#Critique No Guns Life (T. 2)

#Critique No Guns Life (T. 2)

Note de l'auteur

no-gun-life-2-kanaLe polar SF burné du catalogue Kana se poursuit dans un second tome toujours aussi prenant et maîtrisé. Jûzô Inui et sa gueule de flingue, toujours plus badass, continue sa chasse aux extends, ces hommes qui comme lui, se sont vu implanter des extensions de mécanismes corporels. À la lecture de ce second tome, on pense forcément au Blade Runner de Ridley Scott, en autrement plus musclé. En deux petits tomes seulement, No Guns Life s’est imposé comme un poids lourd de la collection Big Kana, grâce notamment à un univers dark et urbain et une galerie de personnages charismatiques, dans une ambiance de cyber-polar.

 

Jûzô est parvenu à sauver le jeune Tetsurô des griffes de l’imposante multinationale, Berühren. Pour cela, il a été obligé d’utiliser son revolver bien que l’utilisation d’extensions meurtrières soit interdite par la loi extend. En plus d’être la cible de Berühren, le voilà désormais également celle de l’EMS, le bureau des mesures anti-extends, qui menace de l’arrêter et de le démonter. Mais Jûzô, n’est pas du genre à se terrer et le voilà assez vite sur une nouvelle enquête, sur la trace de détenus extends qui se sont échappés lors d’un transfert en fourgon. Parmi eux, se trouve Hayden Gondry, détenu 0001, le premier extend à avoir perdu le contrôle et qui est à l’origine de la fondation de l’EMS. Après un premier tome solide et prometteur, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on replonge dans cette ambiance de film noir rappelant parfois des titres très différents comme Gunnm ou Jabberwocky. Tasuku Karasuma développe son récit en l’inscrivant un peu plus encore dans un contexte socio-politique marqué. Entre les grandes sociétés qui dirigent la ville et une population de moins en moins favorable aux extensions et de plus en plus anti-extend, le climat est plutôt instable. Ici, le mangaka lève une petite part du voile concernant son héros et le colle bon gré mal gré en binôme avec un coéquipier peu coopératif. La confrontation musclée entre les deux hommes prend alors des allures de buddy movie et constitue clairement l’un des points forts de ce second tome.

 

no-guns-life-1-kana-extrait03Bien qu’elles ne soient pas d’une incroyable originalité, les bases de No Guns Life sont néanmoins solides. Karasuma a réussi à donner corps à son histoire, à travers un récit étoffé et des personnages bien installés dans un manga de genre exigeant. Le graphisme adulte et maîtrisé n’y est d’ailleurs pas pour rien. Avec son trait vif et épais et son jeu de contraste, puisant dans un noir très profond, le titre possède une esthétique collant parfaitement à son propos. La mise en scène extrêmement dynamique fait des merveilles, notamment dans la dernière partie du tome et son intense final. Qui plus est, le tome comporte une courte histoire bonus, précédant le lancement de la série mais qui aurait aussi bien pu se retrouver incorporer dans le récit. Bref, No Guns Life confirme tout le bien que l’on pense de lui et plus encore. L’auteur semble savoir où il va et pour le moment, on le suit volontiers. Avec son personnage principal, il crée un héros hors norme, qui fera date. Incontestablement, l’un des seinens à avoir dans le viseur cette année.

 

No Guns Life (T.2)
Écrit par Tasuku Karasuma
Édité par Kana

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