#critique Les Animaux Fantastiques

#critique Les Animaux Fantastiques

Note de l'auteur

Prequel/Spin-off aux aventures de Harry Potter, Les Animaux fantastiques réussit à s’affranchir de son aîné mais souffre cruellement d’un manque de magie.

La première chose sautant aux yeux lors du visionnage des Animaux fantastiques est le ton plus sombre, plus adulte du film, n’hésitant pas à traiter de sujets tels que les enfants battus ou la maltraitance envers les animaux. Cette évolution des thématiques s’avère rafraîchissante et permet au film de s’affranchir de la saga mère (bonjour Le Hobbit). D’ailleurs, si l’on excepte la réutilisation occasionnelle des thèmes iconiques de John Williams, Les Animaux fantastiques nous fait grâce des clins d’œil putassiers habituels à ce genre de projet. Il y a certes de nombreuses références à l’univers mais là, elles sont utiles à l’histoire (rebonjour Le Hobbit).

205295-jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxxEt donc l’histoire, quelle est-elle ? Suite à une série de quiproquos, un collectionneur d’animaux magiques voit sa précieuse cargaison dispersée dans le New York des années 20. Avec l’aide d’un Moldu (individu incapable de magie), d’une ancienne Auror (policier d’élite de la magie) et de la sœur de cette dernière, il va tenter de les récupérer tandis qu’au même moment, tapie dans l’ombre, une menace plane. Pierre angulaire d’une future longue épopée (quatre autres opus sont prévus), Les Animaux fantastiques est un divertissement agréable de fin d’année, mais il risque de finir par souffrir de son concept. Ombre menaçante flottant au-dessus de ce premier opus, le choix des producteurs de caster Johnny Depp dans le rôle de Grindewald prouve la décision de la Warner d’en faire l’antagoniste de cette saga et à terme, cela risquerait de nuire aux films précédents. Si tous les cinquante ans un taré tente de mettre leur monde à genoux, le Voldemort de Ralph Fiennes n’aura plus grand-chose d’extraordinaire, si ce n’est le fait qu’il n’ait pas de nez.

De retour aux affaires suite à l’échec de son Tarzan, David Yates (à l’œuvre sur la saga depuis Harry Potter et l’Ordre du phénix) fait du David Yates. Sans âme, manquant d’audace, sa mise en scène n’est pas foncièrement mauvaise, elle est juste passable. Et dire qu’aux prémisses, Alfonso Cuàron s’était déclaré candidat… Malgré la présence d’une grande partie de l’équipe technique derrière les Harry Potter, la production design du film s’avère elle, très décevante. Exception faite de la malle de Dragonneau, aucun décor n’a l’ampleur de ceux de la saga originale et le bestiaire donnant son nom au film n’a malheureusement pas grand-chose de fantastique, sentiment appuyé par la présence d’effets spéciaux pas toujours aboutis.

Tête d’affiche du film, Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps, The Danish Girl) incarne Norbert Dragonneau, précurseur des joueurs de Pokémon Go, en oscillant entre le bon et le moins bon. Sa scène de parade nuptiale avec le rhinocéros à ampoules LED rentre directement sur le podium du top 10 des moments les plus gênants de l’année. Autour de lui, Katherine Waterston (Inherent Vice, Steve Jobs) et Dan Fogler (aperçu dans Fanboys) font le job comme ils peuvent, mais ils manquent clairement de prestance pour que l’on s’accroche réellement à leurs personnages. Alan Rickman, Maggie Smith, Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Gary Oldman et je m’arrête ici car la liste est encore longue, tout au long des huit Harry Potter, la Warner nous a habitués à enfiler les perles niveau casting même pour ses rôles tertiaires et sur ce point de vue, Les Animaux fantastiques déçoit. La qualité est là  Colin Farrell se bonifie d’année en année malgré un personnage cliché et Ezra Miller (We Need to Talk About Kevin, le futur Flash) prouve continuellement qu’il est un acteur à suivre mais pas la quantité. Si on enlève un petit caméo sympathique de Ron Perlman, le calibre des seconds rôles demeure très loin de ce à quoi nous avait habitué le sorcier aux lunettes rondes.

Les Animaux fantastiques reste un divertissement hivernal agréable, mais malgré son ton plus adulte, rafraîchissant, il manque d’épique et de grandiose pour définitivement convaincre. Alfonso Cuàron a quelque chose de prévu ces temps-ci ? Non parce que voilà, vu que ça l’intéressait…

Les Animaux fantastiques
Réalisé par David Yates
Avec Eddie Redmayne, Colin Farrell, Katherine Waterson, Dan Fogler, Ezra Miller
En salles depuis le 16 novembre 2016

 


Les Animaux Fantastiques – Bande-Annonce… par WarnerBrosPicturesFrance

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