#Critique Le Fulgur (T.1 Au fond du gouffre) de Christophe Bec et Dejan Nenadov

#Critique Le Fulgur (T.1 Au fond du gouffre) de Christophe Bec et Dejan Nenadov

Note de l'auteur

Vingt mille lieues sous les mers peut aller se rhabiller… Dans cette descente aux enfers, Christophe Bec copie le maître Jules Verne et prend ses aises pour s’affranchir de la tutelle afin de créer une série aussi frissonnante que déroutante. Les profondeurs nous appellent. Respirez un bon coup.

L’histoire : le canal du Yucatan, au large du Mexique, ce n’est pas franchement la quiétude de la lagune de Venise. Un navire, gonflé d’un milliard d’or pur dans ses soutes, fait naufrage par 4000 m de fond au début du XXe siècle. Une véritable armée espagnole part en expédition pour récupérer le magot. Le tout grâce à un yellow submarine révolutionnaire. Sauf que tout ne va pas se passer exactement comme prévu et la classe découverte va se muer en cours de survie.

Mon avis : mais où cette descente va-t-elle s’arrêter ? Elle est vertigineuse, irrespirable et sombre. Dans le huis clos d’un sous-marin, on trouve un peu de tout. Du savant, de l’aventurier, du médecin, de l’affairiste et même du journaliste. Tous sont là pour vivre une aventure hors du commun : descendre dans les tréfonds du Golfe du Mexique. Recherche scientifique, avidité, meilleure connaissance des hommes ou du monde dans lequel on vit, les buts diffèrent mais ce maelström de personnalités amène de la sève à ce récit.

Le scénario est loin d’être cousu de fil blanc et on se demande de façon savoureuse jusqu’où cela va nous mener. La force de cette aventure, c’est qu’on ne devine pas franchement où l’auteur va nous amener. On est transporté dans des contrées à tout le moins hostiles et ce qui étonne, c’est que les personnages ne semblent pas plus effrayés que ça par le contexte. Il règne même dans ce bathyscaphe géant une zénitude à faire pâlir un moine bouddhiste.

Et puis la découverte des fonds marins, de ses dangers et de toutes les interrogations qu’ils renferment donne encore plus de dramaturgie et de noirceur à une aventure qui n’en manquait pas jusque-là.

Ce premier tome, d’une série qui en comptera trois, envoie du lourd. Seul bémol, la voix off est très difficilement lisible, ce qui nuit à la compréhension. On a quand même eu du mal à décrocher et on a retenu notre souffle presque à chaque encoignure de page. Vivement la suite !

En accompagnement : une bonne morue abyssale aux pommes de terre. Enfin, si vous arrivez à en pêcher une, hein.

Si vous aimez : l’œuvre de Jules Verne, évidemment. Et Vingt mille lieues sous les mers en premier… lieu.

Autour de la BD : grand amateur de science-fiction (Prométhée, Olympus Mons…), Christophe Bec excelle en la matière. Le dessin de Dejan Nenadov (Lignes de front…) apporte plus de profondeur à un récit qui n’en manquait déjà pas.

Extraits : « Vous devez absolument voir ça. »

« Quelle est ce bête avec ces immondes tentacules… Une pieuvre géante !!? »

« Je ne sais pas, je n’ai jamais rien vu de tel auparavant ! »

« Extraordinaire. »

Écrit par Christophe Bec
Dessiné par Dejan Nenadov
Édité par Soleil

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