Critique L’héritage de Gengis Khan d’Anthony Auffret

Critique L’héritage de Gengis Khan d’Anthony Auffret

Note de l'auteur

Pour ce voyage délirant au bord de la mer d’Aral, on partait vraiment bien. Mais on est très mal arrivé. Un road-trip historico-géographique qui perd de son intérêt au fil des pages. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Dommage, on y a cru.

L’histoire : Alexandra et Richard, archéologues de l’interdit, rempilent dans ce deuxième tome. Direction la mer d’Aral asséchée et la possible tombe du fondateur de l’Empire mongole. Dans cette aventure rocambolesque, les deux amis vont rencontrer un fatras de défis : des laboratoires soviétiques inquiétants, la moto de Marlon Brando, des gisements de pétrole et aussi le bébé des étoiles…

Mon avis : Il y a un côté intéressant à cet album, c’est tout ce qui entoure la mer d’Aral. On en apprend davantage sur ce gigantesque lac d’eau salée en véritable péril. Une bonne leçon de géographie des sols.

Et comme tout bon géographe pratique aussi l’Histoire, on assiste à un petit cours magistral sur Gengis Khan, aka le Souverain universel. De quoi rendre son cousin le Grand soleil du XXIe siècle, alias Kim Jong-un, un brin jaloux. Le côté pédagogique et didactique de la deuxième aventure de cette série est un plus.

Comme d’ailleurs le ton employé qui prête à sourire dans le sens littéral du terme. L’humour y est bien manié et distillé de façon intelligente. Saupoudrée même.

Pour le reste, en revanche, je n’ai clairement pas accroché. Le scénario est gentillet, peu élaboré, pas davantage crédible. Ça manque clairement de corps, de matière. Le principe est bon, voire prometteur, mais on ne retrouve pas ces promesses dans l’assiette comme dirait le grand chroniqueur littéraire Cyril Lignac. On a l’impression qu’il y avait tout pour faire (personnages, scénario de départ, intrigue), mais que l’auteur s’est perdu au fil de son récit ; qu’il n’a pas réussi à imbriquer ces Tetris. Sentiment d’inachevé pour ma part.  Je n’ai pas non plus été client du trait que je trouve très abstrait mais, après, les goûts et les couleurs…

En accompagnement : Mer d’Aral, une renaissance de l’excellent Thalassa. Georges Pernoud indémodable.

Si vous aimez : Groenland vertigo d’Hervé Tanquerelle. En contre-exemple.

Autour de la BD : après La Malédiction de Smenkharê, Anthony Auffret livre son deuxième album en bande dessinée. Diplômé d’histoire de l’art, il n’en maîtrise pas encore le neuvième.

Extraits : « Pourquoi ce gosse deviendrait Khan à ma place ? »

« Parce qu’on en a déjà parlé.. Seul un homme peut me succéder ! »

« Phallocrate ! Puisque tu me refuses cet héritage, je vais m’occuper de ce gosse… à ma façon. »

« Mon bébé ! »

« Tu crois qu’il suffit de gagner un duel contre un enfant pour devenir Khan ? »

L’Héritage de Gengis Khan
Écrit et dessiné par Anthony Auffret
Édité par Casterman

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