#Critique Le voile noir de Cha et Dodo

#Critique Le voile noir de Cha et Dodo

Note de l'auteur

Road trip au Moyen-Orient pour un duo de femmes étonnantes et pleines de ressources. Les forces spéciales et la DGSI auraient pu en prendre de la graine pour aller rechercher certains enfants de la République plongés dans le fascisme islamiste. Une histoire emplie d’humour qui traite d’une actualité qui l’est beaucoup moins.

L’histoire : Pauline, fraîchement convertie à l’islam, est embrigadée par Internet et est partie en Syrakie rejoindre Daesh. Sur place, ce n’est pas tout rose, coupée de tous et au milieu de la barbarie. Sauf que Tata Alice et Gina décident de se rendre sur place pour ramener la jeune égarée. Ce que les barbus n’entendent évidemment pas de cette oreille.

Mon avis : cela fait du bien de réussir à mêler l’humour à la noirceur de certaines situations. Cela permet de dédramatiser des moments qui ne manquent pourtant pas de drame. Les auteurs traitent un sujet éminemment brûlant, l’État Islamique et les Français qui l’ont rejoint, et ont su distiller la dose nécessaire de rires pour faire passer le tout au mieux. C’est un véritable tour de force et la preuve d’un scénario bien construit. À défaut d’être réaliste. Mais comme on n’est pas dans un documentaire (même si…), cela ne pose aucun problème.

Cet opus n’est ni tout blanc, ni tout noir. Il nous plonge dans le quotidien supposé de ceux qui ont prêté allégeance à la peste verte. On peut y voir une certaine part de naïveté chez quelques-uns et de cruauté chez d’autres. On peut également séparer les brebis égarées des loups assoiffés de sang et de rigorisme. Ou en apprendre davantage sur le mode de fonctionnement, les interactions hommes-femmes sous le Grand Khalifat (aka État Islamique dans la réalité). L’intrigue n’est pas spécialement terre à terre, mais le reste malheureusement si.

C’est à lire. Pour rire, pour dédramatiser, mais aussi pour en apprendre un peu plus sur le mode de fonctionnement de ces fous de Dieu.

Si vous aimez : OSS 117, Le Caire nid d’espions de Michel Hazanavicius.

En accompagnement : La vie sous l’État Islamique, filmée en caméra cachée à Raqqa par une Syrienne. Un document diffusé sur France 2 en septembre 2014.

Autour de la BD : Dodo est un auteur qui ne sort pas quatre albums par an, mais souvent de la qualité comme l’excellent Max et Nina, par exemple. Cha est une jeune dessinatrice notamment vue sur Un homme de goût.

Extraits : « Putain, j’en ai marre de faire l’épluche-patates. »

« Te plains pas ! T’es à l’abri ici, tu pourrais être sur le front. »

« Ben ouais, j’suis pas venu pour faire des corvées. Moi aussi, j’veux tuer des créants ! »

« MÉ-créants. »

« T’es débile, toi, pas que les tiens ! Les miens aussi. Je veux zigouiller tous les créants. »

Écrit par Dodo
Dessiné par Cha
Édité par Casterman

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