#Critique La révolution russe de Duval, Pécau et Calvez

#Critique La révolution russe de Duval, Pécau et Calvez

Note de l'auteur

100e anniversaire oblige, la Révolution russe est encore à l’honneur en cette fin d’année. Mais pas celle menée par les Rouges, plutôt une hypothétique dirigée par les Noirs, les anars. De ce postulat, l’Histoire en aurait été tout autre. Uchronie sanguinaire du Grand soir.

L’histoire : Bonnot, l’anar, n’est pas mort. Il est ressorti par Clemenceau pour aller mettre à mort le tsar de Russie, coupable de vouloir l’armistice avec les Germains. Un tapis rouge pour les Bolcheviks ? Non, ce sont les Libertaires qui vont tirer les marrons du feu. Incroyable, non ?

Mon avis : Cette édition spéciale, issue du diptyque Septembre rouge Octobre noir, albums parus en 2010, profite évidemment des circonstances pour redonner du lustre aux numéros 3 et 4 de cette série vraiment captivante. Cela valait la peine car le résultat est là. Comme souvent avec des passionnés d’histoire aux commandes.

Un point de départ, Nicolas II, tsar de toutes les Russies, veut rendre les armes et signer l’armistice avec l’empire allemand en 1917. Ce qui laisserait la France occupée et ses faibles alliés face à un adversaire teuton libre des mouvements à l’est. Le Tigre Clemenceau décide donc de libérer Jules Bonnot (sans sa bande), pourtant officiellement tué en 1912, pour aller assassiner le rejeton des Romanov. Escorté par le commissaire Blondin, l’anarchiste se rend compte que les Bolcheviks sont les plus à même de prendre le pouvoir. Sauf que les Lenine boys sont internationalistes et veulent une paix sans annexions, ni indemnités. Retour à la case départ, donc ? Eh ben non. Puisque les deux hommes fomentent une Révolution anarchiste. Au point d’exécuter la triplette Lénine – Staline – Trotski pour donner le pouvoir aux porteurs du drapeau noir.

Cela donne un récit haletant très bien construit au long cours avec également un cahier pédagogique pour mieux resituer cet événement. Il y a tout pour passer un bon moment tout en s’instruisant.

En accompagnement : Bakounine, œuvres complètes.

Si vous aimez : Ne me quitte pas du Grand Jacques. « Le rouge et le noir, ne s’épousent-ils pas ? »

Autour de la BD : Plus besoin de présenter les auteurs qui excellent dans cette série qui connaît son 33e opus. Un succès.

Extraits:
Lénine (à la tribune) : « La bourgeoisie est affolée de terreur devant le mouvement révolutionnaire prolétarien qui grandit. Cela se comprend, parce que toute la marche des événements depuis la fin de la guerre impérialiste renforce inévitablement le mouvement révolutionnaire du prolétariat. La révolution internationale mondiale commence et grandit dans tous les pays. »

Commissaire Blondin (en sourdine) : « Alors, ça vient ? »

Jules Bonnot (en sourdine) : « Hé, ça va, hein ? Je ne suis pas mécanicien, moi ! »

Staline (à la tribune) : « Merde ! »

Baaoouum (énorme explosion).

Écrit par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Florent Calvez
Édité par Delcourt

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