#Critique Le Couvent des Damnées (T. 1)

#Critique Le Couvent des Damnées (T. 1)

Note de l'auteur

601 COUVENT DES DAMNEES T01[MAN].inddFanatisme religieux, chasse aux sorcières et inquisition… Non, je ne parle pas de notre charmante époque même si ces sujets peuvent presque paraître d’actualité. Non, je parle du nouveau seinen de l’éditeur Glénat intitulé Le Couvent des damnées. Bienvenue au XVIème siècle, dans le Saint-Empire romain germanique, vous allez plonger dans un monde cruel et violent. Immergez-vous dans l’obscurantisme religieux le plus crasse et découvrez un titre fort, acclamé par la critique au Japon et qui risque de faire pas mal de bruit en France en 2017.

 

Dès son plus jeune âge, Ella a connu la misère et s’est heurtée aux injustices et à la violence du monde. Vendue par ses parents, elle est recueillie par une jeune femme nommée Angelika. Tout de suite, entre elles, naît une relation mère/fille. Mais leur bonheur n’est que de courte durée puisque la mère d’adoption est accusée de sorcellerie puis condamnée à mort, en place publique. Pour la seconde fois, Ella se retrouve orpheline, avec pour seule compagnie sa colère et sa haine. Envoyée au monastère du Claustrum, elle est témoin des pires sévices et doit endurer une vie de corvée et de privation, qui ne va qu’attiser son esprit de vengeance envers les hautes autorités de l’église catholique. Dès ce premier tome, Minoru Takeyoshi frappe un grand coup en nous plongeant dans un récit sombre, violent et plein de rage. Son héroïne, brisée, contrainte de laisser derrière elle son enfance, se métamorphose au fil des pages. Dans ses yeux, l’innocence a laissé la place à la rancœur et la haine. Cette Cosette de l’inquisition parvient à s’imposer rapidement dans l’histoire notamment grâce à la force que lui insuffle l’auteur. La narration tendue du début à la fin permet au lecteur de ne jamais décrocher. Les enjeux sont exposés et la majorité des acteurs de l’histoire semble présenté, même si on voit bien que le mangaka en garde sous le coude pour la suite.

 

cebd69beJe n’irai pas jusqu’à dire que le thème est novateur, tant il a alimenté le cinéma et la fiction en général, mais il se fait suffisamment rare dans le manga pour qu’on le souligne. L’auteur partage son tome en deux parties distinctes. La première fait office, pour ainsi dire, de prologue, nous expliquant comment et pourquoi la jeune Ella s’est retrouvée au couvent et les raisons de son indicible colère. Takeyoshi parvient d’ailleurs à susciter l’émotion lors de l’exécution d’Angelika, nous promettant d’autres scènes poignantes. La seconde partie s’apparente au vrai début du récit, le moment où Ella rentre au couvent et décide de ne plus subir les événements afin d’élaborer sa vengeance. Encensé par des auteurs comme Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist) et Makoto Yukimura (Vinland Saga), le nouveau seinen de l’éditeur Glénat brille par sa fougue. Ce premier tome est traversé par une vraie envie d’offrir aux lecteurs une expérience immersive, tendue et exigeante. Pour servir son histoire, Minoru Takeyoshi propose un dessin maîtrisé. Peut-être lui manque-t-il un petit plus qui lui permette de se distinguer, mais le trait fragile et délicat du mangaka a le potentiel pour évoluer au fil du temps. Bref, voici un excellent premier tome pour débuter cette année 2017, qui on l’espère, sera du même niveau. On croise les doigts !

 

Le Couvent des Damnées (T. 1)
De Minoru Takeyoshi
Édité par Glénat

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