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#Critique Les Cinq de Cambridge (T.3 Les étangs du patriarche) de Neuray et Lemaire

#Critique Les Cinq de Cambridge (T.3 Les étangs du patriarche) de Neuray et Lemaire

Note de l'auteur

C’est la fin du jeu sur le grand échiquier mondial de l’espionnage. Après avoir combattu l’hydre fasciste, les cinq compères vont tenter de résister à la Guerre froide avec de nouvelles luttes en perspectives. Leur allégeance à la révolution mondiale est mise à l’épreuve. Par les services américains et anglais mais aussi par ce qu’ils soupçonnent de la vie derrière le Rideau de fer. An unhappy end.

L’histoire : Les masquent tombent pour les Cinq de Cambridge. Ces étudiants britanniques devenus agents soviétiques qui balancent entre leur loyauté pour leur pays et celle pour leurs idéaux. Dans ce troisième et dernier tome, les couvertures tiennent de moins en moins et la réalité les rattrape. Aussi destructrice que passionnante.

Mon avis : C’est un triptyque vraiment haletant qui se clôt avec Les Étangs du patriarche. Le lieu où les trois transfuges Kim Philby (aka Stanley), Guy (Hicks) et Donald Maclean (Homer), vont terminer leur existence d’agents doubles. Anthony Blunt (Johnson) et John Cairncross (Liszt) ne franchiront pas le pas et ne recevront que l’opprobre de la couronne britannique. Les « Magnificent five » ont plus ou moins bien supporté le poids écrasant d’une vie au service du régime soviétique. La fin de leur parcours est l’objet de ce tome de clôture.

La dimension du désenchantement est largement bien évoquée pour ces gamins qui rêvaient de changer le monde et qui, devenus seniors, s’aperçoivent pour la plupart qu’ils n’y sont pas nécessairement parvenus. On a également l’impression de rentrer dans les vies de ces cinq-là. Leurs amours, leurs emmerdes. Leur(s) femme(s), leur sexualité, leurs gamins. On a le sentiment qu’ils ont très souvent leur séant entre deux chaises. En revanche, les flash-back incessants nuisent un petit peu à la compréhension générale du scénario. On se demande un peu à chaque page dans quelle époque on se situe. Cela freine la lecture.
Il n’en reste pas moins que c’est un ouvrage tiré d’un fait historique et méconnu qui mérite une vraie attention. Avec un talent certain des auteurs pour ménager le suspens. C’est une adaptation très réussie.    

Si vous aimez : Mourir pour des idées du bacchantissime Georges Brassens.

En accompagnement : Un pur espion de John Le Carré, largement inspiré de la vie de Kim Philby.

Autour de la BD : Valérie Lemaire, au scénario, avocate et attachée parlementaire, est une grande voyageuse. Elle s’en est servi pour nous offrir Les Quasi et Les Cosaques d’Hitler avec, à chaque fois au dessin, Olivier Neuray. Un trait subtil et réaliste.

Extraits : « Vous avez une belle cravate camarade Philby ! »
« C’est celle d’un ami qui m’était très cher avec qui j’ai été injuste et cruel. Il est mort il y a vingt ans en me léguant tous ses biens, dont cette cravate qu’il ne quittait jamais. »
« Comment s’appelait-il ? »
« Guy Burgess. C’était un sacré bonhomme. »
« Oh, ne pleurez pas ! Les larmes sont interdites aujourd’hui, c’est le jour de la victoire. Vous y avez participé, vous pouvez en être fier. »« Mais de quelle victoire parlez-vous ? »

Écrit par Valérie Lemaire
Dessiné par Olivier Neuray
Édité par Casterman

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