#Critique Les Gardiens de Terre-4 par Steve Ditko

#Critique Les Gardiens de Terre-4 par Steve Ditko

Note de l'auteur

Après avoir fait découvrir les merveilles de Jack Kirby, de Jim Aparo ou bien encore celles de Carmine Infantino, Urban Comics continue d’explorer les archives de DC Comics et propose aujourd’hui le travail d’un des dessinateurs dont l’influence est aussi importante que la discrétion, le grand Steve Ditko.

 

Ça raconte quoi ?

Afin de faire régner la justice et défendre la veuve et l’orphelin, Captain Atom, Blue Beetle et la Question décide de mettre leurs talents au service de tous. Le premier tire ses pouvoirs de l’atome, le deuxième utilise sa fortune et son génie pour se créer toute une panoplie d’accessoire et de véhicule. Enfin, pour le reporter d’investigation Vic Sage, l’identité de la Question lui permet de traquer et faire durement avouer les criminels.

 

C’est de qui ?

Les Gardiens de Terre-4 est un recueil de séries écrits et dessinés pour leur majorité par Steve Ditko notoirement connu pour être le créateur de Spider-Man.

 

C’est bien ?

Oui, mais on ne le conseillera pas à tout le monde. Très clairement, si vous ne jurez que par la production actuelle en matière de super-slips, il y a peu de chance pour que ce volume vous plaise, tant il s’inscrit dans une époque dont l’acceptation des codes nécessite un certain travail. De la même manière qu’un amateur de blockbuster actuel devra prendre en compte certaines conventions s’il regarde des films de cape et d’épée des années 40 ou 50, il faut ici laisser de coté les habitudes de lectures acquis par les comics récents.

 

Pour ceux qui auraient au contraire un certain bagage en la matière ou une grande ouverture d’esprit, Les Gardiens de Terre-4 représente une vraie mine d’or. Tout d’abord parce qu’il propose tout un pan du travail de Steve Ditko peu connu en France. Après son départ de chez Marvel suite à des conflits avec l’éditeur et Stan Lee, le dessinateur développa pour Charlon Comics plusieurs personnages et séries. Avec davantage de liberté créatrice, ses héros urbains sont les reflets d’un homme aux convictions politiques très fortes et marquées notamment par l’objectivisme d’Ayn Rand. Si cette approche se remarque déjà dans la reprise des personnages de Captain Atom (dont il diminue les pouvoirs et en fait la victime de la vindicte populaire) ou de Blue Beetle (dont il crée un nouvel avatar), c’est avec le personnage de la Question qu’elle est la plus prégnante.

 

Outre le plaisir de la lecture et d’admirer parmi les meilleurs travaux de l’auteur, Les Gardiens de Terre-4 a également une valeur historique dans l’influence qu’elle exerça sur le monde des comics. L’histoire est connue mais il est bon de la rappeler. Alors que DC Comics procède à une fusion d’un catalogue de personnages acquis au grès des rachats, il valide le projet de mini-série d’Alan Moore et de Dave Gibbons concernant une grande aventure dont les protagonistes seraient les héros de Charlton Comics et dont l’éditeur à acquis les droits en 1983. Toutefois, prévoyant de les utiliser (avec un certain succès), un veto est posé quant à leur exploitation. Moore et Gibbons seront donc obligés de créer des personnages pour ce qui deviendra le futur Watchmen. Pour qui s’y penche un peu, on découvre rapidement une affiliation visuelle mais surtout philosophique entre les personnages de Watchmen et ceux de la Question, Captain Atom et Blue Beetle (mais également Peacemaker, Nightshade et Peter Canon…Thunderbolts).

 

Dans l’année qui verra en France une certaine continuation de Watchmen au sein de l’univers de DC Comics, Les Gardiens de Terre-4 apparaît comme salutaire dans la façon de montrer que toute œuvre (même celle considérée comme sacrée) peut être aussi le fruit de l’exploitation de création antérieure.

 

 

Les Gardiens de Terre-4 (DC Archives, Urban Comics, DC Comics), comprend les épisodes US de Captain Atom #83 à #89, Blue Beetle #1 à #6, Mysterious Suspense #1, Charlton Suspense #1, #2 et #5
Écrit par Steve Ditko et Roger Stern
Dessiné par Steve Ditko et Alex Toth
Traduit par Tristan Lapoussière

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