#Critique Les Chevaliers d’Héliopolis de Jodorowsky et Jérémy

#Critique Les Chevaliers d’Héliopolis de Jodorowsky et Jérémy

9782344011324-LDeux talents se rencontrent pour une œuvre inspirée de l’Alchimie qui se produit au tournant du XVIIIe siècle, dans une France post-révolutionnaire.

L’histoire : Il se nomme Dix-Sept. Un drôle de nom pour un drôle d’enfant. Un adolescent élevé hors du monde et qui, désormais adulte, s’apprête à intégrer l’ordre des Chevaliers d’Héliopolis, des maîtres alchimistes immortels cachés dans un monastère au nord de l’Espagne. C’est aussi le moment de lever le voile sur ses origines : Dix-Sept n’est autre que le fils caché de Louis XVI et Marie-Antoinette. Et il a pour mission de retourner à Paris…

Mon avis : Rien que les deux noms sur la couverture donnent envie d’ouvrir l’objet. Est-il encore besoin de présenter Alejandro Jodorowsky ? Cinéaste, auteur, amateur de tarot… Personnellement, il est surtout celui qui m’a donné en partie goût à la bande dessinée, avec la découverte relativement jeune de La Caste des Méta-Barons et surtout des Technopères. On retrouve dans Les Chevaliers d’Héliopolis certains de ses thèmes de prédilection : immortalité, famille, magie. Enfant prodige et corruption du pouvoir. Le viol d’une femme comme acte de naissance, thème qu’il avait déjà développé dans Les TechnopèresSon histoire est mise en valeur par Jérémy.

9782344011324_p_2Si son trait, fort reconnaissable au demeurant, vous dit quelque chose, c’est que vous l’avez peut-être déjà rencontré. Il a été coloriste aux côtés de son maître, Philippe Delaby, sur les séries Murena ainsi que le second cycle de La Complainte des landes perdues. Autant dire que le fantastique, les ordres mystiques et les belles femmes traîtresses ne sont pas des inconnus pour celui qui a aussi réalisé les 6 volumes des aventures de pirates de Barracuda.

Alors, conclusion, que nous donne ce premier tome des Chevaliers  d’Héliopolis, intitulé Nigredo, l’œuvre au noir ? Un fort bel album, déjà, comme le laisse deviner la couverture. Mais aussi et surtout, une rencontre qui s’impose entre le vieux briscard de la bande dessinée et le jeune (né en 1984) expérimenté. Des thèmes proches qui se mélangent, celui de sociétés masculines qui contrôlent l’histoire, des échos de chimères et la recherche d’une identité. Un moment agréable, des combats de cape et d’épée, qui promettent encore de belles aventures, à la suite du mystérieux Dix-Sept. Petit bémol, la place des femmes, qui pour le moment, ne sont que des mères.

Si vous aimez : Au-delà des deux noms, je vous conseille aussi Le Teinturier de la lunede Violette Cabesos.

Autour de la BD : Quatre tomes sont au programme, chacun reprenant le nom d’une des phases du Grand Œuvre alchimique.

En accompagnement : La musique de Game of Thrones y serait la bienvenue.

Extrait : « Cher Dix-Sept, tu passes ton ultime épreuve. Si tu y parviens, nous t’admettrons dans notre fraternité et t’inculquerons les arcanes qui mènent à la longue vie. Si tu échoues… pour préserver le secret de notre existence, nous devrons t’ôter la vie.
– Vaincre ou mourir, Dix-Sept ! »

Les Chevaliers d’Héliopolis
Scénario d’Alejandro Jodorowsky
Dessin de Jérémy
Couleurs de Felideus
Édité par Glénat

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