud Godzilla, Legendary Pictures continue l’élaboration de son MonsterVerse avec Kong: Skull Island. Un reboot pop décomplexé, fun et généreux, qui fait du bien par où il passe.

521252.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Fini le singe vieillissant et romantique de Peter Jackson, c’est au tour d’un Kong bien plus jeune et hargneux de faire sa loi sur Skull Island. Une île qui a le droit à son énième découverte (reboot oblige), et dont le joyeux casting cinq étoiles de cette aventure va rapidement découvrir les panoramas luxuriants, la faune exotique, et le maître des lieux… Tout en ayant une furieuse, et compréhensible, envie de ne pas rester visiter.

Aux manettes, Jordan Vogt-Roberts, habitué des projets TV, et réalisateur du prometteur mais modeste film indé The Kings of Summer, les pose sur la table dès le début. Kong: Skull Island impressionne, bien aidé par une direction artistique aux petits oignons, et jouant à fond la carte de la référence aux 70s en général, et à Apocalypse Now en particulier. Mais là où on aurait pu s’attendre à un gros couloir de clins d’œil pop-culture épuisants et rien d’autre, le film s’extirpe rapidement de ses modèles et nous assène sa patte king size en pleine tronche.

201608.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

La réalisation, toujours inventive, va ainsi de l’iconisation (un peu à outrance) à la vraie bonne idée, jouant sur la lumière, le rythme et les mouvements de caméra virevoltants, qui mettent dans un état d’émerveillement permanent. Il n’y a pas trop à réfléchir, on n’avait pas vu une telle maestria visuelle dans un film du genre depuis le Mad Max: Fury Road de George Miller ! Embrassant son coté pulp sans complexe, Kong: Skull Island nous fait plaisir à grands renforts d’idées ingénieuses, notamment en plaçant l’île comme personnage central de l’histoire et lieu fourmillant d’étrangetés dont on ne verra jamais vraiment toute la mesure. Le singe est là, bien sûr, mais se réserve une place plus en périphérie, qui lui donne la faveur des grands moments du film, qu’ils soient sensationnels, ou au contraire plus subtils.

164176.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Ce côté décomplexé du film, s’il est définitivement sa force, et rafraîchit après un Godzilla qui se prenait un peu trop au sérieux, est aussi sa grande faiblesse. Déjà bien cernée par l’atmosphère ultra-référencée, la galerie de personnages apparaît rapidement comme un défilé d’archétypes un peu idiots, et agaçants, enchaînant les clichés absurdes et ridicules. On se fatiguera de ses figures grossières dont on ne se souciera jamais vraiment, qui sont en partie la cause du petit ventre mou du film, et d’une fin du même acabit. À cet égard, le long métrage possède les mêmes qualités, et les mêmes défauts qu’une autre œuvre follement décomplexée : le Pacific Rim de Guillermo del Toro. Les fans sont prévenus.

Réalisé avec brio, ambitieux et sublime visuellement, Kong: Skull Island est un vrai bon plaisir, qui a les défauts de ses qualités certes, mais qui n’oublie jamais les spectateurs. Il parvient surtout à exister au-delà de ses références, et à se renouveler continuellement, offrant le grand manège de fun, d’émotions et d’éblouissements qu’on était venus chercher. Soyez prévenus, Kong est de retour.

kong_skull_island_1Kong : Skull Island
Réalisé par Jordan Vogt-Roberts
Avec Tom Hiddleston, Brie Larson, Samuel L. Jackson, John Goodman, John C. Reilly, Corey Hawkins, Toby Kebbell, Thomas Mann, Tian Jing…

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

En salles le 8 mars 2017.

Partager