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#Critique : mystère incisif (The Sinner / USA Network / Altice Studio)

#Critique : mystère incisif (The Sinner / USA Network / Altice Studio)

Note de l'auteur

À première vue, The Sinner présente tous les signes extérieurs d’un projet ronflant reposant sur les frêles épaules d’une actrice de renom (en l’occurrence Jessica Biel). Sauf que non, il n’en est rien, c’est même au contraire un thriller assez soigné, délicat qui mérite amplement votre curiosité.

Cora Tannetti semble mener une vie tranquille. C’est tout juste si elle s’offusque de la présence envahissante de ses beaux-parents, habitant la maison d’à côté. Alors qu’elle profite d’une sortie à la plage bien méritée avec mari et enfant, elle disjoncte subitement et poignarde sauvagement – et apparemment sans raison – un jeune homme qui se trouvait là…

The Sinner est une adaptation d’un roman policier du même nom écrit par Petra Hammesfahr. La prolifique auteure allemande avait eu l’idée de ce point de départ pour lequel le lecteur n’est pas amené à se demander qui est le coupable mais plutôt à s’interroger pour quelles raisons a-t-elle commis l’acte.

C’est exactement ce différentiel narratif qui a séduit Derek Simonds, propulsé showrunner sur cette série. Simonds n’est pas complètement vert en matière d’écriture sur le format puisqu’il avait notamment participé à The Astronauts Wife Club (ABC) et plus récemment à When We Rise (ABC). Il avoue tout de même avoir eu du mal à déléguer sur ce projet qu’il aura très largement écrit lui-même.

Mais c’est sans doute aussi pour cela que The Sinner se singularise. Simonds s’est fait remarquer par un long métrage indépendant qu’il avait écrit et réalisé (Seven and a Match). C’est donc tout naturellement que son travail a été ici confié à un autre cinéaste indépendant : Antonio Campos. Leur association conduit à un récit formellement fascinant. Malgré l’emballement qui surgit dès le premier volet, la mise en scène diffuse l’impression d’une lenteur que le montage, nerveux, ne semble pas troubler. Pourtant, chaque plan est signifiant et la comparaison avec une Rectify – à laquelle on pense très souvent – n’est pas significative.

À l’écran, Jessica Biel est très convaincante dans un rôle de femme au passé compliqué. Mais ses partenaires masculins sont très bons également. Bill Pullman est parfait en inspecteur tenace mais franchement délavé (un personnage largement développé par Simmonds en marge du roman original) et on retrouve avec plaisir le très inspiré Christopher Abbott (Girls) dans le rôle du mari complètement dépassé.

Pour le reste, les ressorts de The Sinner restent très attendus mais l’exécution et l’interprétation lui permettent de se distinguer allègrement dans un genre pourtant très balisé. Aux dernières nouvelles, une saison 2 est à l’étude mais il n’as pas encore été décidé si le récit sera prolongé sous une quelconque forme ou bien si la série optera pour le principe de l’anthologie.

THE SINNER (USA Network) Saison 1 en 8 épisodes,
Diffusée sur Altice Studio (SFR) dès le 21 septembre.
Développé par Derek Simonds.
D’après un roman de Petra Hammesfahr.
Épisodes écrits par Liz W. Garcia, Jesse McKeown, Tom Pabst et Derek Simonds.
Épisodes réalisés par Brad Anderson, Antonio Campos, Cherien Dabis, Tucker Gates et Judy Lee Lipes.
Musique originale de Ronit Kirchman.

Visuel : The Sinner © Peter Kramer/USA Network.

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