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#Critique Libertalia (1. Le triomphe ou la mort) de Paolo Grella, Rudi Miel et Fabienne Pigière

#Critique Libertalia (1. Le triomphe ou la mort) de Paolo Grella, Rudi Miel et Fabienne Pigière

Note de l'auteur

Mythe ou réalité ? Une ville libertaire, fondée par des pirates, a-t-elle existé sur l’île de Madagascar début XVIIIe siècle ? D’aucuns penchent pour l’imagination débordante de Daniel Defoe, auteur par ailleurs de Robinson Crusoé. D’autres accréditent la thèse et laissent la paternité de cette utopie à un aventurier et à un prêtre défroqué. Une bonne partie de la réponse va se dessiner.

L’histoire : Olivier Misson, gentilhomme de fortune, tire sur son futur beau-père, comte de Saint-Jean et esclavagiste notoire, à la toute fin du XVIIe siècle. Contraint de fuir, il embrasse la mer sur un navire dont il prendra le commandement au gré des aléas et où se trouve l’abbé Carracioli. À la tête d’une troupe d’hommes libres, il débarque à Madagascar pour tenter de fonder une ville utopique. Sauf qu’un affidé de son « beaup » lui mène la chasse.9782203108912_2

Mon avis : on s’y perd un peu. Pas simple de démêler qui est qui, qui fait quoi et qui gagne quoi dans ce récit aventurier. Le dessin, le scénario, les dialogues ? Probablement un peu des trois. Ce premier tome manque de clarté et demande une attention vraiment particulière pour savoir qui a remporté tel combat naval, qui se trouve où dans ce « Vendée globe », comment certains font pour se trouver là… Cela ne coule pas de source, mais c’est le seul bémol.

Le reste, c’est une narration épique de proscrits qui se battent pour leur liberté et la Liberté. Ils prônent une société ouverte, sans hiérarchie, sans classe, sans nations et sans esclave. Une société idéale pour les pirates et flibustiers de tout poil. Une société où la liberté a été amenée par Dieu « A deo libertate ». Tout l’intérêt sera de savoir dans les prochains volumes s’ils sont à même de la réaliser. Après un périple jusqu’aux Antilles, les voilà désormais à Madagascar, probablement près de Diego-Suarez, devenu Antsiranana au nord de l’île. Là où tout commence.

9782203108912_3Pour parvenir à ce but ultime, Misson et ses troupes n’hésitent pas à pourfendre, à frapper d’estoc et de taille et à faire exploser les navires adverses, eux qui voguent sur La victoire. Vivre, c’est tuer mais en étant magnanime et pour partie miséricordieux.

L’intérêt plus général est de savoir si on a affaire à du lard ou à du cochon ? Libertalia a-t-elle existé ou n’est-ce qu’un mythe ? Seul le capitaine, Thomas Tew, mentionné dans cette aventure, a assurément servi Sa Majesté. Pour le reste, pas sûr qu’on ait la réponse au bout mais cela vaut le coup de pousser un peu plus loin la découverte de cette série prévue en trois tomes.

Si vous aimez : L’Énigme de l’Atlantide cher à Blake et Mortimer d’Edgar Pierre Jacobs.

En accompagnement : une bonne rasade de rhum La Favorite cuvée La Flibuste, un nectar hors d’âge de Martinique. Bon, économisez quand même, le flacon est aux alentours de 250€.

Autour de la BD : au stylo, ce sont deux auteurs belges qui s’y collent, une docteur en histoire, art et archéologie, Fabienne Pigière, et un scénariste plus traditionnel de BD, Rudi Miel (Les Aventures de Charlotte). Au crayon, un jeune dessinateur Paolo Grella, connu pour Le Manuscrit interdit ou Galkiddek chez Delcourt.

Extraits : « Ça suffit ! Un peu d’eau renversée ne mérite pas le fouet ! »9782203108912_4

« Asseyez-vous ! Ce n’est qu’une esclave ! »

« Nous nous opposons à toute forme de servitude. »

« La liberté est un droit du sang. »

Libertalia
Écrit par
Rudi Miel et Fabienne Pigière
Dessiné par Paolo Grella
Édité par Casterman

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