#Critique On a fait le tri n°24

#Critique On a fait le tri n°24

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les dernières sorties de la planète comics.

 

five ghosts t2Five Ghost — Tome 2 : Les Rivages Oubliés

Après un premier tome enchanteur, la mini-série débutée sur Internet puis publiée par Image devient une série régulière. Excellente nouvelle qui nous permet de retrouver Fabian Gray et sa quête pour délivrer l’âme de sa sœur. Aventurier capable d’invoquer les pouvoirs de différentes personnalités de la culture du monde entier (Sherlock Holmes, Merlin, etc.), celui-ci va se retrouver embarqué dans une aventure navale et par des retrouvailles avec une ancienne conquête. Si l’on peut reprocher une certaine redondance dans la formule, les dessins de Chris Mooneyham et la variété des péripéties font qu’on se laisse prendre au jeu et qu’on en redemande.

 

 

 

FEMPR001_cover.inddEmpress

Avec cette première salve d’épisodes, Mark Millar confirme une voie pleine de fraîcheur, moins cynique, mais tout aussi folle. Ce space opera, tout ce qu’il y a de plus classique est rondement mené. Course-poursuite infernale d’une femme désirant fuir un mari tyrannique, Empress est agréable à lire. Même si on ne peut s’empêcher d’y voir une jolie histoire « prête à filmer », le tout est tellement généreux en action, personnage et lieux qu’on ne peut qu’apprécier. On retiendra avant tout les dessins de Stuart Immonem, toujours au top et qui confère à la série un rythme et une ambiance parfaites.

 

 

 

 

recit-complet-justice-league-comics-volume-1-kiosque-v1-2017-en-cours-283315Récit complet Justice League N° 1

Après la très sympathique mini-série Titan Hunt de Dan Abnett (publié dans Justice League Univers) qui peut se voir comme une prémisse à l’ère Rebirth (au même titre que Superman – Loïs & Clark), voilà que déboule la série régulière, Titans, se révélant être du même acabit. La quête des souvenirs et des retrouvailles avec Wally West fonctionne à merveille. On retrouve dans la série les mêmes types d’interactions que dans Les Gardiens de la Galaxie du même auteur. Ainsi Dan Abnett arrive à rendre tangible des groupes et des personnages sans jamais que cela soit au détriment de l’action. On apprécie aussi cette manière de passer rapidement sur des éléments qui pourraient sembler importants (ici, comment les personnages vont retrouver la mémoire) pour attaquer un versant plus émotionnel (les flash-back qui montrent les joyeux souvenirs de l’équipe). Le tout sans faire semblant de croire que New52 n’a jamais existé, mais en l’intégrant à l’évolution des personnages.

 

 

ecureuillette-contre-l-univers-marvel-comics-volume-1-tpb-hardcover-cartonnee-283267Écureuillette contre l’univers Marvel

Le trop est l’ennemi du bien. Portés par la joie communicative de certains membres de Panini Comics, nous étions enthousiastes à l’idée de se plonger dans cette histoire consacrée à Écureuillette et dans laquelle cette dernière doit faire face aux manipulations de son clone. Personnage totalement sympathique et débordant de vie, Dorreen Green illumine l’univers Marvel tel un rayon de soleil, depuis son « retour » dans orchestré par Brian Bendis. Présente dans New Avengers de Al Ewing et ayant eu droit à sa série solo (pas encore traduite chez nous), Écureuillette débarque en France à travers un graphic-novel écrit et édité par Ryan North et Erica Henderson, les mêmes auteurs à la barre de la série régulière. De fait, ce tome peut se voir comme un bon échantillon du comics que beaucoup espèrent voir arriver en France. Mais là où certains seront charmés par le personnage et son univers loufoque, d’autres relèveront qu’à user systématiquement de procédés narratifs dont la force se trouve dans leur parcimonie (les notes de bas de page), North se tire une balle dans le pied. À trop vouloir en faire, il flingue littéralement son récit qui ressemble, au fur et à mesure des pages, à un vaste coup de coude au lecteur comme si on ne devait pas être dupe de ce qu’on lisait.

 

croquemitaines-comics-volume-1-tpb-hardcover-cartonnee-280052Lowlife/Croquemitaine

Glénat Comics deviendrait-il une simple appellation cosmétique servant de vaste fourre-tout pour vendre un maximum à l’aide d’un terme accrocheur ? On se pose la question, face à des éditions labellisées « comics » alors qu’il s’agit de productions françaises et de comics basculés dans une autre collection afin de justifier une approche artistique plus noble. Et si le résultat compte, il n’empêche que ce genre de flou dont l’éditeur se fait de plus en plus coutumier agace plus qu’il ne faut et dessert sa production. Ainsi Lowlife et Croquemitaine ne sont pas des comics, mais des productions initiés par des auteurs français dont le but est d’être vendu sur le territoire américain. La différence est importante en ce sens qu’elle influe sur la conception même des histoires. De fait, on sent bien que les deux ouvrages sont conçus avant tout comme des albums et non comme des épisodes mensuels. Et si cela n’est pas problématique concernant un Croquemitaine à la fois passionnant, beau et jouant savamment avec cette figure terrifiante, on est beaucoup plus circonspect face à un Lowlife non seulement peu intéressant mais qui surtout peine totalement à poser une structure correcte (il semble que l’on soit sur un récit en trois parties si l’on en juge par une information rapide au détour d’un entretien dans l’ouvrage) notamment dans une dernière partie finissant de manière tellement abrupte qu’on se demande s’il ne nous manque pas des pages. Sortis récemment, les deux ouvrages sont intéressants par leur fonction d’exemples du meilleur de chez Glénat (la proposition de synergie pour s’exporter) et du pire (un cadre éditorial au sein des œuvres fort peu rigoureux)

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