#Critique Le stand-up et l’échec (Crashing / HBO / OCS)

#Critique Le stand-up et l’échec (Crashing / HBO / OCS)

Note de l'auteur

La liste des comédiens de stand-up à avoir tenté la conversion en comédie sérielle est longue comme le bras. Citons quelques exemples récents plus ou moins réussis : Jim Jefferies (Legit sur FX), John Mulaney (Fox), Aziz Ansari (Master of None sur Netflix), Marc Maron (IFC), Whitney Cummings (NBC) ou encore un certain Louis C.K. (FX).
Avant de faire revenir Larry David dans une neuvième saison de Curb Your Enthusiasm, HBO mise également sur Pete Holmes pour un résultat très contrasté.

Pete est un banlieusard passablement naïf qui passe ses soirées dans des bars interlopes de New York en espérant se faire un nom sur la scène locale du stand-up. Mais, coup de théâtre, il surprend sa femme avec un autre homme et, comme c’était elle qui payait les factures, le voici sans domicile fixe pour un parcours qui va l’obliger à miser totalement sur son métier…

Holmes n’est pas seul dans cette entreprise qui consiste à décliner librement sa propre expérience. Il est épaulé par un autre cador passé sur les planches du stand-up et qu’il a courtisé après l’avoir invité dans son podcast (You Made it Weird) : Judd Apatow. Dans la peau du producteur, ce dernier reste sur des succès significatifs que sont Girls (déjà sur HBO) et plus récemment Love (du côté de chez Netflix). Apatow vante à qui mieux mieux la liberté que le câble et la SVOD lui offrent aujourd’hui. Encore faut-il avoir des choses à dire et son compère Holmes est très loin d’être aussi disert qu’une Lena Dunham. Ce qui s’avère relativement fâcheux pour un comique.

Lorsque Crashing propose de faire la connaissance d’un humoriste aux prises avec un quotidien pas franchement folichon, le téléspectateur n’est pas surpris. Et pour cause, c’est le recyclage du même pitch employé dans une grande majorité des séries citées plus haut.
À cela Holmes tente d’y ajouter la dimension d’une psychologie de benêt sincèrement convaincu par les bonnes intentions de son prochain. Admettons, mais lorsque les choses se compliquent effectivement pour le pauvre Pete, l’acteur n’est pas vraiment crédible sur un registre strictement dramatique.

Cette amorce rédhibitoire est d’autant plus dommageable que la série s’avère efficace par la suite lorsqu’elle décrit le parcours des combattants de l’humour. Le principe de Crashing consiste ainsi à brinquebaler son héros chez d’authentiques comédiens (Dave Attell, Hannibal Buress, Artie Lange, T.J. Miller, Jim Norton, Rachael Ray et Sarah Silverman) en confrontant sa trajectoire de wannabe face aux succès de ses illustres collègues. Il en ressort une approche du métier précise et sans filtre. Holmes devient alors intéressant lorsqu’il s’efface et qu’il accède au statut de sidekick, ce qui n’est pas, bien sûr, son objectif in fine malheureusement.

Crashing gagnerait grandement à se limiter en priorité à son sujet plutôt qu’à son personnage. Il n’est pas certain qu’Holmes et Apatow trouvent l’humilité pour faire le choix de cette évolution.

Visuel : Crashing © 2016 Home Box Office, Inc. All rights reserved. HBO ¬Æ and all related programs are the property of Home Box Office, Inc.

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