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Marvel’s Agent Carter – This is a woman’s world (Bilan saison 1)

Marvel’s Agent Carter – This is a woman’s world (Bilan saison 1)

Note de l'auteur

carterSon pilote nous avait emballé au Daily Mars (critique ici) mais voilà, AGENT CARTER, c’est déjà fini. Huit petits épisodes plus tard, voilà que la veuve du super-soldat nous quitte déjà. AGENT CARTER, c’est aussi un premier essai pour la chaîne ABC dans le concept de la mini-série du MCU, bien échaudé pourtant par la tentative AGENTS OF SHIELD, malgré des qualités désormais indéniables. Au sein d’une direction d’un genre similaire à sa grande soeur, celui de l’espionnage, voici le bilan des aventures de la seule et unique kick ass girl actuelle du petit écran, suivi d’un petit rappel des ramifications de sa propre série dans le MCU (Marvel Cinematographic Universe).

 

 

 

 

 

abc_marvels_agent_carter_cast_jc_150106_16x9_992Quand on demandait à Joss Whedon pourquoi il continuait d’écrire des femmes fortes, celui-ci répondait laconiquement : « Parce que vous continuez encore à me poser la question »  En ce sens, AGENT CARTER apporte ici le début d’une réponse différente, et même plutôt satisfaisante à vrai dire.  Seule perdue dans un milieu d’hommes, et le plus phallocrate qui soit, Peggy Carter survit au jour le jour avec sa condition féminine comme un boulet qu’elle traine. Fière d’être femme néanmoins, et supportant du mieux qu’elle peut cette situation, les différentes figures masculines que Peggy rencontre ne sont que le pâle reflet de l’homme qu’elle a aimé. Car le legs héroïque que lui a transmis CAPTAIN AMERICA se voit malmené continuellement, autant par la symbolisation de ce qu’il représente qu’au niveau personnel par les représentations mâles qui gravite autour d’elle : machos, rustres, condescendants voire lâches, chaque homme en prend ici pour son grade et en résulte un féminisme exacerbé et légitime pour l’héroïne. Mais heureusement, ce n’est qu’un aspect du show qui aurait pu étouffer tout le récit et le rendre indigeste, et qui va être utilisé pour un vrai travail de fond sur le reste de la saison.

Car AGENT CARTER va alors connaître une très belle évolution dès lors. Dans sa conception de départ, dont l’ultra-féminisme pouvait facilement phagocyter le récit, il n’en est plus rien dès le troisième épisode. Les jalons sont posés, les clichés des égos masculins du S.S.R. vont progressivement s’amenuiser, permettant de leur donner plus de corps et de relief, le tout dans un laps de temps minimum. Bel effort, qui gratifie toute l’intrigue de personnalités plus complexes et moins invasives par le machisme ambiant de ses débuts.

 

agent-carter-jarvisIl y aussi deux magnifiques plus values à la série. Tout d’abord  avec la présence du truculent Jarvis, véritable Alfred marvelien, dont la british attitude à la Downtown Abbey éclate de charisme face au tempérament de son anglaise de coéquipière. James D’Arcy, pourtant tellement troublant dernièrement dans Broadchurch, se régale, et nous avec lui, dans un rôle de composition de majordome éclairé. On s’en doutait dès le pilote, mais l’alchimie a toujours conservé cette fragrance entre lui et Carter durant la saison, évinçant même le sympathique Howard Stark lors de ses apparitions.  Mais c’est aussi par  la présence de Dootie Underwood, véritable arme fatale russe, que l’intrigue gagne en épaisseur. Cette Natasha Romanov des années 40 aux facettes de gentille jeune femme bien éduquée comme il faut, apporte un pendant obscur au courage éclatant de Peggy Carter. Après tout,  Il fallait bien une autre femme forte pour mettre en difficulté une fois encore le S.S.R. et Carter elle-même!

ZpJk4QKLe show a su aussi se teindre d’émotion à plusieurs reprises, et pas forcément via son héroïne. Lors de la révélation des distinctions de Jack Thomson durant la guerre, un moment fort qui gratifie d’emblée le personnage d’une aura nouvelle. Mais c’est surtout, face au désarroi puis au sacrifice spectaculaire du directeur de S.S.R., Dooley, signant ici la conclusion du meilleur épisode de la série (1.07).  Dans un registre un peu moins emballant, il faut reconnaître aussi que  la série n’est pas vraiment surprenante en soi. Elle est même assez balisée dans sa construction, manquant parfois de quelques coups de théâtre bien sentis durant sa première partie, ou arrivant de manière trop évidente dans le season finale. Mais indéniablement, AGENT CARTER possède suffisamment de charme, de tenue et d’un magnétisme certain auprès de ses personnages pour lui conférer suffisamment de qualités attractives. Et ça, c’est sans compter toutes les multiples références à son univers cinématographique et télévisuel auxquelles elle attrait.

 

DOMINIC COOPER, HAYLEY ATWELL, JAMES D'ARCYParlons de ce fameux univers partagé justement. Dans AGENT CARTER, il y a des évidences, inutile de les re-souligner à nouveau mais aussi des truchements ça et là, intrusifs et nécessaires, qui apportent du poids supplémentaire à toute la mythologie de son univers. Chacun d’entre eux, que ce soit les commandos hurlants, Anton Vanko (père du vilain de Iron man 2), ou encore Dootie Underwood, certainement affilié au programme BLACK WIDOW, permettent un assemblement subtil de références qui complètent très bien l’univers. Mais c’est surtout la destruction définitive du sang de CAPTAIN AMERICA qui se révèle dès lors très intéressante… En effet, la  symbolique endeuillée de Peggy Carter lorsqu’elle se débarrasse de la fiole contenant le sang de Steve Rogers, concentrera toute une dérive d’expérimentations futures destinés à recréer au fil des années le sérum du super-soldat.  Entre le programme du SOLDAT DE l’HIVER, celui de la création de HULK, de l’Abomination ou encore de Centipede (dans AOS), il est intéressant de découvrir tout ce qu’a engendré Peggy en jetant définitivement toute trace de l’homme qu’elle a aimé.  Et découvrir Arnim Zola dans les dernières secondes de la série s’associant au Docteur Ivchenko (1) permet alors de mieux comprendre le contrôle mentale de Bucky dans la suite de CAPTAIN AMERICA. Plus superficiellement, un dernier mystère reste entier du côté de l’agent Souza, qui serait peut être le futur mari de Peggy Carter comme le laissait entendre le témoignage de cette dernière en 1953 dans CAPTAIN AMERICA LE SOLDAT DE L’HIVER. Bref, on ne peut que souligner la belle volonté des scénaristes de cadrer avec tous les événements déjà présentés depuis lors. On peut peut-être juste regretter à contrario que le show ne soit pas enclin à se diriger vers la construction du SHIELD à la fin de cette saison car tous les éléments sont désormais rassemblés pour tendre dans cette direction.

AGENT CARTER a réussi en tout cas à être une série de divertissement très honorable dans un format qui obligeait à la synthèse et à l’essentiel. Et si ABC n’a pas encore tranché sur la reconduite ou non de sa série (2), il serait bien dommage de l’annuler car son potentiel, à peine dévoilé durant cette saison, mériterait un traitement plus abouti au fil des années.

 

  1. Alias le professeur Faustus dans les comics pour les plus observateurs
  2. L’audimat s’est trouvé à son plus bas niveau en fin de saison
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