#Critique Nestor Burma, l’homme au sang bleu d’Emmanuel Moynot

#Critique Nestor Burma, l’homme au sang bleu d’Emmanuel Moynot

Note de l'auteur

Nestor Burma sur la Côte d’Azur, qui l’eût cru ? Parti pour ce qui s’apparente à des vacances ou presque, le détective parisien va tomber dans une affaire de faux-talbins et de vrais méchants. Loin de ses repères, on le sent un peu perdu. Mais pas totalement quand même. La lumière sera. Comme d’habitude.

L’histoire : Bien loin de ses murs parisiens, Nestor Burma se retrouve confronté au milieu cannois. Celui des faux-monnayeurs. Pourtant, cette affaire de surveillance devait juste rimer avec farniente. Mais rien ne va se passer comme prévu et le détective de choc va vite escagasser son monde. Et comme on n’est jamais aussi bien trahi que par les siens, méfiance Nestor !

Mon avis : Ça ne lui vaut rien au patron de l’agence Fiat Lux de s’exiler en province. Habitué à la petite voire à la grande couronne parisienne depuis son retour de déportation, le détective de choc va s’engrainer sur la Côte d’Azur. Dans le Cannes d’après-guerre. Pourtant, il ne débarque pas en terre inconnue avec la présence de deux de ses anciens employés. Une mission simplissime. A priori.

Sauf que tout se complique. Les cadavres succèdent aux cadavres et Burma se perd en conjectures. Loin de son univers, il est un peu à la dérive, le Nestor. Bien sûr, il arrivera au bout de sa mission et rendra le mystère k.o., mais on l’a connu plus inspiré. Faut dire que le héros de Malet, soutenu par le talent de Tardi, c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid, c’est Paris. Cela fait vraiment bizarre de le voir hors de la capitale et de sa proche banlieue.

Après, le talent de Moynot fait le reste. Une intrigue nébuleuse, parfois un peu capillotractée, un suspens et une complexité bien présents. Cela mérite lecture et relecture avant de mieux cerner les enjeux. Il y a quelques évidences pour Nestor qui n’en sont pas nécessairement pour le lecteur que je fus. Ce onzième rendez-vous a de quoi séduire les fidèles et débaucher les curieux malgré des petits défauts que l’on oublie rapidement eu égard à la qualité générale de l’œuvre et à la bienveillance naturelle qu’on lui réserve.

En accompagnement : Der Fliegende Holländer ou Le Vaisseau fantôme en français dans le texte, quatrième opéra en allemand de Richard Wagner.

Si vous aimez : le roman de Léo Malet et l’univers graphique de Jacques Tardi.

Autour de la BD : Emmanuel Moynot a repris le flambeau de Tardi en 2005. S’il se réfère à l’univers du maître, son trait a sa propre ligne. Apprécié en 2016 sur l’excellent L’Original.

Extraits : « Pour nous, l’individu trempait dans cette histoire de contrefaçon, ou était en rapport intime avé quelqu’un qui y était. Il a préféré cette sortie que d’affronter le déshonneur. »

« Hum. »

« Quoi ? Vous n’êtes pas de cet avis ? »

« Laissez-moi vous dire ce que je pense. Vous vous égarez. En vérité, M. le comte est mort d’un coup de sang. »

« Un coup de sang ?!? »

« Oui ! Un coup de sang bleu. »

Nestor Burma, l’homme au sang bleu
Écrit et dessiné par Emmanuel Moynot
Édité par Casterman

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