#critique Nex Machina

#critique Nex Machina

Note de l'auteur

Toujours partisan de mettre en avant des petits studios indépendants, Sony a dans son giron quelques développeurs qu’il garde sous le coude pour proposer des jeux exclusifs afin d’alimenter la machine. Le studio Housemarque (Dead Nation, Matterfall) fait partie de ceux-là, et même si le jeu qui nous intéresse sort également sur PC, les développeurs n’hésitent pas à se mettre en avant sur PLAYSTATION 4 depuis Resogun, étendard de la PLAYSTATION 4 pour son système voxel. Nex Machina fait ressortir de vieilles sensations aux joueurs qui ont connu les grandes heures des Bitmap Brothers (entre autres).

NEX MACHINA_03Nex Machina est donc un twin-stick shooter, c’est-à-dire : un stick pour déplacer, l’autre pour tirer. Le jeu se prend en main immédiatement, indispensable quand on voit qu’il ne prend même pas la peine d’expliquer quoi que ce soit au débutant. Lâché en plein milieu d’une première vague d’ennemis, le joueur doit réagir très vite pour éliminer les monstres s’agglutinant tout autour de lui pour passer à la zone suivante. Ces petites sections sont organisées en arènes fermées, où le but est d’éradiquer un maximum d’ennemis à la chaîne et booster son multiplicateur. On n’oubliera pas également de sauver quelques petits humains au passage avant qu’ils ne se fassent avoir par des arachnides géantes qui se focalisent sur l’aspiration énergétique de ces pauvres victimes. À vous de choisir si grappiller points et bonus en sauvant ces bougres est plus important que de survivre au milieu de ce marasme insectoïde mécanique.

Test-Nex-Machina-lightningamer-05Très vite, le jeu fait monter la température en multipliant le nombre d’ennemis et leur capacité à encaisser les tirs, et alors qu’il se laisse dompter facilement sur ses premiers niveaux, on commence à voir apparaître quelques gouttes de sueur lorsque débarque devant nous un boss un peu plus coriace que les autres. Le jeu ne ménage pas son avatar, et c’est tant mieux. Pour espérer arriver vivant jusqu’au bout du jeu, votre personnage pourra effectuer des dash agrémentés d’un cooldown, histoire d’éviter les lasers ou se sortir de situations légèrement périlleuses. Des bonus viendront vous épauler comme un triple dash fort utile ou un bouclier vous évitant de mourir à cause d’une boulette perdue. Des gadgets récupérables sont aussi accessibles et s’avèrent indispensables pour terrasser ces créatures démoniaques : katana pour du corps à corps, lance-roquettes ou explosif activable à distance, le tout est aussi récupérable après votre mort à l’endroit de votre décès, histoire de ne pas perdre le fruit de votre labeur dûment gagné.

Nex-Machina-XboxOne

nex_machina_title-screen-07-ps4-eu-28nov16Au premier abord, Nex Machina apparaît simple dans sa progression : une vie perdue vous fait recommencer la zone en cours avec la possibilité de récupérer votre stuff, un « continue » perdu vous fait recommencer la zone avec un personnage de base. En mode normal, 99 « continues » sont là pour vous permettre d’arriver jusqu’aux crédits de fin, ce qui ne sera pas de trop pour y arriver, en sachant que les seuls cinq mondes du jeu peuvent prendre l’équivalent d’une à deux heures. Ce sera au joueur de décider si son objectif est simplement d’arriver à la fin du titre ou de faire les plus gros scores histoire de comparer son skill à toute la planète. Le jeu est parfait pour ça, puisque chaque niveau possède ses propres patterns d’ennemis, avec leurs forces et leurs faiblesses. Il délivre ses multiples subtilités et secrets au joueur avide de s’accrocher pour y découvrir comment engranger encore plus de points, mais pour celui qui débarque parce qu’il a vu de la lumière, il risque de déchanter devant le faible nombre de niveaux et la difficulté décourageante des dernières minutes.

nex_machina_title-screen-03-ps4-eu-28nov16Mais Nex Machina porte aussi les stigmates d’un studio qui ne fait qu’enchaîner les titres de commande : au lieu de proposer un design agréable à l’œil et attrayant, Housemarque privilégie un gameplay solide plutôt que d’avoir un background solide. Les effets « voxel » (comprenez : plein de particules cubiques partout quand tout explose) mis en place depuis Resogun apportent certes une spécificité bienvenue, mais les parties peuvent vite devenir confuses devant le flot d’informations visuelles qui agresse le joueur soucieux de survivre au flot d’adversaires. Certes, le design futuriste et les couleurs chatoyantes flattent la rétine, mais ce n’est pas suffisant pour sauver un design global horriblement générique. En ajoutant la faible durée de vie malgré les nombreux modes qui permettent d’allonger la sauce en refaisant les mêmes niveaux jusqu’à écœurement, il est dommage que ces points noirs ternissent le tableau d’un jeu arcade à l’ancienne qui avait tout pour plaire.

Nex Machina s’en sort avec les honneurs : en privilégiant la culture du high-score à travers un jeu typiquement arcade et bien fichu, le joueur nostalgique des années 80 pourra y trouver son compte. C’est nerveux, bien pensé et plutôt pêchu, renvoyant à des jeux récents comme Furi pour son système d’esquive, même si l’on est loin de son niveau de finesse. Mais Nex Machina pêche, comme tous les jeux Housemarque, par un cruel manque d’identité visuelle et ne compte que sur l’arcade pure pour briller. Ce n’est pas un énorme défaut quand on voit tous ces jeux AAA qui privilégient la forme plutôt que le fond, mais pour un studio qui commence à avoir de la bouteille, on aurait aimé avoir le beurre et l’argent du beurre. Et ce n’est pas la faible durée de vie qui va le sauver, puisque le jeu se termine en ligne droite en un peu plus d’une heure, hors usages nombreux de « continues ». Nex Machina reste très agréable et solide, mais pour le prix où il est proposé, il est réservé à un public adepte du jeu purement arcade.

Nex Machina

Développeur : Housemarque
Éditeur : Housemarque
Prix : 20 euros
Supports : PLAYSTATION 4/PC

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