#Critique Mike Carrey présente Hellblazer (T.1)

#Critique Mike Carrey présente Hellblazer (T.1)

Note de l'auteur

Après Garth Ennis, Warren Ellis et Brian Azzarello, c’est au tour de Mike Carey d’entrer dans la collection consacrée à Hellblazer avec un retour aux sources qu’on pourrait presque qualifier de bienfaiteur si on n’avait pas affaire à des démons suceurs de vie et des sorciers prêts à tout pour acquérir plus de pouvoirs.

 

Ça raconte quoi ?

Alors qu’elle le croyait mort depuis presque deux ans, Cheryl Constantine, voit débarquer un beau jour son frère John. Le seul, l’unique, le salaud. Après des retrouvailles en bonne et due forme, le sorcier au trench-coat va se retrouver plongé dans de nouvelles affaires sordides et va devoir sauver son cul plus d’une fois.

 

C’est de qui ?

Comme le nom du volume l’indique, c’est le scénariste Mike Carey qui est aux commandes des épisodes de la série. Ce dernier est notamment connu pour la série Lucifer (série dérivée de Sandman) ou bien encore Unwritten (dont le premier tome est dans les rayons). Également romancier, Mike Carey est l’auteur de l’excellent The Girl with All the Gifts.

Au dessin, on retrouve Marcelo Frusin, Steve Dillon, Lee Bermejo, Doug Alexander Gregory et Jock.

 

C’est bien ?

Putain oui. L’une des caractéristiques de la série Hellblazer (300 numéros au compteur mine de rien) et d’être un terrain d’expression unique pour les scénaristes. De fait, chaque changement d’auteur est l’occasion d’un nouveau départ et d’une approche différente. De la même manière que pour Doctor Who et ses changements d’acteurs dans le rôle titre, on peut aborder les aventures de John Constantine à chaque nouveau scénariste.

 

Après l’ésotérisme et le périple américain proposé par Brian Azzarello, Mike Carey nous offre un retour au bercail réjouissant dès les premières pages quand le sorcier retrouve sa sœur. Habitant lui-même Liverpool, le scénariste se sent totalement à l’aise dans la description de la ville et de ses habitants, mais c’est surtout le personnage de Constantine qu’il écrit avec une parfaite justesse.

 

La répartie qui fait mouche et l’esprit mauvais garçon sont toujours là. On rigole à cet humour froid et on se réjouit de la manière dont le personnage passe entre les gouttes des tempêtes de merde qui s’abattent sur lui. Horreur, magie, conte, polar etc. le registre est large et les différentes histoires sont toutes prenantes. Ce qui frappe à la lecture ce n’est pas tant l’arrivée d’un nouveau personnage féminin proche de Constantine et dont l’histoire semble passionnante, ce n’est pas tant la verve du loustic ou bien encore le grand puzzle qu’on commence à entrevoir…

 

Non, ce qui frappe, c’est la capacité de Mike Carey à embobiner le lecteur. Comme ses prédécesseurs, il arrive à nous perdre totalement dans les premières pages de chaque épisode pour mieux nous révéler les astuces d’un personnage qui a toujours trois coups d’avances sur les autres. Mélange d’arcs narratifs courant sur plusieurs épisodes et d’épisodes bouclés (reliés néanmoins à une intrigue générale), ce premier tome du cycle de Mike Carey est un vrai régal. Du genre à ne pas pouvoir s’arrêter de lire avant la dernière page.

 

– Tu sais quoi de la tour Elster ?
– Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle a de spécial ?
– Elle a qu’elle pue le désespoir. C’est un bon gros pieu maléfique planté au milieu d’un champ d’herbe morte. Et c’est là que vit ma sœur.
– C’est un HLM non ?
– Que je suis con. Ça explique tout.

 

 

Mike Carey présente Hellblazer – Tome 1 (Vertigo Signatures, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de Hellblazer #175 à #188.
Écrit par Mike Carey
Dessiné par Marcelo Frusin, Steve Dillon, Lee Bermejo, Doug Alexander Gregory et Jock

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