#Critique La Belle et la Bête

#Critique La Belle et la Bête

Note de l'auteur

Persistant dans son entreprise d’adaptations live de tous ses grands succès animés, Disney nous livre sa nouvelle version de La Belle et la Bête et son casting grand luxe, ses beaux costumes et ses décors enchanteurs… Mais pas grand-chose en dessous.

BEAUTY AND THE BEAST

Sorti il y a un peu plus de 25 ans, le dessin animé des studios est un énorme succès populaire, un classique instantané, et un jalon important dans le cinéma d’animation, étant le premier film du genre à être nommé pour l’Oscar du Meilleur Film. Il était donc assez logique qu’après Alice au pays des merveilles, Cendrillon ou encore Le Livre de la jungle, Disney s’attèle à son adaptation live, reprenant quasi à l’identique – dans les costumes, les décors, les personnages ou encore les chansons – son prédécesseur dessiné.

Gaston (Luke Evans) a handsome but arrogant brute, holds court in the village tavern in Disney's BEAUTY AND THE BEAST, directed by Bill Condon, a live-action adaptation of the studio's animated classic and a celebration of one of the most beloved stories ever told.

Et pour ça, les fans seront ravis, retrouvant avec plaisir tout ce qu’ils ont aimé dans l’original, le tout baigné des musiques originales d’Alan Menken, toujours aussi enchanteresses. Le film convainc aussi par son casting malin, porté par une Emma Watson solaire, et comptant le cabotin et excellent Luke Evans, parfait en Gaston, et l’étonnant Josh Gad, dans le rôle de Le Fou, qui prend du grade pour l’occasion. Passé ses quelques pépites, le reste de la troupe va néanmoins du réjouissant à l’oubliable, en raison entre autres de choix esthétiques douteux, et loin d’être convaincants…

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Ainsi, la galerie de personnages-objets du château, les Lumière, Big Ben ou Mme Samovar si géniaux dans l’original, sont ici complètement ratés. Des design « réalistes » loin d’être sublimes ou enchanteurs, qui traduisent les limites d’un tel projet. À force de calquer à l’extrême les partis pris artistiques de son modèle animé sur cette version live, ce Belle et la Bête version 2017 perd de sa cohérence, et oublie de se forger une identité, et une âme propre au passage.
Par exemple, comme pour Cendrillon, le côté comédie musicale habituel des Disney fonctionne moins bien dans cette version live, et n’arrive pas à enlever ce petit sentiment de décalage et d’étrangeté de voir en chair et en os des souvenirs si efficaces en dessins animés.

The Beast (Dan Stevens) and Belle (Emma Watson) in the castle library in Disney's BEAUTY AND THE BEAST, a live-action adaptation of the studio's animated classic which is a celebration of one of the most beloved stories ever told.

Bien sûr, les costumes et les décors sont sublimes, et le film est un exemple de production soignée et solide, mais il n’empêche qu’une bonne partie de la magie s’évapore en chemin. On sort de La Belle et la Bête avec la même impression inconfortable d’avoir vu un pur produit fait pour les mauvaises raisons, une nostalgie mal placée, sans essence, et comme expliqué auparavant, sans âme. Malheureusement, avec les versions live, entre autres, de Mulan et de La Petite Sirène en production, cette entreprise vaine et un peu triste n’est pas prête de s’arrêter.

 

074182.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxLa Belle et la Bête
Réalisé par Bill Condon
Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Josh Gad, Kevin Kline, Ewan McGregor, Ian McKellen…

Fin du XVIIIème siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

En salles le 22 mars 2017.

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