#Critique On a fait le tri – N°27

#Critique On a fait le tri – N°27

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les dernières sorties de la planète comics.

 

bitch-planet-comics-volume-2-tpb-hardcover-cartonnee-273497Bitch Planet – Tome 2

Kelly Sue DeConnick prouve qu’elle est douée dans l’utilisation d’artifices grotesques voire méprisables pour dissimuler une écriture moyenne. À ce titre, l’ouverture du sixième épisode se trouve être particulièrement gênant dans la considération que l’auteur porte à l’intelligence de ses lecteurs. Toutefois, ce deuxième volume propose une histoire mieux maîtrisée, qui ne part pas en vrille et qui pose un enjeu plus clair. Moins mauvais que le médiocre premier tome et sa promotion dérangeante, Bitch Planet n’en reste pas moins une série médiocre dont la popularité semble injustifiée particulièrement au regard des autres propositions de Glénat Comics.

 

 

 

civil-war-ii-comics-volume-1-kiosque-274929Civil War II – N°1 à 6

Se basant sur la même volonté de confrontation idéologique entre super-héros que la première mini-série de Mark Millar, Civil War II va opposer le camp d’Iron Man à celui de Captain Marvel sur la question de l’interventionnisme par anticipation. Avec l’apparition d’un Inhumain capable de voir l’avenir, les super-héros doivent-ils arrêter les menaces alors qu’elles n’ont pas encore eu lieu ? Écrit par Brian Bendis et dessiné par David Marquez, Civil War II pêche par son incapacité à gérer correctement son intrigue et la montée dramatique de celle-ci. Les coups de théâtre s’accumulent sans qu’ils se justifient au-delà de l’effet choc et sans que cela fasse monter progressivement les antagonismes. Jamais le récit n’arrive à poser clairement l’enjeu et les raisons de la division. Saga ratée dont seul Nick Spencer saura coopter l’histoire dans l’intérêt de sa série Captain America – Steve Rogers, Civil War II aurait gagné à prendre le contre-pied total du premier volet pour proposer une histoire intimiste à l’image d’Invincible Iron Man #14 (par Bendis également) où les deux antagonistes se retrouvent et discutent dans une réunion d’alcooliques anonymes.

 

 

batman-rebirth-comics-volume-1-tpb-hardcover-cartonnee-273000Batman Rebirth – Tome 1/Detective Comics – Tome 1

L’ère Rebirth est donc arrivée en France depuis deux mois chez Urban Comics. N’effaçant pas la continuité initiée par l’ère précédente (New 52), celle-ci est surtout une sorte d’ajustement prenant en compte un passé riche en personnage et en événement. Comme une sorte de synchronisation en quelques sortes. C’est bien sûr l’occasion de l’arrivée de nouvelles équipes créatives sur les séries. Tom King succède ainsi à Scott Snyder sur la série Batman, tandis que James Tynion IV prend du galon et se charge de la série Detective Comics dont on n’attendait pas grand-chose et qui s’avère pourtant excellente. Car si la série Batman propose une situation intéressante (le Chevalier Noir doit composer avec l’arrivée de super-héros surpuissants dans sa ville) et opte pour un rythme tonitruant n’hésitant pas à faire d’audacieuse ellipse, la série Detective Comics a pour elle de prendre en compte l’univers de la chauve-souris de manière globale et de faire revenir sur le devant de la scène un personnage populaire. Face à une importante menace, Batman décide en effet de monter un groupe de super-héros dont le leadership est confié à Batwoman. Posant dans le marbre le lien familial entre les deux personnages, Tynion crée un groupe passionnant à l’alchimie réussie en se basant sur ses travaux précédents sur Batman Eternal et Batman & Robin Eternal. Ces deux albums sont donc d’excellentes lectures même si on n’hésitera pas à leur préférer la revue kiosque Batman Rebirth pour son faible prix et le nombre important d’épisodes.

 

 

giant-days-comics-volume-1-tpb-softcover-souple-284746Giant Days – Tome 1

Chronique du quotidien de trois étudiantes, le titre d’Akileos est précédé d’une belle réputation outre-Atlantique. Web-série initialement, le comics de John Allison est prenant sans qu’on y fasse attention. Grâce au riche dessin de Lissa Treiman, Giant Days nous plonge dans une atmosphère très particulière où se côtoient histoire de cœur et d’amitié. Centrée autour d’un trio de jeunes femmes aux caractères bien définis et offrant de multiples permutations dans les relations, la série est remarquable de fraîcheur et de joie sans jamais tomber dans la mièvrerie.

 

 

 

 

cinema-purgatorio-comics-volume-1-tpb-hardcover-cartonnee-283280Cinema Purgatorio – Tome 1

Supervisé par Alan Moore et avec Garth Ennis, Max Brooks, Christos Gage et Kieron Gillen aux différents scénarios. Comme dirait l’autre, excusez du peu. L’idée de la série est de plonger dans une ambiance, celle du cinéma bis où le lieu compte autant que le film. Pour cela, chaque numéro original s’ouvrait sur une histoire d’Alan Moore (dessiné par Kevin O’Neil) dans lequel le scénariste joue habilement avec les codes narratifs pour disserter sur le serial, les films de monstres ou les films muets. Lecture brillante rien que pour ces histoires, la suite donne tout autant envie : une unité d’ambulanciers chargée des monstres dans la grande ville (rappelant en cela la série télévisée Dead Valley), une armée américaine à l’époque de la guerre civile qui doit combattre des fourmis géantes, une pilote chargée d’abattre un énorme monstre qui se croit dans Godzilla et une version des Pokemon dans un monde post-apocalyptique. Chaque numéro contient 8 pages de chacune de ces histoires, le premier tome de l’édition française de Panini quant à lui compile 4 numéros et procède à des regroupements par série. Ce qu’on y perd dans le caractère anthologique se gagne dans des récits plus complets à lire. Un régal.

 

 

james-bond-comics-volume-2-tpb-hardcover-cartonnee-issues-v1-280063James Bond 007 – Tome 2

Dans la lignée du premier tome, cette nouvelle aventure de James Bond sous l’autorité du grand Warren Ellis est passionnante par la rigueur de sa narration. Lutte interne entre service secret d’un même pays et de cellule dormante au sein même de ceux-ci, le récit tire sa force de la volonté de l’auteur de revenir aux sources du roman sans pour autant renier la mythologie cinématographique. Comme dans le premier tome, on apprécie le Bond Ellisien qui combine élégamment le modernisme tout en cultivant un certain passéisme. Mené à tambour battant, Eidolon offre un lot conséquent de courses-poursuites, de bagarres et de numéros de charme. Dernière aventure, pour l’heure, de Warren Ellis, ce James Bond mérite tous les honneurs.

 

 

moon-knight-comics-volume-2-tpb-hardcover-cartonnee-issues-v8-285925Moon Knight – Tome 2

Après un premier volume incroyable dans lequel Jeff Lemire, s’appuyant sur les travaux de ces prédécesseurs, exploite les identités multiples du super-héros dans le cadre de la maladie mentale, ce deuxième volume continue sur la même lancée. Usant avec ingéniosité des multiples dessinateurs au style différent, le scénariste va confier à chacun une des personnalités de Moon Knight afin d’illustrer le combat intérieur qui fait rage. Passant avec habileté du polar au space-opera, cette nouvelle histoire est à la hauteur de nos espérances. On appréciera enfin le rajout de Moon Knight #2 (datant de décembre 1980) écrit par Doug Moench et dessiné par Bill Sienkiewicz. Un épisode charnière qui illustre bien les différents avatars du héros ainsi que son environnement.

 

 

 

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