#Critique Les Six Destinées (T. 2)

#Critique Les Six Destinées (T. 2)

Note de l'auteur

9782818940525Le nouveau shônen de l’éditeur Doki-Doki poursuit sa route. Après des débuts prometteurs, ce second tome continue de creuser le sillon d’un récit fantastique, pour le moment, maîtrisé. En lointain cousin de Blue Exorcist, Les Six Destinées nous plonge dans un univers ésotérique et comme tout bon shônen qui se respecte, nous balance des scènes de combat épiques. Le tout est appuyé par un dessin d’excellente facture. Bref, pour le moment, c’est du tout bon.

 

Miroku a malencontreusement libéré Sutoku, le roi des Gedôs, des créatures de la nuit à l’apparence de corbeaux. Dans le feu de l’action, sa mère a été tuée, sa sœur a été transformée en démone et lui-même est devenu un Gedô. Devant vivre avec ce fardeau sur les épaules, Miroku s’est juré de protéger sa sœur coûte que coûte. Il est désormais membre du groupe Rikudô, dont chacun des membres utilise le pouvoir des différentes destinées bouddhiques. Malheureusement pour lui, son entrée dans le groupe n’est pas vue d’un bon œil par tout le monde et Satsuki, qui a les Gedôs en horreur, compte bien lui mener la vie dure. Ce tome est notamment l’occasion de dresser un parallèle entre les deux personnages qui, bien qu’ils se détestent mutuellement, ont un parcours similaire. Ils ont tous deux été victimes de l’attaque des affreux volatiles et n’ont pas été en mesure de protéger leurs proches. Traumatisés par leur incapacité à sauver ceux et celles qu’ils aiment, ils sont rongés par la culpabilité, se traduisant sous forme de haine pour l’un, de rage pour l’autre. Ils vont devoir cependant mettre leurs différents de côté, lorsque des Gedôs apparaissent en plein jour, à la surprise de tous. En enlevant Arai Hazuki qui possède un pouvoir bien spécial, ils déclenchent la fureur de Satsuki qui ne veut pas revivre son cauchemar à nouveau. Ce second tome fait donc la part belle aux affrontements dans la plus pure tradition shônen.

 

1467130891204_imageSi certains protagonistes se dévoilent, d’autres, à l’image de Kikyô Kannazuki, le chef du groupe Rikudô, restent enveloppés de mystère. On ne sait quoi penser de lui pour le moment et la fin du tome nous laisse d’autant plus interrogatifs concernant ses réelles motivations. Ce qui est vraiment mis en avant dans ce tome, c’est assurément les états d’âme et la souffrance de Miroku, qui semble paralysé par ses traumas passés, au point d’en perdre ses pouvoirs. Sayuki, l’auteur, met son héros en difficulté, le bouscule et le maltraite afin de le pousser dans ses retranchements, et ce dès le début de son récit. Un récit qui, à l’image d’une tragédie antique, met en exergue les blessures de ses personnages et les utilise pour en retirer toute la puissance dramatique. Cela n’empêche cependant pas le mangaka de parsemer son récit de traits d’humour, en contrepoint, comme cela est souvent le cas dans le genre. D’un point de vue du graphisme, Sayuki fait preuve d’un réel savoir-faire. Son trait est fin et vif et trouve sa pleine mesure lors des scènes de baston, parfaitement réussies. Les angles de vue apportent l’impact et la vitesse nécessaire aux séquences et rendent l’ensemble parfaitement clair et lisible. Bref, un second tome qui, comme le premier, nous balance du shônen de qualité. Un univers fantastique au service d’un récit sombre et adulte, le tout soutenu par un dessin de qualité. Les Six Destinées est décidément un titre à suivre de très près.

 

Les Six Destinées (T. 2)

De Sayuki

Édité par Doki-Doki

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