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Engagez-vous ! (critique de : Les Combattants, de Thomas Cailley)

Engagez-vous ! (critique de : Les Combattants, de Thomas Cailley)

Note de l'auteur

CombattantsAfficheUne rom com de plus ? Encore l’histoire de deux personnages qui ne sont pas faits l’un pour l’autre mais qui vont apprendre à se connaître et gnagnagna ? Pas du tout ! Dès les premières minutes des Combattants, on se rend compte qu’on a affaire à tout autre chose, une comédie sobre et hilarante qui tranche radicalement avec le tout-venant du genre.

Avec une inébranlable détermination, Madeleine poursuit un seul objectif : se préparer pour la fin. Quelle fin ? La fin de tout. Le retour de l’anarchie pour demain, elle y croit dur comme fer et s’entraîne du matin au soir à survivre en milieu hostile. Son mode de fonctionnement est le chacun pour soi, contrairement à celui d’Arnaud qui est ouvert, mesuré et capable d’une grande empathie. Autant de qualités qui, selon Madeleine, réduisent à néant les chances de survie du pauvre garçon dans cet apocalypse qui nous arrive droit sur la gueule. La rencontre de Madeleine et Arnaud est explosive, surtout pour lui qui va la suivre dans un stage de préparation militaire de quinze jours, organisé comme chaque été par l’armée de terre afin de dénicher de futures recrues…

CombattantsPic2Le premier film de Thomas Cailley tient sa force de personnages que leur caractérisation, d’une grande rigueur, place en conflit permanent au cœur des situations où ils sont immergés. Ce principe essentiel de la comédie est sans relâche poussé à bout avec un sens de l’humour omniprésent et subtil, voire spirituel. C’est particulièrement vrai concernant Madeleine, jeune femme entière comme on dit, qui pense et agit dans un même mouvement sans en mesurer les conséquences, et qui le fait avec l’énergie ravageuse de son interprète Adèle Haenel – l’actrice qui a la cote en ce moment et c’est parfaitement justifié. Face à elle, Arnaud (Kevin Azaïs, impec lui aussi) subit le tempérament cassant de Madeleine sans la timidité tarte ou la tristesse de l’amoureux éconduit que des auteurs moins prometteurs nous auraient infligée, mais au contraire en usant de sa personnalité pour comprendre celle à qui tout l’oppose. Les personnages secondaires, eux, ont tous une existence réelle même lorsqu’ils n’ont que trois plans et deux répliques, ce qui ne trompe pas quant à la qualité du scénario et de sa mise en scène.

CombattantsPic1Sur un rythme soutenu, voici donc une comédie de personnages et de situations n’ayant pas besoin recourir à la vulgarité faussement provocante qui moisit aujourd’hui sur tant de films en mal de séduction. Les Combattants se situe très au-dessus de ça et, même si son changement de ton au cours d’un troisième acte aussi beau que surprenant peut dérouter, se positionne d’emblée parmi les très bon films de cette (pré)rentrée.

 

En salles le 20 août.

Les Combattants. 2014. France. 1h40. Réalisé par Thomas Cailley. Avec Kévin Azaïs, Adèle Haenel, Antoine Laurent, Brigitte Roüan, Nicolas Wanczycki…

 

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